Hamilton et Mercedes au-dessus de tout

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/Kerry Taylor

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Vainqueur du Grand prix de Toscane, sur le circuit du Mugello, le sextuple champion du monde britannique est plus que jamais sur les traces de Michael Schumacher tant sa Mercedes écrase la concurrence et que son coéquipier, Valtteri Bottas, est loin de le rivaliser. Seul élément de suspense est la lutte pour la troisième place au classement des constructeurs entre Racing Point, McLaren et Renault.

"La Formule 1 compte 20 pilotes dans 10 écuries et à la fin, c'est toujours Mercedes qui gagne". Ce détournement de la formule du footballeur anglais Gary Lineker, soulignant la domination allemande lors de la coupe du monde 1990, sied à la F1 depuis 2014, et cette année 2020, marquée par le Coronavirus, n'échappe pas à la règle. Dans cette saison qui comptera 17 Grand prix et dont neuf ont été réalisés jusqu'à présent, avec le Grand prix de Toscane qui s'est déroulé ce dimanche 13 septembre, Lewis Hamilton, vainqueur sur ce GP, totalise six victoires et 190 points en championnat, avec une large avance sur Valtteri Bottas (une victoire, 135 points). Le pilote britannique est bien parti pour égaler le record de titres mondiaux de Michael Schumacher (sept titres), mais aussi pour dépasser le record de victoires en carrière vu qu'il en est à 90, soit une victoire de moins que le pilote allemand.

Bottas, porteur d'eau pour Hamilton?!

Le coéquipier finlandais d'Hamilton déçoit une nouvelle fois des suiveurs de la F1, qui aimeraient le voir mettre davantage la pression sur son rival britannique. Hormis le Grand prix inaugural en Autriche, Bottas peine à tenir la comparaison face à Hamilton. Au point qu'il est décrit comme le porteur d'eau de son coéquipier britannique tant est dominé par Hamilton et que l'équipe Mercedes, soucieuse de garder sa domination d'ensemble, semble lui tenir la bride, comme lors du Grand prix de Belgique où Bottas semblait ne pas être autorisé à tellement attaquer Hamilton en course, alors que les Mercedes sont ultra-dominatrices. À sa décharge, la malchance ne l'a pas épargné lors du Grand prix de Grande-Bretagne où il creva à l'avant-dernier tour, devant changer de pneus et se retrouver à la porte des points, quand Hamilton eût son pneu crevé dans le dernier tour et qu'il avait suffisamment d'avance pour tenir sur trois roues et gagner quand même le Grand prix.

Et c'est là qu'il faut évoquer Max Verstappen. Le pilote néerlandais tire au maximum le potentiel de sa Red Bull, motorisée par Honda, parvenant à gagner un Grand prix et un temps deuxième au classement pilotes, car le seul à lutter face aux Mercedes, mais ses deux abandons sur les deux derniers Grand prix le remettent derrière Bottas. En tout cas, Verstappen affiche une progression dans son pilotage et dans sa science de la course, permettant à Red Bull d'être deuxième au classement des constructeurs, avec un coéquipier, Alexander Albon, qui fait comme il peut et qui est enfin arrivé à monter sur le podium sur ce Grand prix de Toscane, son premier podium en F1.

