Lewis Hamilton, l'égal de Michael Schumacher?!

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Twitter

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Vainqueur du Grand prix de Turquie, sur une piste détrempée, le pilote britannique s'assure, à trois Grand prix de la fin de la saison, un septième titre mondial, rejoignant ainsi Michael Schumacher au sommet du palmarès de la Formule 1.

Une maestria! Voilà une façon brève de décrire la victoire de Lewis Hamilton au Grand prix de Turquie, ce dimanche 15 novembre 2020. Et ce, d'autant plus que le pilote britannique partait sixième sur la grille de départ et que sur le circuit d'Istanbul, bien détrempé, bien glissant, le pilote Mercedes était moins à l'aise que durant les précédents GP, avec des soucis au niveau des écopes de freins. Mais sa gestion parfaite des pneus intermédiaires et les soucis de rythme de ses adversaires sur la piste lui ont permis de remonter au fur et à mesure et de s'offrir la 94e victoire de sa carrière. Une victoire lui permettant de s'offrir avec panache un septième titre de champion du monde, égalant ainsi l'Allemand Michael Schumacher, dont les records établis semblaient partis pour être inaccessibles. Mais Hamilton prouve le contraire et envoie comme message aux enfants suivant peut-être les GP et rêvant d'être à sa place à l'avenir de justement croire en leurs rêves et de ne pas imaginer que ce serait impossible.

Domination sans partage comparable?

Depuis quelques semaines, l'exercice de la comparaison entre le King Lewis et le Baron rouge Schumi se développe au niveau médiatique et chez les passionnés de F1. Il faut dire que Hamilton, depuis le GP du Portugal, est le détenteur du record de victoires en F1, poussant aujourd'hui à 94, et que Schumacher en était à 91. Mais peut-on vraiment comparer deux champions qui ont en commun une période de domination leur permettant d'accumuler les victoires et les titres?

Plusieurs éléments rendent cette comparaison très délicate et in fine faiblement pertinente. D'abord, la F1 sur laquelle Schumacher régnait de main de maître, au début des années 2000, était une F1 où les châssis étaient moins lourds, moins chargés au niveau de l'aérodynamique, où la stratégie de course était fonction de la quantité d'essence embarquée - ravitaillements en essence à l'époque - et où les moteurs étaient des V10 pouvant être changés régulièrement, sans que ça ne dure un GP, du moins jusqu'à partir de 2004, où la FIA imposa la durée de vie d'un moteur sur tout un weekend de GP et l'allongeant à fur et à mesure des années. En comparaison, la F1 sous la domination de Hamilton est une F1 avec des châssis imposants, notamment au niveau aérodynamique, où l'essence embarquée doit tenir toute une course et où il faut faire tenir trois moteurs V6 turbo hybrides durant une saison (ici, exceptionnellement 17 GP alors que plus de 20 GP étaient prévu initialement si le Coronavirus n'était pas passé dans les parages), sous peine de pénalités en cas d'utilisation d'un quatrième élément du moteur ou du moteur tout entier.

Ensuite, les écuries. Ferrari, avec Schumacher, c'était le talent mais aussi la roublardise de la part de Jean Todt, le directeur de l'écurie italienne, et de Ross Brawn, le directeur technique, donnant des consignes d'équipe au lieutenant de Schumacher, en l'occurrence Rubens Barrichello, de bien rester à sa place (cf Grand prix d'Autriche 2002), mais donnant aussi des leçons en matière de stratégie de course (cf Grand prix de France 2004), mais aussi une relation privilégiée avec le manufacturier Bridgestone à une époque où il y avait une lutte des pneumatiques entre les écuries chaussées par Bridgestone et celles équipées de pneus Michelin. Mercedes, avec Hamilton, c'est plutôt lisse, propre sur soi, avec Toto Wolff comme directeur de l'écurie allemande et James Allison comme directeur technique, mais également très influent puisque c'est l'écurie allemande qui a imposé le V6 turbo hybride à partir de 2014 et que les flèches d'argent - parues de noir pour 2020 - ne cessent de triompher.

Enfin, la concurrence. Du temps de Michael Schumacher et de Ferrari, hormis en 2002 et 2004, ils ont dû batailler face à des écuries comme Williams, motorisée par BMW (avec les pilotes Ralf Schumacher et Juan Pablo Montoya) et McLaren (Mika Häkkinen, David Coulthard ou Kimi Räikkönen), alors motorisée par Mercedes. Puis ce fut Renault qui renversa la donne en 2005 et 2006, en lien avec un changement de réglementation d'ailleurs, avec Fernando Alonso comme pilote, Flavio Briatore comme directeur d'écurie et Bob Bell comme directeur technique. Sous l'ère Mercedes/Hamilton, si on fait exception de Ferrari, avec Sebastian Vettel en 2017, et d'une capacité partielle de Red Bull, soit avec le moteur Renault, soit avec le moteur Honda, à lutter pour la victoire dans certains GP, avec le néerlandais Max Verstappen dans ses rangs, l'essentiel se passe entre pilotes Mercedes. Et tout particulièrement du temps où Hamilton avait comme coéquipier le pilote allemand Nico Rosberg, le seul à l'avoir battu en championnat d'ailleurs (2016) et prenant sa retraite aussitôt, usé mentalement, et bombardant ainsi le Finlandais Valtteri Bottas, qui fait pâle figure à côté de l'ogre britannique.

Tout cela pour dire combien la comparaison entre ces deux grands champions est pour le moins bancale et que Hamilton, s'il a encore les crocs, peut mettre tout le monde d'accord en allant chercher un huitième titre mondial en 2021 et passer la barre des 100 victoires en Grand prix.

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