Une guerre de chiffres pour un chômage déguisé

Publié le par JoSeseSeko

Une guerre de chiffres pour un chômage déguisé

Début mars (le 6 mars plus exactement), l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), a publié ses données trimestrielles sur le chômage en France, en indiquant que le taux de chômage hexagonal a reculé au dernier trimestre 2013. Un résultat totalement contraire à celui trouvé par Pôle emploi, qui procède par données mensuelles, indiquant une hausse sur les derniers mois de l'année 2013. Ce qui laisse perplexe quand à l'interprétation à faire pour les économistes, les politiciens de la majorité gouvernementale (Parti socialiste -PS-) et/ou de l'opposition (Union pour un mouvement populaire -UMP- notamment). Soit, la tentative d'inversion de la courbe du chômage n'existe pas (version Pôle emploi), soit elle commence à s'exprimer sur la fin de l'année 2013 (version INSEE). En outre, cette divergence s'explique à travers la définition du chômage par Pôle emploi, qui diffère de celle de l'INSEE, qui se réfère au Bureau international du travail. Comment s'y retrouver?

Si on privilégie le résultat de l'INSEE, il faudra regarder au-delà du chômage et se focaliser sur la question de l'activité. Et là, c'est bien plus dangereux pour les décideurs politiques car il y a un risque d'assister à un découragement de chômeurs, en plus de radiations faites par Pôle emploi soit dit en passant, qui décident de se retirer du "marché du travail" (le travail n'est pas un marché comme les autres, contrairement à ce que le mainstream néo-libéral, néo-classique, pense). En France, le taux d'activité -rapport entre le nombre d'actifs occupés + chômeurs sur l'ensemble de la population en âge de travailler, c'est-à-dire de 15 à 64 ans- est constant, sinon en légère croissance entre 2010 et 2013 certes, mais cette hausse est surtout due au prolongement de l'activité des seniors (50-64 ans), avec le recul de l'âge légal de départ en retraite, voté par l'ancienne majorité UMP en 2010, et elle cache une inactivité croissante des jeunes (15-24 ans), comme le montre le graphique suivant.

 

En outre, contrairement à des idées reçues, le taux de chômage des seniors est bien inférieur à la moyenne nationale, même s'il a cru ces dernières années, tandis que celui des jeunes reste largement supérieur à la moyenne nationale, quand bien même il a entamé sur la fin de l'année 2013 une baisse assez visible.

 

En tout cas, ce sont des signes bien inquiétants du manque de confiance qu'ont les entreprises et administrations publiques envers la jeunesse, à qui l'on exige de plus en plus d'expériences professionnelles auxquelles elle ne peut y accéder car l'emploi en France est verrouillé. Un sacré paradoxe! C'est dire si le PS au pouvoir a encore du boulot en la matière, surtout que le président François Hollande a misé sur la jeunesse durant la campagne présidentielle de 2012.

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