Un boulet portoricain pour Washington

Publié le par JoSeseSeko

Un boulet portoricain pour Washington

La Maison-Blanche regarde d’un œil inquiet l’évolution économique de Porto Rico, avec une crainte de contagion sur son sol, au moment où l’économie états-unienne affiche une reprise plus importante que prévue.

Après le sirtaki grec qui a pris un rythme infernal ces dernières années (dette publique dépassant 170% du produit intérieur brut en 2013 contre 130% en 2009), voici la salsa du démon qui débarque à Porto Rico. En-dehors du chômage de masse qui affecte l’île (14% en 2013), Washington et les marchés financiers regardent avec crainte une dette publique, presque égale à la richesse produite en 2013 (plus de 90% du PIB), faisant gonfler du coup le coût de l’emprunt public, de 4,6% en janvier 2013 à 10%. Les bons du Trésor portoricain sont dignes d’être « les plus pourris des pourris », comme l’estime Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Barack Obama. Et comme le rappelle Le Monde, cette dette est détenue à plus de 70% par des fonds municipaux de la bannière étoilée. En cas de banqueroute de l’île, des milliers d’épargnants états-uniens pourraient se retrouver ruinés.

Entre intégration et indépendance
Cette inquiétude au niveau économique ne peut pas laisser indifférents les décideurs politiques, tels l’actuel gouverneur de l’île caribéenne, Alejandro García Padilla, issu du Parti populaire démocratique, voulant maintenir l’association entre Porto Rico et les USA sans être un État fédéré ; les intégrationnistes du Nouveau parti progressiste, suivant l’ancien gouverneur (2009-2013) Luis Fortuño, qui veulent que Porto Rico devienne le 51e État fédéré, quitte à supprimer les avantages fiscaux fournis aux détenteurs de bons du Trésor portoricain ; et enfin les indépendantistes du Parti indépendantiste portoricain, qui ne veulent ni du statut quo, ni de l’intégration fédérale, appelant à une "décolonisation". En novembre 2012, un référendum a pourtant rendu caduque la position du statut quo car la majorité des votants a refusé de faire perdurer l’État libre associé de Porto Rico, et de privilégier l’intégration dans les États-Unis.

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