Une saison de dépoussiérage

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Twitter

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Avec la victoire de Max Verstappen au Grand prix d'Abu Dhabi, la saison 2020 de Formule 1, raccourcie par le Coronavirus, tire le rideau avec le triomphe de Mercedes mais quelques bonnes surprises permettant à certains pilotes (Sergio Perez, Pierre Gasly) de faire honneur à leur pays.

Quand la F1 se termine à Abu Dhabi, c'est opérer un voyage au bout de l'ennui. Sur le circuit insipide de Yas Marina, Max Verstappen (Red-Bull/Honda) gagne le dernier GP de la saison, devant les Mercedes de Valtteri Bottas et Lewis Hamilton, histoire de donner un demi-espoir pour 2021, tant l'écurie allemande a, encore une fois, pris le dessus sur les autres sur l'ensemble des 17 Grand prix d'une saison 2020 raccourcie par la crise du Coronavirus.

Hamilton/Mercedes: domination!

Après tout, les flèches noires, pour l'occasion tant Hamilton s'est montré influent, en écho au mouvement Black lives matter, ont fait état de leur maîtrise, avec 13 victoires (11 pour Hamilton, 2 pour Bottas). L'occasion pour le pilote britannique de dépasser le record de victoires, anciennement détenu par Michael Schumacher, et d'égaler en parallèle le "baron rouge" avec désormais sept titres mondiaux. Ce qui est d'ailleurs le même nombre de titres mondiaux d'affilée conquis par Mercedes, inédit dans l'histoire de la discipline. Mais depuis l'instauration du V6 turbo hybride en F1 (2014), Mercedes domine largement et aucune autre écurie n'a réussi à déloger Mercedes au sommet de la hiérarchie des constructeurs.

Un état de fait qui est parti pour être confirmé l'an prochain, pour que Hamilton tente de chercher un huitième titre mondial, ainsi que dépasser le nombre de 100 victoires et de 100 pole-positions en carrière. Sauf s'il ne se mettait pas d'accord dans le renouvellement de son contrat et qu'il prenait sa retraite dans les prochains jours. Mais alors, est-ce que Bottas pourrait afficher un haut niveau? Il y a de quoi en douter tant il a été dominé par Hamilton - puis un brin malchanceux -, mais que quand Hamilton ne fut pas là au GP de Sakhir, le 6 décembre, pour cause de Coronavirus, le remplaçant, à savoir George Russell, a montré qu'il était à la hauteur de Bottas, le dépassant même en course, alors que le finlandais a plus de trois ans d'expérience au sein de Mercedes. De quoi toucher moralement un pilote vu comme un numéro 2 par nombre d'observateurs, de passionnés de F1.

Red-Bull/Honda: 2021 ou jamais!

Du côté de chez Red-Bull, l'an prochain sonne comme la dernière chance, avant le changement de réglementation prévu pour 2022, pour tenter de détrôner Mercedes, avec Verstappen en figure de proue face à Hamilton. Et ce, d'autant plus que Honda, fournissant depuis 2019 ses moteurs à l'écurie autrichienne, a annoncé son retrait de la F1 à la fin de la saison 2021 en octobre dernier. Et c'est révélateur du degré d'exigence - ou d'ingratitude, c'est selon - de Red-Bull envers son motoriste qui met vite sur les nerfs. Après tout, avant Honda, c'était Renault qui faisait office de motoriste et les relations s'étaient détériorées depuis l'instauration de l'ère hybride.

Mais un autre problème devra être résolu pour l'écurie autrichienne, c'est celui d'avoir un deuxième pilote en mesure de se hisser à hauteur de Verstappen et de limiter la casse en cas de problème pour le pilote néerlandais. Et sur la saison 2020, Alex Albon n'a pas tellement offert de garanties à ce sujet, avec des courses en partie insipides et des commentaires radio pour le moins stupéfiants, du genre "they race me so hard" ("ils me coursent si durement") au GP de l'Eifel par exemple, face aux Alpha Tauri. Ce qui fait que son baquet est clairement menacé et qu'un Sergio Perez, gagneur du GP de Sakhir, pourrait se porter candidat pour 2021, à moins que Albon soit maintenu, pour ne pas discréditer la filière jeunes de Red-Bull. En tout cas, il faudra vite clarifier les choses.

Une F1 française en progression

Du côté de chez Renault, la frustration est de rigueur car l'écurie française a clairement progressé par rapport à 2019, avec trois podiums cette saison (deux troisièmes places pour Daniel Ricciardo et une deuxième place pour Esteban Ocon) mais termine encore à la cinquième place au championnat constructeurs, derrière McLaren et Racing Point. Et c'est là que le GP de Turquie a été fatal pour Renault car la touchette entre les deux pilotes au premier virage, plus le niveau des écuries Racing Point/Mercedes, McLaren/Renault et Ferrari sur cette course-là ont brisé l'élan de l'écurie au losange puisque cette dernière était troisième du championnat constructeurs à ce moment-là, à quatre GP de la fin. En tout cas, Renault a lutté jusqu'au bout, avec un Ricciardo, rejoingnant McLaren qui sera motorisée par Mercedes en 2021, qui a digéré son adaptation à l'écurie et influencé l'évolution du châssis sur la saison écoulée et un Ocon qui a connu une trajectoire compliquée, à l'instar de Ricciardo l'an dernier, mais avec son premier podium lors du GP de Sakhir. De quoi motiver le pilote français pour 2021, en ayant Fernando Alonso à ses côtés, sur ce qu'il faudra appeler Alpine en 2021, même si j'aurais largement préféré que la voiture soit nommée Renault-Alpine l'an prochain.

Autre signal tricolore, c'est Pierre Gasly. Non seulement, le pilote Alpha Tauri a montré une belle régularité cette saison, mais il s'est offert le luxe de gagner le GP d'Italie, à Monza, devenant le premier pilote français vainqueur d'un GP depuis Olivier Panis et sa victoire à Monaco en 1996. C'est dire si le temps était long pour les fans français de F1! Maintenant, Gasly a tout intérêt à continuer chez Alpha Tauri, où il est choyé et attendre le changement de réglementation, avant de tenter une aventure dans une autre écurie, excepté Red-Bull, tant son passage en début de saison 2019 a été difficile et que l'attitude ingrate de l'écurie autrichienne ne peuvent que le rendre méfiant à l'idée d'un retour.

Annus Horribilis pour Ferrari

Chez Ferrari, 2020 est une année à oublier au plus vite! Un châssis et un moteur complètement ratés ont produit l'une des pires saisons de la Scuderia depuis le milieu des années 1980. En outre, Charles Leclerc donnait l'impression de porter l'écurie au cheval cabré à bout de bras, quand son coéquipier Sebastian Vettel, quadruple champion du monde, semblait peu concerné mais aussi lâché par le reste de l'écurie. Et quelque part, le commentaire radio désabusé et énervé de Leclerc lors du GP de Belgique, en août dernier, résume parfaitement la saison de Ferrari.

Lui et Carlos Sainz devront espérer avoir une meilleure voiture, et tout particulièrement un meilleur moteur, tant le moteur Ferrari a été dominé par les trois autres motoristes présents en F1 (Mercedes, Honda, Renault).

Nous verrons bien ce que donnera 2021, si le calendrier n'est pas modifié par l'évolution du Coronavirus.

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