Renault, l'éternelle frustration

Le seul grand intérêt de cette saison de Formule 1 est la lutte pour la troisième place entre McLaren (106 points), Racing Point (92 points) et Renault (83 points), dans cet ordre au classement, à l'issue de ce Grand prix de Toscane. Et la palme de la frustration revient à Renault tant l'écurie française avait des opportunités de marquer de gros points, voire d'accéder à un podium, sur cet enchaînement de trois GP (Belgique, Italie, Toscane), sur des circuits considérés comme typés moteur - peut-être moins le Mugello que Spa-Francorchamps et Monza -. D'ailleurs, le GP de Belgique donna le tempo avec les 4e et 5e places de Daniel Ricciardo et Esteban Ocon, ce qui n'a été confirmé en Italie (Ricciardo 6e et Ocon 8e), et la quatrième place de Ricciardo sur le GP de Toscane est pour le moins frustrante car le pilote australien était troisième au moment du deuxième arrêt de la course, suite à la sortie de piste du pilote canadien Lance Stroll (Racing Point), qui luttait d'ailleurs derrière Ricciardo pour cette troisième marche du podium. Au moins, ça prouve que la Renault en 2020 est à un meilleur niveau que l'an dernier, notamment grâce au moteur Renault, mais qu'il manque encore un brin de chance pour voir l'écurie française sur le podium d'un Grand prix depuis son retour en tant qu'écurie complète, en 2016. Par ailleurs, comme Ricciardo partira chez McLaren l'an prochain, Ocon se doit d'être à la hauteur et, pour l'instant, il peine à être la hauteur. Ce qui n'est pas rassurant pour l'horizon 2021 avec le retour de Fernando Alonso dans l'écurie. Enfin les prochaines courses, sur des circuits demandant davantage d'appuis aérodynamiques, n'avantagent pas Renault, par rapport à ses adversaires.

Justement, Racing Point et McLaren ont réussi à monter sur le podium. La première, ayant un moteur Mercedes, impressionne tellement qu'elle est surnommée la "Mercedes rose", avec un fort soupçon de copiage intégrale sur la Mercedes de 2019, qui s'est partiellement vérifié au sujet des écopes de freins par une enquête de la FIA enlevant les points attribués à Racing Point lors du GP de Styrie, après une plainte déposée par... Renault. De quoi avoir encore plus de la frustration du côté du losange. La seconde, motorisée par... Renault, elle prouve l'efficacité de son châssis, notamment au niveau aérodynamique, et la perspective d'une victoire était fort proche lors du Grand prix d'Italie, avec Carlos Sainz échouant à la deuxième place, derrière Pierre Gasly et son Alpha Tauri, motorisée par Honda.

Gasly, le magnifique

Sans transition, la victoire de Gasly sur le circuit de Monza, la première dans sa carrière et la première d'un pilote français en F1 depuis Olivier Panis à Monaco, en 1996, a donné beaucoup de plaisir aux passionnés francophones de la discipline et forcé le respect auprès des autres pilotes du paddock. Y compris de la part de Hamilton, saluant cette victoire et le talent de Gasly sur la modeste Alpha Tauri. En outre, cette victoire est un joli pied de nez envoyé à Red Bull car en début de saison 2019, Gasly était coéquipier de Verstappen avant d'en être jeté comme un malpropre à l'été 2019 pour retourner chez Toro Rosso, ancien nom d'Alpha Tauri, où il put retrouver de la confiance au sein d'une écurie qu'il tire vers le haut en étant régulier depuis le début de la saison. Et quand cette écurie s'appelait Toro Rosso, elle connut la victoire également à Monza, en 2008, avec un certain... Sebastian Vettel. Vu le palmarès ultérieur du pilote allemand (quatre titres de champion du monde), voilà une source d'inspiration pour Gasly. En tout cas, vivement 2022 pour lui, en étant capable de faire le bon choix de carrière.

Ferrari dans le rouge!

Enfin, cette source d'inspiration s'arrête jusqu'à un certain point, car Vettel a droit à une année noire avec une Ferrari dans le rouge. La preuve, le cheval cabré est sixième au championnat constructeurs, pas en mesure de lutter pour la troisième place. Une situation catastrophique qui fera couper des têtes au sein de la Scuderia à la fin de la saison, tant les performances sont désespérantes à voir et indignes de l'histoire de cette écurie, qui fêtait d'ailleurs son 1.000e GP de F1 ce dimanche. De quoi inciter Vettel à exprimer son spleen sur la piste et vite songer à rejoindre Aston Martin en 2021, tandis que Charles Leclerc porte l'écurie à bout de bras. Il faudrait un miracle pour que la Scuderia remonte la pente pour gagner des GP prochainement, à moins d'attendre 2022 vu que l'année prochaine, les évolutions techniques à apporter à une voiture seront limitées.

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