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Début d'intransigeance commune au Front de gauche

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Patrick Kovarik/AFP

Photo: Patrick Kovarik/AFP

À la suite de l'utilisation du 49-3 par le Premier ministre Manuel Valls, mardi 17 février, pour faire passer la loi Macron, le Front de gauche fait partie des groupes d'opposition qui posent une motion de censure du gouvernement.

Les communistes ont l'air d'avoir suffisamment avalé de couleuvres comme cela! Ces derniers, menés par le député André Chassaigne, composant la majorité des (rares) élus Front de gauche (FG) dans la législature actuelle, ont décidé d'être intransigeants avec le gouvernement social-libéral de Manuel Valls et du ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, en se joignant à la motion de censure déposée mardi 17 février par les conservateurs de l'Union pour un mouvement populaire (UMP).

Le 49-3: joker du gouvernement

Cette motion de censure fait suite à l'utilisation de l'article 49-3 de la Constitution par le Premier ministre, Manuel Valls, au sujet de la loi Macron, pourtant estimée par plusieurs observateurs (journalistes, économistes, politiciens, patrons, syndicalistes, etc.) comme une loi libérale, dans le sens où c'est le privé qui y gagne, sans avoir à rendre des comptes au public, qui lui, part perdant. Et pourtant, cette loi a connu plusieurs amendements, des heures de débats à l'Assemblée nationale durant plusieurs semaines, et en arriver à passer en force, sans demander le vote des députés, c'est signe que Kaa Valls n'a plus un message efficace envers sa majorité socialiste.

Mardi soir, sur France 2, le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, dont la loi porte son nom, nie l'idée de "déni de démocratie" liée à cette absence de vote. Pourtant, cette expression a été utilisée par un certain... François Hollande en 2006. Alors député du Parti socialiste (PS), il dénonçait l'utilisation de cet article par le Premier ministre d'alors, Dominique de Villepin, lors de la loi sur le Contrat première embauche (CPE), source de manifs étudiantes importantes cette année-là. Toujours est-il que ce genre d'article montre à quel point la Constitution de 1958 est perverse et qu'il faudrait préparer une VIè République.

Une logique intellectuelle

Autant, l'UMP qui dépose une motion de censure au gouvernement suite à la loi Macron est d'un ridicule écœurant, hypocrite et pathétique, car c'est le genre de loi qu'elle aurait fait voter si elle était au pouvoir, autant le FG qui se joint à cette motion est plus logique car les aspirations de cette loi ne lui correspondent pas fondamentalement.

Et il est clair que les députés FG veulent faire tomber le gouvernement actuel, non pas par tactique politicienne (ça, c'est l'UMP), mais c'est pour exiger un gouvernement plus en adéquation par rapport à la raison de son existence, à savoir, préparer une alternative comme l'exigent les électeurs depuis 2012.

Prise de conscience durable?

En tout cas, cette décision de la part des élus communistes du FG à pousser vers la motion de censure est signe d'une prise de conscience du danger qu'avoir des relations ambiguës avec le PS mène à des défaites électorales, comme durant les municipales et les européennes de 2014. La copie semble revue, avec un message plus à l'unisson au sein du Front de gauche puisque l'autre principale composante de la coalition de gauche radicale, le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, affichait depuis longtemps une volonté d'autonomie, d'intransigeance avec le PS, ce dont le PC n'y tenait pas tellement, source de divisions.

La question est de savoir si cela va s'inscrire dans la durée, avec les échéances électorales qui s'approchent (départementales et régionales). Ce n'est pas une certitude mais ce qui pourrait justifier la volonté du FG à prendre ses distances avec le PS, c'est l'inspiration qu'a donné Syriza face au Pasok. Pourtant, les socialistes grecs dominaient l'espace politique de la gauche grecque depuis des décennies, mais à la suite de l'initiation aux politiques d'austérité, il s'est discrédité au profit du parti d'Alexis Tsipras, qui était intransigeant face aux socialistes grecs, et la victoire aux législatives de janvier dernier l'a conforté.

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