Aston Martin, le dernier défi pour Sebastian Vettel

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/TV6 News

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Remplaçant le Mexicain Sergio Pérez dans la future écurie Aston Martin, le quadruple champion du monde allemand tentera de relever la tête, tant ses deux dernières années chez Ferrari sont un chemin de croix de plus en plus abyssal pour celui qui rêvait de s'inscrire dans la trajectoire de Michael Schumacher dans la Scuderia.

C'était dans l'air du temps depuis plusieurs semaines. C'est désormais officiel, ce jeudi 10 septembre. Sebastian Vettel rejoindra l'écurie Aston Martin en 2021. Le pilote allemand, qui a initié le jeu de chaises musicales au sein de la Formule 1 pour 2021 en annonçant son départ de l'écurie Ferrari à la fin de la saison, ne comptait pas non plus quitter la F1 sans dernier un dernier défi qui lui permettrait d'aller jouer la gagne, voire un cinquième titre de champion du monde. L'arrivée d'Aston Martin dans la discipline reine du sport automobile semble être à la hauteur de celui qu'on surnomme "baby Schumi", en comparaison avec son illustre compatriote Michael Schumacher. Et comme l'écurie Aston Martin, actuelle écurie Racing Point, compte parmi ses détenteurs, l'homme d'affaires canadien Lawrence Stroll, dont le fils Lance est pilote dans l'écurie actuelle, cela condamne son coéquipier Sergio Pérez à prendre la porte. D'ailleurs, avant l'officialisation de l'arrivée de Vettel, le pilote mexicain avait annoncé son départ de l'écurie à la fin de la saison mercredi 9 septembre. Ce qui ne pouvait plus laisser de place au doute auprès des suiveurs de la F1.

Triste gâchis

Quoiqu'il en soit, à la fin de la saison, le passage de Vettel chez Ferrari va donner l'image d'un triste gâchis entre un pilote fort talentueux et l'écurie la plus prestigieuse de la discipline. Pourtant, au moment de l'arrivée du pilote allemand chez Ferrari en 2015, tout semblait coller entre baby Schumi, qui voulait s'inscrire dans les pas de Schumacher et redonner des titres à Ferrari, et la marque au cheval cabré. Si 2015 et 2016 étaient des années dans l'ombre de Mercedes, 2017, avec de nouvelles réglementations, devait marquer la montée en puissance de la Scuderia et la capacité pour Vettel et Ferrari de battre Lewis Hamilton et Mercedes. Le début de saison offrait un mano a mano intéressant entre le pilote allemand et son rival britannique et le Grand prix de Singapour fut un tournant avec la victoire d'Hamilton et l'abandon de Vettel, alors que ce dernier partait en pole-position mais provoqua un accrochage au départ.

Ce tournant de Singapour 2017, offrant une voie royale pour Hamilton et Mercedes, marque rétrospectivement un début de désenchantement entre Vettel et Ferrari, vu que le pilote et l'écurie enchaînèrent les erreurs, comme lors du Grand prix d'Allemagne 2018 par exemple où Vettel, en tête, commit une sortie de piste le contraignant à l'abandon, laissant Hamilton filer vers la victoire et finalement vers un cinquième titre mondial, aidé en cela par des soucis de fiabilité chez Ferrari. En 2019, Vettel vit arriver le Monégasque Charles Leclerc à la place du Finlandais Kimi Räikkönen au sein de la Scuderia. Et le nouveau venu a pris la mesure de son quadruple champion du monde de coéquipier et que la direction de l'écurie n'a pas su gérer ces deux pilotes forts caractériels, avec en point d'orgue cet accrochage entre les deux pilotes Ferrari au Grand prix du Brésil. De quoi penser que l'écurie avait touché le fond. Mais non, 2020 est, à l'heure actuelle, encore pire! Seulement deux podiums, grâce à Leclerc, véritable chouchou des tifosi portant Ferrari à bout de bras. Et un Vettel désabusé par une voiture globalement ratée, tant au niveau du châssis que du moteur. Mais au sujet du moteur, l'explication viendrait des suspicions de triche sur le débimètre en fin de saison 2019 et que Ferrari trouva un accord secret avec la Fédération internationale de l'automobile début 2020. En tout cas, le moteur Ferrari est véritablement mauvais et voir les Ferrari dans le milieu du peloton lors des Grands prix de Belgique et d'Italie, sur des circuits typés moteur par excellence, ça a de quoi frapper les esprits, d'autant plus qu'un an auparavant, Leclerc y gagna ses deux premières victoires en carrière. Face à cette situation, Vettel, en roue libre, se lâche dans les discussions radio avec ses ingénieurs, leur reprochant de ruiner sa course avec des stratégies hasardeuses, omettant le fait qu'il n'est pas exempt de tout reproche comme lors du Grand prix du 70e anniversaire où il partit en tête-à-queue dès le premier tour, se ruinant lui-même sa course. Et dire que la saison n'est pas terminée... Je plains sincèrement les tifosi qui doivent être tristes ou enragés devant un tel spectacle.

Mercedes rose?!

L'arrivée de Vettel chez Aston Martin sera une occasion pour cette écurie arrivante de se donner une bonne image, tant celle de sa prédécesseure, Racing point, sent le souffre cette année. Depuis les essais hivernaux, l'écurie britannique est décrite par plusieurs écuries comme la "Mercedes rose", tant la voiture, équipée du moteur Mercedes, a un châssis qui semble être intégralement copié sur la Mercedes victorieuse de 2019. Mais à défaut d'accuser l'ensemble du châssis, certaines pièces sont mises en avant, comme les écopes de freins, afin de sanctionner l'écurie. D'ailleurs, suite à une plainte déposée par Renault, soutenue par Ferrari, McLaren et Williams, la FIA a considéré que Racing point a copié la Mercedes de 2019 au niveau des écopes de freins, ce qui est contraire au règlement technique, et sanctionna l'écurie de retrait des points pris au Grand prix de Styrie. De quoi susciter une incompréhension car soit, on ne sanctionne pas, soit on sanctionne pour le restant de la saison. D'où des procédures d'appel lancées par Renault, Ferrari, McLaren, Williams, et... Racing Point, cette dernière voulant voir sa sanction annulée.

Et ces dernières semaines, les procédures en appel ont été retirées par toutes les parties prenantes. Autant pour McLaren et Williams, ça peut se comprendre car ces deux écuries auront un moteur Mercedes l'an prochain et un coup de pression de la part des flèches d'argent semble avoir fonctionné. Autant pour Renault et Ferrari, c'est suspect. Encore plus du côté de la marque au losange car c'est elle qui a initié toute cette histoire. Mais faut croire que, selon un communiqué de Renault F1 team, la FIA a fourni des garanties en matière de respect du règlement technique pour 2021 et puis la réalisation des nouveaux accords Concorde ont fait passer à autre chose. Et dans ce cas, Racing point a retiré sa demande en appel et l'affaire semble être désormais close. Mais un rebondissement n'est pas à exclure.

Après tout, la F1 est un univers impitoyable.

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