Au revoir Tokyo

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/France Olympique

Photo: Flickr/France Olympique

Au sortir des Jeux olympiques de Tokyo, qui resteront particuliers, la rivalité États-Unis/Chine promet de durer dans le temps tant les deux puissances géopolitiques voudront dominer le sport mondial. Ailleurs, la France ressort mitigée de ces JO, devenant vite réfléchir pour trouver des solutions à l'approche des JO de 2024 à Paris.

Il est assez déconcertant d'écrire un billet qui tente de faire un bilan des Jeux olympiques de Tokyo, tant ces jeux ont eu du mal à être emballants, probablement en raison d'un huis clos quasi général, en raison du contexte sanitaire. Mais ce serait bien malhonnête d'affirmer qu'il n'y aurait rien à dire de ces JO car des réflexions peuvent être trouvées.

Rivalité États-Unis/Chine

Si aux JO de Rio en 2016, la domination des États-Unis était manifeste (121, dont 46 en or), avec une large avance sur le second, i.e la Grande-Bretagne (67 médailles dont 27 en or), un resserrement manifeste s'est opéré puisque les États-Unis n'ont eu que... 113 médailles (dont 39 en or) contre 88 médailles (dont 38 en or) pour la Chine. D'ailleurs, jusqu'au dernier jour des JO, c'était la Chine qui était en tête du classement des médailles car ce sont les médailles d'or qui priment et que Washington a obtenu trois titres olympiques supplémentaires pour pouvoir supplanter sur le fil Beijing. Signe que la rivalité entre les deux puissances mondiales s'élargit dans le monde du sport et semble être bien partie pour durer, à l'instar de ce que fut la rivalité géopolitique et sportive entre les États-Unis et l'Union des républiques socialistes soviétiques du temps de la guerre froide.

Effet pays organisateur

Le troisième pays dans le classement des médailles n'est autre que le Japon, organisateur de ces JO sous Coronavirus, avec 58 médailles dont 27 en or. De quoi se dire qu'il y a un effet pays organisateur vu que l'empire du Soleil levant n'avait que 42 médailles dont 12 en or à Rio. Et encore, cet effet a été limité par le huis clos imposé pour raisons sanitaires. Il y a de quoi imaginer un bien plus grand nombre de médailles côté nippon, où c'est notamment le judo, sport national, qui a boosté (12 médailles dont 9 en or). Ce qui peut donner de l'espoir pour la France, qui organisera les Jeux olympiques en 2024 à Paris.

Mi-figue, mi-raisin

Justement, à propos de la France, il y a de quoi être mi-figue, mi-raisin. D'un côté, il y a eu 33 médailles, dont 10 en or, pour la délégation française, talonnée par l'Italie, triomphante en athlétisme avec le titre du 100m pour Marcell Jacobs et le relais 4x100m. En tout cas, ça fait neuf médailles de moins qu'il y a cinq ans. En raison notamment de sports individuels qui ont eu des contrecoups, tels l'athlétisme ou la boxe, repartant avec une médaille d'argent pour le décathlonien Kevin Mayer et zéro médaille en boxe, alors que ces deux sports avaient glané six médailles chacun à Rio. Peut-être que le renouvellement générationnel tarde à se faire, notamment en athlétisme où la jeune génération est encore tendre, je dirais.

De l'autre côté, des sports comme le judo et l'escrime, traditionnels pourvoyeurs de médailles tricolores, ont tenu la baraque avec huit et cinq médailles chacun, dont deux titres olympiques chacun. Le judo français confirme qu'il est, après le Japon, l'autre place forte du judo mondial, au point que l'épreuve mixte par équipes, inédite aux JO, a été remportée par la France aux détriments du... Japon, sur le terrain de ces derniers. Quant à l'escrime, c'est la confirmation d'un retour au premier plan après le zéro pointé des JO de Londres 2012 et les trois médailles de Rio 2016, sachant que l'escrime a apporté la première médaille d'or française avec Romain Cannone à l'épée individuelle à la surprise générale vu qu'il n'était pas prévu qu'il fasse l'épreuve individuelle et qu'in fine, il est devenu le premier épéiste français champion olympique en individuel depuis Éric Srecki aux JO de Barcelone en 1992.

Enfin, comment ne pas évoquer les sports collectifs? Si on fait exception du football masculin, véritable tâche sur ces JO côté français, chaque sport collectif, masculin ou féminin, comptant une équipe de France est reparti médaillé (ou presque, si on compte la quatrième place de l'équipe de France féminine de Basket 3x3). Le bronze pour l'équipe de France féminine de Basket; l'argent pour l'équipe de France féminine de Rugby à 7, l'équipe de France masculine de Basket; l'or pour l'équipe de France masculine de Volley-ball et les équipes de France de handball. Et dans ce dernier cas, tant masculin que féminin, il s'agit à chaque fois d'une revanche sur 2016 car les Français battirent les Danois qui leur avaient privé de titre olympique à Rio et les Françaises en firent tout autant envers les Russes qui s'étaient emparées du titre à Rio.

De quoi penser une réflexion plus collective afin de glaner 80 médailles, objectif démesurément affiché au moment de l'attribution des JO 2024 à Paris, en 2017. Notamment pour des sports où une nouvelle génération doit encore s'affirmer - athlétisme, boxe, cyclisme, natation, tennis, canoë-kayak, etc. -.

Mondialisation du sport?

Cet objectif de 80 médailles françaises pour 2024 semble d'autant plus démesuré que le sport de haut niveau s'est tout de même mondialisé. En atteste l'athlétisme avec le triomphe de la vénézuélienne Yulimar Rojas au triple saut, battant par ailleurs le record du monde de la discipline, la Norvège en athlétisme, notamment Karsten Warholm, champion olympique et recordman du monde du 400m haies ou le Kosovo glanant deux titres olympiques en Judo par exemple. De manière plus générale, 93 pays ont glané au moins une breloque lors de ces JO, contre 86 lors des JO de Rio (et de Londres). Même s'il s'agit de moins de la moitié des pays représentés aux JO qui arrivent à obtenir une médaille, la tendance va tout de même à une mondialisation du sport, même si, pour l'instant, les pays développés restent ceux qui trustent les plus prestigieuses médailles.

On verra dans trois ans ce qu'il adviendra, à Paris.

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