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Faut-il supprimer les 35h pour réduire le chômage?

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Gamma

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Selon plusieurs informations, le gouvernement Valls se prépare à remettre en cause les 35h, voire pourquoi pas, supprimer cette durée minimum légale du temps de travail. Mais le doute est permis quant à l'efficacité d'une telle mesure à lutter contre le chômage, notamment à gauche.

Les 35h! Depuis l'instauration progressive par Martine Aubry entre 1997 et 2000, cette durée du temps de travail hebdomadaire est devenue un symbole du clivage droite-gauche de nos jours. La droite estime qu'il faut détruire, ou détricoter cette loi, afin de faire montrer son inefficacité face au chômage, rendant les travailleurs français fainéants. La gauche, au contraire, défend les 35h dans le souci de création d'emplois, de rotation au sein des entreprises, et d'amélioration de la productivité.

Travailleurs français feignasses?

Néanmoins, une partie de la gauche, notamment dans l'aile droite du Parti socialiste (PS) au pouvoir, compte suivre la droite à propos des 35h, avec le Premier ministre Manuel Valls et le ministre de l'Économie Emmanuel Macron, dont la loi éponyme a du être passée en force fin février, signe d'une défiance accrue de la majorité législative envers le gouvernement. Même s'il s'en défend, l'un des deux locataires de Bercy (avec le ministre des Finances Michel Sapin) a depuis longtemps fait part de sa volonté de supprimer les 35h, considérant que c'est coûteux pour les entreprises, rendant oisifs les travailleurs, bref, parlant comme la droite et le patronat. Bien sûr, l'opposition libérale/conservatrice se réjouit à l'idée que ces hommes-là aient ouvert les yeux, selon elle, puisqu'ils répètent à l'envie, aidés en cela par la presse de droite, les journalistes de droite (bien plus influents qu'on ne le dit), que les salariés français travaillent moins que les allemands, les anglais, les états-uniens, les italiens, les espagnols, etc. D'ailleurs, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), indique que pour 2013, les travailleurs français bossent annuellement moins que les autres nationalités que je viens d'évoquer, sauf l'Allemagne! Ce qui est tout de même gênant pour ces bien-pensants, qui usent de la comparaison avec notre voisin d'outre-Rhin.

Mais encore plus contradictoire, parce que c'est la même OCDE, une institution parfaitement libérale, qui le chiffre, c'est que si on prend la durée hebdomadaire moyenne d'un salarié sur une année, on a une autre histoire. Celle qui dit que les français font davantage d'heures hebdomadaires que d'autres pays développés (Allemagne, États-Unis, Royaume-Uni), qui sont pourtant reconnus pour avoir un taux de chômage plus faible que dans l'Hexagone - même si les données outre-Atlantique sont issues du Bureau of labor statistics, l'équivalent local de l'Institut national des statistiques et des études économiques (Insee) -, comme l'atteste le graphique suivant:

 

Mieux, des pays où les salariés ont une durée hebdomadaire supérieure à celle de la France, connaissent un niveau de chômage explosif!

Réduction du temps de travail

Du coup, les partisans du maintien des 35h, voire de la réduction du temps de travail y trouvent matière à répondre et sont renforcés dans leur conviction qui est qu'avec un temps de travail réduit, partagé, cela donnera de la dynamique sur le marché du travail, et ce d'autant plus que du côté des syndicats et des partis de gauche, la demande de réduction du temps de travail est une idée essentielle depuis la 1ère Internationale en 1864, ou presque.

D'ailleurs, une des figures tutélaires de Valls, Macron, bref, de l'aile droite du PS, défend la réduction du temps de travail. Son nom? Michel Rocard. Oui, l'ancien Premier ministre (1988-1991)! Dans une interview accordée fin janvier au journal Politis, Rocard rappelle que la tendance dans les pays développés est la réduction de la durée du travail depuis le XIXe siècle, mais aussi qu'il aimerait ne plus faire passer par la loi, mais par de "vraies négociations" entre syndicats et patronat. Il se justifie par rapport aux 35h qui ont créé 350.000 emplois nets selon l'Insee entre 1998 et 2002 (avec 2 millions d'emplois dans le secteur marchand, ce qui est considéré comme la plus grande création d'emplois du XXe siècle), mais si c'était fait avec une autre méthode que la loi, l'ancien secrétaire général du PS est convaincu que 1 à 2 millions d'emplois (nets) auraient été créés en deux ou trois ans.

Mais la méthode de la négociation supposerait que les syndicats se mettent tous d'accord sur la baisse du temps de travail et soient forts de par leur nombre de syndiqués. Et c'est là que le bât blesse, puisque la syndicalisation en France est la plus faible des pays développés (moins de 10% de la population active est syndiquée), puis les syndicats ont de plus en plus de mal à s'entendre entre eux.

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serrurier paris 09/03/2015 00:10

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