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Les lusophones paient cher face au même bourreau

Publié le par JoSeseSeko

Photo: PATRIK STOLLARZ/AFP

Photo: PATRIK STOLLARZ/AFP

Les lusophones paient cher face au même bourreau

Même si la Coupe du monde 2014 n'est pas encore terminée, vu qu'il reste la deuxième demi-finale entre l'Argentine de Lionel Messi et les Pays-Bas de Arjen Robben, le match pour la 3ème place, et la finale, je peux quand même vous indiquer, chers lecteurs, deux choses essentielles. L'une est sportive, stricto sensu, l'autre est économique et politique.

Au niveau sportif, le Portugal de Cristiano Ronaldo n'a pas réussi à balayer la malédiction du Ballon d'Or au moment d'une coupe du monde. Il était même piteusement éliminé au 1er tour. Je m'explique quand à cette "malédiction": en fait, chaque Ballon d'Or (France football) récompensé l'année qui précède une coupe du monde, n'a jamais pu faire en sorte que son pays gagne la coupe du monde, un an plus tard. Vous pensez que je fabule? Regardez la liste, et vous pourrez la vérifier autre-part si vous doutez encore:

1957: feu Alfredo Di Stéfano (Espagne), mort lundi 7 juillet- Non qualifiée en 1958
1961: Omar Sívori (Italie)- 1er tour en 1962
1965: Eusébio (Portugal)- 1/2 finale en 1966
1969: Gianni Rivera (Italie)- Finale en 1970
1973: Johann Cruyff (Pays-Bas)- Finale en 1974
1977: Allan Simonsen (Danemark)- Non qualifié en 1978
1981: Karl-Heinz Rummenigge (RFA)- Finale en 1982
1985: Michel Platini (France)- 1/2 finale en 1986
1989: Marco Van Basten (Pays-Bas)- 1/8 de finale en 1990
1993: Roberto Baggio (Italie)- Finale en 1994
1997: Ronaldo (Brésil)- Finale en 1998 (on sait pourquoi! ^^)
2001: Michael Owen (Angleterre)- 1/4 finale en 2002
2005: Ronaldinho (Brésil)- 1/4 finale en 2006 (on sait pourquoi, également! ^^)
2009: Lionel Messi (Argentine)- 1/4 finale en 2010
2013: Cristiano Ronaldo (Portugal)- 1er tour en 2014

Édifiant, n'est-ce pas? Il était donc pertinent que je prévienne, depuis près de 6 mois qu'il y aurait la certitude suivante:

 

Voilà pour le cas portugais. Maintenant, le cas brésilien, avec un impact économique. Hier, lors de la première demi-finale, la Seleção a sombré devant l'Allemagne 7-1. Il faut remonter à l'entre-deux-guerres pour retrouver trace d'un tel bombardement de buts encaissés par le Brésil. Et bien sûr, certains argentins peuvent rire de ce fait, tels Diego Maradona par exemple. En tout cas, c'est une déroute d'autant plus humiliante que c'est le pays organisateur de cette coupe du monde, qui est d'un coût public tel que les (prolétaires) brésiliens avaient fait monter la pression sociale avant la compétition. Du coup, les bourgeois brésiliens et mondiaux, en plus des institutions telles la Fédération internationale de football association (FIFA), qui va tout de même engranger les plus gros bénéfices possibles de cet événement, voulaient par tous les moyens que le Brésil soit un cache-misère, pour aliéner, tenir tranquille les pauvres des favelas, et ainsi faire leurs affaires. Mais il se pourrait que l'économie brésilienne soit plombée par ce résultat de la Seleção. Les marchés financiers brésiliens étaient globalement dans le rouge, et la croissance pourrait bien s'effondrer plus vite que prévu par les économistes puisque la confiance des ménages et entreprises avait atteint son plus bas niveau depuis 2009, malgré une légère remontée en juin, la coupe du monde aidant. Légère remontée pouvant vite être balayée vu la fin en queue de poisson.

Mais surtout, un tel événement peut aider les gouvernants à être au pouvoir, ou à y rester. La présidente Dilma Roussef, du Parti des travailleurs (centre-gauche, gauche), candidate à sa réélection, va avoir désormais plus de mal face au candidat social-démocrate Aécio Neves, plutôt apprécié des financiers. Donc forcément, les possédants n'aimeraient guère des mouvements sociaux, et parien que Neves tiendra en respect les manifestants de 2013, qui pourraient bientôt retrouver de la vigueur.

Toujours est-il que ceux qui considèrent que le football n'est qu'un jeu sont bel et bien des naïfs, ne pouvant pas se rendre compte des multiples enjeux que le foot décèle aujourd'hui.

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