Une tendance autoritariste en marche

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/Jacques Paquier

Photo: Flickr/Jacques Paquier

L'adoption, en tapinois, d'un renforcement du contrôle des chômeurs dans le projet de loi de Finances de 2021 par les députés montre combien la majorité présidentielle suit une pente de plus en plus totalitaire sur la vie de chacun(e) d'entre nous.

"Pour lutter contre le chômage, il faut s'en prendre aux chômeurs". Cette maxime libérale est dans l'esprit du pouvoir et des députés de la majorité vu que ces derniers ont apporté une modification dans le projet de loi de Finances de 2021 visant à renforcer les contrôles sur les chômeurs, à travers l'obtention des relevés bancaires et téléphoniques car soupçonnés de fraude (cf lien n°1). Et vu combien l'année 2020 est marquée par la crise générale liée au Coronavirus, son impact économique fait qu'environ 1 million d'emplois vont être supprimés cette année selon l'économiste Christophe Ramaux et que les dépenses sociales (allocations chômage) vont exploser pour tenter de limiter la casse, bien que la barre des 10 millions de français(es) sous le seuil de pauvreté ait été atteinte. Puis, il y a cet arrière-goût que les dépenses sociales coûtent un "pognon de dingue", comme le déclara Emmanuel Macron en juin 2018, et que la fraude sociale de la part des personnes dans la pauvreté, la précarité serait forcément énorme. Or, les études oscillent entre 14 et 45 milliards d'euros à ce sujet (cf lien n°2), et qu'en comparaison, la fraude fiscale, menée notamment par les affairistes ou les grandes firmes, représente environ 80 milliards d'euros. Mais malgré des tentatives de redressement de la part de l'État, cela reste loin du compte dans cette lutte (cf lien n°3). Peut-être conflit d'intérêts (de classe)?

Contrôle total à l'horizon?

Ce renforcement du contrôle des chômeurs via leurs données bancaires et téléphoniques s'ajoute à une tendance qu'il faut qualifier de totalitaire de la part de la majorité présidentielle. Le contrôle des images d'abord, avec la proposition de loi sécurité globale visant à punir pénalement toute diffusion d'images de policiers ou gendarmes en action de maintien de l'ordre - traduction: en action de violences policières -, signifiant clairement une menace intérieure envers la liberté d'informer. Sans oublier la surveillance jusque dans la vie privée avec une massification de l'utilisation des drones. Le contrôle des opinions ensuite, avec les décrets mis en application depuis le 5 décembre, permettant désormais un fichage, par la police ou la gendarmerie, de citoyen(ne)s selon leurs "opinions politiques, convictions philosophiques, religieuses, ou une appartenance syndicale", avec un panel de données passant du nom jusqu'au comportement religieux en passant par la situation professionnelle, les moyens de déplacements, les documents d'identité, etc. Bref, une loi des suspects 2.0. Et maintenant, ce rajout sur le contrôle des chômeurs dans le projet de loi de Finances voté par les députés.

Mais est-ce parler de totalitarisme est pertinent? Si on se réfère aux diverses définitions sur ce concept de philosophie politique, notamment celle de Hannah Arendt, pionnière sur le sujet, il serait incongru de parler de totalitarisme tant la planification étatique n'est pas centrale dans la vie économique, sauf dans le sens où l'État se met au service du capital en organisant le marché dans les intérêts du capital; mais surtout qu'il n'y a pas de parti unique. Il n'empêche, d'autres aspects du totalitarisme que sont le contrôle policier de la population, jusque dans la vie intime; la mainmise en matière de communication via des mass media tenus par des affairistes soutenant le pouvoir actuel car ils y trouvent leur compte et font de leurs médias un levier politique, y trouvent une certaine résonance à l'heure actuelle.

En tout cas, compter sur un pouvoir qui a fait étalage de ses contradictions sur la situation de l'hôpital public, le port des masques ou ses consignes de présence en nombre restreint - pensée au dîner de cons du 16 décembre à l'Élysée, avec Macron et neuf invités, avant d'apprendre que le président a le Coronavirus -, c'est clairement se mettre en danger!

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