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Une manif en deux mi-temps

Publié le par JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

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La manifestation du 5 juillet s'accomplit alors que le Premier ministre utilise une nouvelle fois l'article 49.3 de la Constitution pour faire passer le projet de loi travail. Faut-il considérer que le "sort en est jeté" et que plus rien n'est à faire, à moins d'une motion de censure de gauche désirée par certains militants?

À entendre Philippe Martinez, de la CGT, ou Jean-Claude Mailly, de FO, la manifestation du 5 juillet en opposition au projet de loi travail serait la dernière avant la pause estivale, avant une reprise pour la rentrée. Pour le cortège parisien, entre place d'Italie et place de la Bastille, l'exact inverse du parcours du 28 juin dernier, il n'y a eu guère d'incidents à relever, mais tout de même une tension palpable.

Deux mi-temps

En fait, cette journée de mobilisation contre le projet de loi travail s'est organisée en deux temps. Le premier temps fut celui du défilé proprement dit. Comme d'habitude, les données sur le nombre de manifestants divergent. Pour la police, c'est 7.500 manifestants; 45.000 selon la CGT (cf lien n°1). Toujours est-il que c'est moins massif que le 28 juin dernier, sur le même parcours mais en sens inverse. S'il n'y a eu guère d'incidents relevés, des nasses par les policiers furent mises en place tout de même, une habitude prise depuis le 28 avril dernier, dans le milieu de l'après-midi (16h-17h), place de la Bastille.

La deuxième mi-temps eut lieu devant l'Assemblée nationale, où le projet de loi devait être rediscuté. Mais ce n'est pas la peine, vu que le Premier ministre, Manuel Valls, utilisa l'article 49.3 de la Constitution, engageant la responsabilité de son gouvernement dans ce projet de loi, voulant passer en force en fait. Et comme le 10 mai, lors du premier passage en force du texte devant l'Assemblée nationale, un rassemblement fut organisé par le mouvement Nuit Debout sur le pont de la Concorde. Considéré comme interdit par les forces de l'ordre, ce meeting ne put se faire que sur une partie de la chaussée, et non sur le pont en entier, comme en mai dernier. Une nasse supplémentaire fut organisée par les CRS et les gendarmes alors. Et ce, jusqu'à près de 23h, pour les derniers manifestants ayant pu sortir de la nasse pour rentrer chez eux.

Motion de censure de gauche possible?

Pendant que ça manifestait dehors, des tractations allaient bon train pour déposer une motion de censure suite à une nouvelle utilisation du 49.3. Elle ne sera issue de la droite puisque le parti Les républicains a indiqué qu'il n'en déposerait pas. Par contre, les députés du Front de gauche en ont déposé une et espèrent, cette fois-ci, avoir le nombre minimum de députés (58) signataires de cette motion. En mai dernier, une pareille motion de censure n'a pu être prise en compte car il manquait deux signatures, et la droite en avait déposé une. Ce qui gênait volontiers plusieurs députés socialistes dits "frondeurs" envers la ligne du parti et du gouvernement.

Peut-être qu'avec cette absence de motion de censure de droite, les scrupules seront moindres à l'aile gauche du Parti socialiste et vu la pression mise par l'extérieur - le mouvement Nuit debout appelant à un "lobby citoyen" pour convaincre les "frondeurs" de signer et déposer la motion de censure, sous peine de perdre des électeurs en 2017 -, ces élus seront bien plus tentés de franchir le Rubicon, ce qui agacerait les légitimistes du PS, jouant sur les menaces d'investiture pour les prochaines législatives.

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