L'OM fait rire ses adversaires, pas ses supporters!

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/BiggyBoyzz

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Après l'avortement du transfert de Mario Balotelli, des questions se posent sur la capacité de l'Olympique de Marseille à attirer des joueurs de renom, de même qu'il serait bon de voir si la politique de formation progresse véritablement, tant c'est essentiel pour un club qui ambitionne de retrouver le sommet national et européen dans les prochaines saisons.

À une semaine de la fin de la période estivale des transferts en France, la politique de recrutement du côté de l'Olympique de Marseille (OM) questionne. Pour l'instant, deux seules recrues sont à comptabiliser. Celle, effective, du défenseur central croate Duje Caleta-Car, finaliste lors de la Coupe du monde avec sa sélection; puis celle de l'ailier gauche serbe Nemanja Radonjic, qui sera officielle le 30 août prochain. Si ces deux jeunes joueurs (21 et 22 ans) sont prometteurs, selon plusieurs observateurs, leur arrivée peine à masquer un souci dans la capacité pour l'OM à renforcer son effectif. Et ce, d'autant plus que le club phocéen se doit d'accéder au podium, pour jouer la Ligue des champions, car dans le cas contraire, les finances en pâtiraient et obligeraient la direction du club, autour de l'actionnaire majoritaire Frank McCourt et du président Jacques-Henri Eyraud, de mener une politique d'austérité symbolisée par le slogan "vendre avant d'acheter".

Communication bancale

Une telle extrémité refroidirait encore plus la relation de la direction avec les supporters phocéens, qui font quand même preuve de patience quand on y songe. Mais les irritations sur la communication bancale du club durant ce mercato estival sont présentes. Dernier exemple en date, l'échec du club à pouvoir recruter l'attaquant italien Mario Balotelli. Ce dernier, ayant pourtant un bon de sortie de la part de l'OGC Nice, est finalement resté dans ce club, faute d'un accord sur le montant du transfert selon la direction de l'OGC Nice, mais selon Eyraud, qui mena ce dossier, avec le directeur sportif Andoni Zubizarreta depuis quelques mois, c'est plus la question du contrat qui a fait capoter l'affaire, vu que Balotelli et son agent, Mino Raiola, exigeaient un an de contrat, alors que l'OM voulait faire signer l'attaquant italien pour trois ans. Et dans un entretien accordé au journal l'Équipe, le président olympien affirme que le recrutement d'un attaquant du niveau de Balotelli n'était pas une priorité en soi.

De quoi se dire, aux yeux des supporters olympiens, qu'il y a du foutage de gueule, étant donné que l'entraîneur Rudi Garcia avait insisté pour le recrutement de Balotelli et que des joueurs de l'OM tels Florian Thauvin, Adil Rami ou Steve Mandanda, faisaient des appels du pied quand des journalistes leur posaient la question sur le sujet. Puis, Eyraud, qui répétait à l'envie, au moment son arrivée au club, un proverbe marseillais: "dire, c'est faire rire. Faire, c'est faire taire", il ferait bien de l'appliquer car vu comment agit la direction du club, ça dit des choses, mais c'est surtout dans le risque de faire rire ses adversaires.

Recrutement en urgence?

Si ce n'était seulement que la question d'un renard des surfaces réputé efficace devant le but, la pilule pourrait passer chez les supporters. Le problème est que cette question se pose depuis deux saisons. L'été dernier, la direction avait échoué dans cette quête et avait recruté en urgence l'attaquant grec Kostas Mitroglou, alors qu'il était blessé. Et tout porte à croire que cette leçon n'a pas été apprise, au grand dam de supporters qui sont mis sur les nerfs vu combien la question de l'efficacité devant le but a fait défaut lors des grands matchs de Ligue 1 (PSG, Monaco, OL) la saison passée, ainsi que la capacité à bien défendre. Et avec le départ d'André-Franck Zambo Anguissa, il faudra également trouver un milieu de terrain pouvant épauler, voire suppléer Luiz Gustavo, qui a été si précieux la saison passée et dont l'absence était préjudiciable (0 victoire quand le milieu brésilien ne jouait pas). Du coup, des noms circulent comme ceux du brésilien Ramires, qui s'orienterait finalement vers Benfica, du néerlandais Kévin Strootman, que Garcia eût sous ses ordres à l'AS Rome, ou de l'italien Claudio Marchisio, mais tout cela se fait dans l'urgence.

Une autre solution serait de promouvoir des joueurs issus du centre de formation de l'OM. Dans l'interview qu'il a accordée à l'Équipe le 10 août, McCourt indiquait les progrès de l'OM en matière de formation, faisant référence au classement des centres de formation 2018, où l'OM affiche des progrès, en raison notamment de la présence de plus en plus régulière de deux "minots", Maxime Lopez et Boubacar Kamara dans l'équipe première. Cela étant, ça reste court. N'y aurait-il pas un minot capable d'évoluer au poste de Luiz Gustavo, avec le brésilien à ses côtés, ni un minot attaquant qui pourrait concurrencer Mitroglou et Valère Germain à ce poste? Ça semble ne pas être le cas et ça montre combien cette faiblesse historique pour l'OM qu'est son centre de formation, comparé à ceux de l'OL - la référence en la matière en France -, de Monaco et même du PSG. Or, pour redevenir le grand club français capable de soulever la Ligue des champions, l'OM doit rattraper ses adversaires en matière de formation. En tout cas, l'actuelle direction du club en est consciente et mène une politique active à ce sujet, à travers des accords passés avec des clubs amateurs locaux sur Marseille et ses environs.

En tout cas, si les supporters olympiens aiment dire "on ne craint dégun", pour l'instant, certains d'entre eux, fatalistes, font remarquer que "dégun ne nous craint".

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