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De la nervosité gouvernementale face à une large opposition

Publié le par JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

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Photo: Martin Colombet. Hans Lucas pour Libération

Photo: Martin Colombet. Hans Lucas pour Libération

En dépit d'une affluence plus faible dans la rue, le mouvement social ne compte par lâcher le morceau au sujet du projet de loi Travail, et la réaction du pouvoir tend à être plus dure. En particulier envers les étudiants mettant en place des Assemblées générales dans leurs facs, comme ce fut le cas au centre "Tolbiac", dans le 13e arrondissement.

De 65.000 à plus de 150.000 personnes ont défilé en France, jeudi 17 mars, à l'appel notamment des syndicats étudiants. Une participation donc de moindre ampleur que lors du 9 mars. Sur Paris, il fallait bien compter sur 30.000-40.000 manifestants entre la place de la République et la place d'Italie. Ce qui pourrait laisser entendre que le gouvernement aurait quand même réussi à limiter la casse, en scindant bel et bien les syndicats en deux, et en diabolisant les manifestants comme "archaïques", "privilégiés", ou encore "conservateurs".

Cellule de veille

En vérité, si l'affluence est réellement moindre, cela ne peut nullement se traduire en victoire pour le Premier ministre Manuel Valls, ou la ministre du Travail, Myriam El Khomri, dans la partie d'échecs lancée depuis quelques semaines avec les opposants à cette réforme du code du Travail. Et ce, pour deux raisons:

  1. Ce 2e round dans la rue a été lancé par les syndicats étudiants, UNEF et SUD étudiants en particulier. Ce qui fait que la proportion d'étudiants parmi les manifestants est plus forte, par rapport à celle des salariés.
  2. Les syndicats de salariés, notamment la CGT, FO, la FSU ou encore SUD, tiennent à surtout à la manifestation prévue le 31 mars, au lendemain de la première lecture du projet de loi devant l'Assemblée nationale. Quelque part, ils économisent leur énergie, se réservent avant de vouloir en remettre une couche; puis une journée de manifestation en semaine se traduit par une baisse de salaire à la fin du mois. Donc, ça réfléchit à deux fois!

Autant dire que la détermination au sujet des opposants reste importante. Juste, ils se mettent en veille, si on peut dire, afin de ne pas puiser dans leurs réserves et de s'accorder une marge de manœuvre, brouillant ainsi les pistes pour le gouvernement et certains médias dominants, prêts à déconsidérer la volonté des manifestants. De même que des schémas de convergence commencent à poindre dans les esprits des manifestants, afin que les luttes qui paraissent si singulières, se rassemblent pour n'en former plus qu'une.

Charge de CRS à Tolbiac

Pourtant, ce n'est pas la manifestation en elle-même qui pourrait faire grand bruit, mais plutôt la répression sur certaines Assemblée générales (AG) dans des lieux universitaires. Ce jeudi, à 18h, était prévu une AG au centre Pierre Mendès-France (surnommé"Tolbiac"), une annexe importante de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne que tout sorbonnard ou ex-sorbonnard a fréquenté au moins une fois dans sa vie. Cette AG, prévue depuis quelques jours, a été rendue impossible car l'administration de la fac a décidé la fermeture pour trois jours du centre PMF (les autres sites de l'Université étant fermés pour le seul 17 mars). Pour des étudiants de droite, c'est la faute aux syndicats et aux "gauchistes" qui empêchent ainsi les étudiants de bosser. Pour ceux de gauche, c'est la fac qui veut empêcher toute liberté d'expression dans les AG.

Toujours est-il que l'AG de Tolbiac fut tentée de se faire dans l'amphi N. Ça n'a pas duré 10 minutes, vu que les CRS ont chargé dans l'enceinte et poussé manu militari - c'est peu de le dire! -, les personnes présentes. Une infime minorité, préféra alors en découdre, à coups de jets de bouteille en verre, dans l'amphi et en-dehors, avec des passages en force, poussant à une surenchère de la part des forces de l'ordre. Cela dit, la grande majorité des personnes voulant assister à l'AG et encerclée par les CRS et les gendarmes, garda son sang-froid, même en voyant certaines interpellations ou des coups de matraque voler. Ce qui lui permit de sortir au compte-goutte et calmement, sans contrôle d'identité, par les fonctionnaires au bout d'une 1/2 heure, 3/4 d'heure. Valait mieux qui ça se termine ainsi!

Ma foi, le rapport social et générationnel est parti pour se raidir dans les prochains jours, tant que la partie d'échecs n'est pas terminée.

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