Quand une défaite de l'Allemagne sert d'exutoire

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Capture d'écran
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À la suite de l'élimination surprise de l'Allemagne au premier tour de la Coupe du monde, les réseaux sociaux se sont enflammés, notamment en France avec des tweets de membres de la France insoumise, dont Jean-Luc Mélenchon, qui sont vus comme de la germanophobie manifeste. Au-delà de ça, c'est une remise en question que se doit d'opérer le foot allemand.

Il faut croire que toute occasion est bonne pour Jean-Luc Mélenchon pour tirer à boulets rouges sur l'Allemagne. Le député de la France insoumise (FI), candidat à l'élection présidentielle de 2017, s'est fendu d'un tweet pour exprimer sa "joie pure" sur l'élimination de l'équipe d'Allemagne de foot, après sa défaite contre la Corée du Sud, lors du dernier match de poule de la Coupe du monde de football en Russie, mercredi 27 juin. Une sortie coordonnée puisque d'autres membres de la FI - Manuel Bompard, Bastien Lachaud -, ont également balancé un message se réjouissant de l'élimination de la Mannschaft, tout en faisant de la récupération politique. D'ailleurs, si Bompard a maintenu son tweet, Lachaud l'a effacé. Un signe d'hypocrisie sans doute.

Populisme pour les nuls

Ces réactions où le mélange entre sport et politique se fait est vu - à raison -, comme un exutoire crasse, et dans le cas particulier de la FI, comme une expression germanophobe et populiste afin de flatter les plus bas instincts. Le problème est que ces commentaires se mêlent à ceux de personnes qui se contentaient en fait de se moquer de cette défaite de l'Allemagne. D'ailleurs, je tiens à dire, cher(e)s lecteurs/lectrices, que cette élimination de l'Allemagne n'est pas forcément pour me déplaire. Cependant, il n'est pas question pour moi de verser dans de la germanophobie et de m'en prendre par ce biais à la politique de la chancelière Angela Merkel. Pour ma part, je sépare les deux mais de nos jours, avec les réseaux sociaux, les mélanges de genres sont légion, réduisant la capacité de faire une fine analyse.

Pour en revenir à un angle politique sur cette histoire, cela ne va pas jouer en faveur de la FI, tant sa stratégie populiste dite de gauche - on se demande ce qu'il y a de gauche dedans d'ailleurs -, tend à la faire passer pour un mouvement sectaire, ce dont s'en défendent plusieurs insoumis, et que Mélenchon prend la figure inverse de Jean Jaurès, alors que le député des Bouches-du-Rhône se réfère à cette figure historique du socialisme en France depuis des années.

Auto-critique en Allemagne?

Si on en revient au cadre footballistique, cette élimination est une surprise absolue, dans la mesure où c'est la première fois depuis 1938 qu'elle ne passe pas le cap du premier tour d'une Coupe du monde. Et ce d'autant plus qu'elle était l'équipe championne du monde en titre et par conséquent, parmi les favoris pour le titre mondial. C'est un événement historique pour le football allemand, qu'on se le dise! Ce qu'on peut y lire, par-ci, par-là, c'est que c'est une défaite de la génération de Sami Khedira, Mezut Özil, Manuel Neuer, Matts Hummels, Mario Gómez, Jérôme Boateng, qui avait triomphé quatre ans auparavant et qui a (plutôt) mal vieilli. C'est une défaite pour l'entraineur Joachim Löw, en place depuis 2006 et qui à chaque compétition internationale (Coupe du monde, Euro), avait emmené l'Allemagne au moins en demi-finale. Signe d'une régularité extraordinaire qui doit forcer le respect, ce dont des insoumis ont oublié sans doute.

Mais quelles seraient les raisons de cet échec? Si on lit les propos de l'ancien gardien allemand Oliver Kahn dans Le Parisien, il y a l'incapacité des joueurs à répondre aux attentes de l'entraineur, de même que Löw devrait se remettre en question, mais aussi la baisse du niveau du championnat allemand (Bundesliga), mesurable par le parcours européen des clubs outre-Rhin sur la saison écoulée, selon Kahn. Cela étant, l'Allemagne a déjà connu ce genre de péripétie. Elle s'était faite éliminer de l'Euro 2000 dès le premier tour, poussant ainsi un Lothar Matthäus à la retraite, et la remise en question qui s'était opérée, en suivant ce que faisait la France, championne du monde en 1998 et d'Europe en 2000, permit à la Mannschaft de finir en finale de la Coupe du monde 2002. Donc, il ne faut surtout pas enterrer la capacité de réaction du foot allemand dans les années à venir.

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