Des jeux sous Coronavirus

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/Matthias Harbers

Photo: Flickr/Matthias Harbers

Les Jeux olympiques de Tokyo, initialement prévus l'an dernier, vont se dérouler sous un silence de mort en raison du huis clos imposé par les organisateurs lié à la situation sanitaire délicate dans l'Empire du soleil levant. De quoi déjà placer ces JO comme uniques en leur genre, en attendant les résultats sportifs.

"Des jeux à huis clos". C'est ce qui sera l'essentiel à garder en tête à propos des Jeux olympiques de Tokyo, maintenus malgré la présence du Coronavirus dans l'archipel depuis plus d'un an, avec désormais plus de 850.000 personnes ayant contracté le virus, dont un peu plus de 15.000 d'entre elles en sont mortes, selon les données de l'Université John Hopkins. Mais surtout, la dynamique, influencée par le variant Delta, fait que le nombre de contaminations augmente fortement au Japon, incitant le pays organisateur à organiser un huis clos pour ces JO. Des JO prévus l'an dernier, mais décalés à cause du Coronavirus, et suscitant une opposition de plus en plus vive de la part de la population japonaise ces derniers mois, appelant carrément à annuler ces JO. Finalement, la résignation semble avoir gagné les nippons (cf liens n°1, n°2, n°3).

Panem et circenses

Si les sportifs considèrent que ça vaut le coup de mener à bien ces JO sous Coronavirus, ils sont, avec les instances gouvernementales japonaises et le Comité international olympique (CIO), bien les seuls à y trouver de l'intérêt et de l'enthousiasme. Comme indiqué ci-haut, la population japonaise y exprime une vive opposition, tant la crise sanitaire frappe les esprits et que l'enjeu politique de la part du pouvoir conservateur japonais, avec le Premier ministre Yoshihide Suga et son prédécesseur Shinzo Abe, de prouver que le Japon a su relever la tête, 10 ans après le tsunami ravageur et la catastrophe nucléaire de Fukushima, dont une partie de l'eau contaminée par la radiation va être rejetée dans l'océan Pacifique (cf lien n°4).

Bref, la locution latine panem et circenses (du pain et des jeux) garde de la pertinence. Surtout dans le système capitaliste qui peut se sentir un peu plus tranquille sur 15 jours avec un cache-misère en mondovision, faisant oublier les investissements lancés pour l'organisation des JO et qu'en-dehors du CIO, ce sont les multinationales partenaires qui en tirent le plus grand bénéfice. "Privatisation des profits, socialisation des pertes", c'est bien connu. De quoi se poser des questions sur la pertinence des Jeux olympiques, tels qu'ils sont organisés de nos jours, voire même leur abolition (cf lien n°5).

Enfin, bon, bonne chance aux français(es) engagé(e)s dans ces JO bien particuliers.

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