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De bonnes nouvelles (pour l'instant) pour Kabila fils

Publié le par JoSeseSeko

De bonnes nouvelles (pour l'instant) pour Kabila fils

Quittons un peu cette France riche, divisée, malade, s'enfonçant dans la bêtise humaine pour jeter un œil sur la situation du Congo-Zaïre, ou devrais-je dire, la République Démocratique du Congo..

Le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001 et l'assassinat de son père (Laurent-Désiré Kabila, surnommé le Mzee), maintenu après 2 élections présidentielles honteuses, dont la dernière en 2011 était une mascarade, est entrain de se forger une série de succès qui pourraient l'inciter à faire un quatrième mandat présidentiel, pour de multiples raisons.

Premièrement, la situation militaire est quasiment rétablie dans l'est du pays, avec l'écrasement de la rébellion du M23, redonnant du prestige aux FARDC, ainsi qu'au pouvoir de Kinshasa, quand bien même des poches de résistance existent encore et peuvent mener à un parallèle avec la Vendée (toutes proportions gardées).

Deuxièmement, et c'est le plus important, l'économie est relancée. Samedi 25 janvier, le premier ministre, Augustin Matata Ponyo, dans une conférence de presse, a indiqué que la croissance économique de l'ex-Zaïre était de 8,5% en 2013, soit 0,3 point de croissance en plus qu'estimé par le Fonds monétaire international, la RDC étant la 3ème économie du continent ayant le plus créé de richesses sur cette année-là, croissance obtenue "sans [aides du FMI et la Banque mondiale"; ce qui permet au premier ministre de dire que sous la présidence du fils Kabila, qu' "enfin, le rêve de Mzee Laurent-Désiré Kabila est en train de se réaliser, lui qui demandait jadis aux Congolais de s’organiser, de se prendre en charge pour leur propre développement". En outre, l'inflation était de 1,03% en 2013, contre un objectif de 4%, ce qui fait que la RDC est le pays africain où l'inflation a été la plus faible. En tout cas, pour retrouver de telles performances macroéconomiques, il faut remonter à 1970 (au plus fort du mobutisme) et cette grande nouvelle est signe d'un retour de la RDC au devant de la scène économique africaine, si elle se concrétise par un gain pour l'ensemble de la population.

Malgré ces deux bonnes nouvelles, l'exécutif a de quoi rester inquiet. Au niveau économique, cette croissance reste justement à être répartie à l'ensemble de la population, y compris les fonctionnaires, comme dans l'éducation nationale,où certains professeurs n'ont pas reçu leur salaire de la part du gouvernement, des entrepreneurs appellent à une accélération du dédouanement des marchandises aux frontières, notamment au Kivu, la question des investissements chinois en RDC, le fait de cette faible inflation plutôt liée à une quasi-stabilité des prix des matières premières dont regorge le Congo-Zaïre (cuivre, diamants, cobalt, coltan) avec une dépendance encore palpable aujourd'hui, ou encore la question du chômage qui se pose encore, à croire que la croissance profite plutôt à la classe possédante. Au niveau politique, vouloir ramener les cercueils des hontes du passé (Mobutu, Tshombé) n'est pas un bon signal, et qu'en est-il des liens avec le Rwanda voisin, sachant sa sourde complicité dans l'importance du M23. Et dire qu'il y a quelques jours, on honorait la mémoire de Patrice Lumumba, le héros trahi par les hontes citées plus haut...

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