Jean Tirole, nouveau prix Nobel d'économie

Publié le par JoSesSeko

Photo: Lydie Lecarpentier/REA

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Le comité Nobel a livré, ce lundi 13 octobre, le nom du lauréat du Prix d'honneur de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel, vulgairement appelé "prix Nobel d'économie". Il s'agit du français Jean Tirole, président de l'école d'économie de Toulouse (Toulouse school of economics, TSE). Il succède aux États-uniens Eugene Fama, Lars Peter Hansen et Robert Shiller, récompensés en 2013.

Succession de Maurice Allais

Les économistes français mettent du temps à être reconnu. Jean Tirole est le second économiste de l'Hexagone à être récompensé du "prix Nobel d'économie", après Maurice Allais, lauréat en 1988. Une coïncidence bienvenue puisqu'en 2007, M.Tirole gagna la médaille d'or du concours du CNRS, devenant le second économiste récompensé par l'institut de recherche après... Maurice Allais.

Un orthodoxe français reconnu

Le comité Nobel a récompensé le président de la TSE, diplômé de Polytechnique, de Dauphine ou du Massachusetts institute of technology, pour ses travaux sur la puissance du marché et la régulation, avec les instruments de la théorie des jeux et de l'asymétrie d'information, utilisés en microéconomie. Ce qui souligne la prise de pouvoir de ce champ d'études économiques sur la macroéconomie, en panne de vitesse. Le comité Nobel récompense "l'un des économistes les plus influents de notre temps."

Mais il s'agit, une fois encore d'un économiste "mainstream", hexagonal, défenseur de la "shareholder value", ce qui veut dire qu'une entreprise doit avoir pour objectif la maximisation des dividendes de ses actionnaires. Les dirigeants doivent s'y plier, et encore davantage s'ils ont eux-mêmes des parts de la société, à travers les stock-options par exemple. Puis, c'est naturellement un défenseur de la concurrence libre, avec une régulation faible, y compris sur les contrats de travail puisqu'en 2003, il proposait avec Olivier Blanchard, actuel économiste en chef du Fonds monétaire international, une fusion des CDI et CDD en un contrat unique progressif en matière de droits des salariés, afin d'éviter "des effets de seuil", empêchant les entreprises de convertir des CDD en CDI. Dans ce même rapport, les économistes proposaient une taxe de licenciement par les entreprises en lieu et place du financement de l'assurance chômage en fonction de la masse salariale.

Néanmoins, il peut estimer dans des cas de concurrence monopolistique (marché avec des entreprises concurrentes mais ayant un monopole sur une variété. Ex: Nike/Adidas), des bénéfices pour l'ensemble de l'économie; dans un contexte de coopération, qui serait favorable à l'innovation.

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