Quand les heurts incitent aux amalgames

Publié le par JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

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Une nouvelle manifestation contre le projet de loi travail s'est terminé par des affrontements entre "casseurs" et forces de l'ordre, en dépit d'un renforcement accru des services d'ordre des syndicats pour l'occasion. Le tout avec une mobilisation loin d'être forte.

La mobilisation contre le projet de loi travail a du mal à retrouver du souffle. Que ce soit les données de la police (11.000) ou de la CGT (55.000), la manifestation qui s'est déroulée dans Paris, ce mardi 17 mai, a rassemblé autant de monde - à peu de choses près - que lors de celle du 12 mai dernier. Est-ce un signe de lassitude de la part d'anciens manifestants lié au passage en force gouvernemental avec l'utilisation de l'article 49.3, ou plutôt par rapport aux scènes de violence devenues fréquentes durant les dernières manifs? La vérité semble se trouver à mi-chemin.

Excitation de toutes parts

Et pourtant, le scénario de heurts entre "casseurs" et forces de l'ordre (police, gendarmerie), tel qu'il se répète depuis le 28 avril, desservant profondément le mouvement social, semblait parti pour être limité, voire même évité dans le rassemblement parisien. En effet, les Black Blocks ou les Autonomes, souvent dévisagés comme "casseurs", n'étaient pas totalement en tête de cortège, face aux CRS, devancés en cela par certains services d'ordre et une tête de cortège composée des leaders syndicaux ayant appelé à manifester. D'ailleurs, au début du parcours, de la place de l'École Militaire à la gare de Montparnasse, tout se déroulait tranquillement, hormis la nervosité palpable d'officiers CRS sur des charbons ardents.

La bascule eut lieu sur le boulevard de Montparnasse. D'abord, la tête de cortège avançait au pas des forces de police devant elle, un peu trop vite au goût de certains radicaux, qui s'arrêtèrent, ayant aperçu des CRS positionnés sur la rue Péguy (6e arrondissement). Du coup, un espace s'est formé entre la tête de cortège et les autres manifestants, et les "casseurs" en profitèrent pour s'échanger des amabilités avec les CRS qui envoyèrent des réponses plus que proportionnelles (pétards vs grenades). Après une bonne dizaine de minutes, la marche semblait continuer sereinement quand à l'intersection entre le boulevard de Montparnasse et le boulevard Raspail (14e arrondissement), les choses s'envenimèrent. Les "casseurs", échaudés et voulant en découdre, envoyaient des pétards, de la pierre, des bouteilles, voire un ou deux cocktails Molotov vers les gendarmes fermant l'accès à la partie nord du boulevard Raspail, étant prévue par les manifestants afin d'atteindre au plus près l'hôtel Matignon. En réponse, du gaz lacrymogène fut massivement envoyé, plongeant le quartier dans un nuage bien épais quelques minutes. Plus tard, un journaliste de BFMTV, relatant les faits et expliquant que l'ultra-majorité des manifestants est loin d'être assimilable aux "casseurs", eut droit à une discussion houleuse mais non-violence avec quelques manifestants, étant donné la réputation sulfureuse de cette chaîne d'information en continu.

Gazage massif

Une fois arrivés à la place Denfert-Rochereau, les manifestants pensaient pouvoir se détendre, après des jets de gaz lacrymogène par les forces de l'ordre dans le boulevard Raspail. Mais quelques minutes après l'arrivée de la tête de cortège sur la place, des envois de grenades lacrymogènes furent intensivement envoyés, de même que les CRS ont chargé sur les manifestants à plus d'une reprise.

Face à cela, qu'on fait les services d'ordre des syndicats, pourtant déployés en masse, avec des battes de base-ball pour certains? Bloquer l'avancée de la marche vers Denfert-Rochereau, alors que la tête de cortège et certains ballons étaient partis sur le côté. En particulier le service d'ordre de la CGT, tenant à rester sur le boulevard Raspail, irritant même des cégétistes! Il n'est pas étonnant, en vérité, d'entendre un slogan comme "SO collabo" jaillir de la bouche de plusieurs centaines de manifestants, assez déçus de ce genre de comportement.

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