Un avenir à construire pour l'OM

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Twitter

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À l'issue d'une saison longue et finalement bien terminée avec la deuxième place au championnat, synonyme de qualification en Ligue des champions, l'Olympique de Marseille se soulage et retrouve un statut plus digne de son histoire. Reste encore à la direction du club de peaufiner l'effectif pour continuer à jouer le podium l'an prochain tout en faisant bonne figure en Ligue des champions.

Au moins, Jorge Sampaoli et les joueurs olympiens ont évité de faire un scénario analogue à celui de la saison 2017-2018, en permettant à l'Olympique de Marseille (OM) d'être deuxième du championnat, derrière l'intouchable mais friable Paris Saint-Germain, et devançant l'AS Monaco au bout de la 38e et dernière journée de Ligue 1 2021-2022, le weekend dernier. Ce qui permet de dire que le chantier olympien, relancé une nouvelle fois à l'issue de la saison 2020-2021, a été bien avancé grâce au travail du président Pablo Longoria et à celui de l'entraîneur Sampaoli.

Soulagement vs irritation

On peut le dire, c'est quand même un soulagement de voir l'OM sur le podium, bien que sur l'ensemble de la saison, il était logique que cette deuxième place soit acquise car le club a fait moins d'erreurs, a laissé moins de points en route que ses adversaires. J'écris en ce sens-là parce que malgré tout, la saison qui vient de s'achever n'a pas été un long fleuve tranquille pour les phocéens, affichant des moments de maîtrise mais aussi des moments d'ennui parfois transformés en défaites honteuses. Le nombre de points perdus à domicile, devant un stade Vélodrome attirant en moyenne plus de 55.000 supporters, a été de 25 durant la saison, soit cinq matchs nuls et cinq défaites. Ce qui est intolérable pour un club comme l'OM dans son jardin. Il y a l'opportunité manquée d'aller une coupe de France en se faisant humilier à Nice, quelques mois après l'envahissement du terrain par des supporters niçois voulant s'en prendre aux joueurs olympiens, notamment Dimitri Payet. Ou encore le parcours européen, basculant de la Ligue Europa à la Ligue Europa conférence et une demi-finale regrettable face au Feyenoord Rotterdam, laissant filer l'opportunité d'un trophée européen.

Mais de bonnes choses sont à retenir. D'abord, un certain rebond mental des joueurs, qui ont cru en cette deuxième place pour la reprendre lors de la dernière journée, après avoir glissé à la troisième place suite à une défaite à Rennes lors de la précédente journée. Ensuite, un sens de la remise en question chez Sampaoli, notamment après la défaite à domicile contre le RC Lens, estimant que le jeu de possession n'est plus une arme offensive mais en premier lieu une arme défensive pour ne pas encaisser de but. Ce qui a été assez efficace en termes de résultats, notamment à l'extérieur - meilleure équipe de L1 à l'extérieur -, mais au prix d'un plan de jeu peu emballant et peu en phase avec la devise du club "Droit au but"

Recrutement malin

Face aux exigences de recrutement importantes de Sampaoli et les contraintes budgétaires imposées par l'actionnaire Frank McCourt, Longoria a dû jongler pour opérer un recrutement malin l'été dernier, avec notamment les prêts avec option d'achat de Mattéo Guendouzi, de Pau Lopez, de Cengiz Ünder, sans oublier les prêts sans option d'achat de William Saliba et d'Amine Harit, ni les transferts de Gerson, de Luan Peres ou de Pol Lirola à l'été, plus ceux de Cédric Bakambu et Sead Kolasinac à l'hiver. Et la majorité ces recrues ont été d'un apport considérable durant la saison. Des exemples? Gerson, dont le transfert à 22 millions d'euros a fait beaucoup parler car recrue absolument désirée par Sampaoli, a connu un début de saison compliqué mais à partir de décembre, a fini par justifier les attentes placées en lui, finissant la saison avec neuf buts et quatre passes décisives en championnat - plus deux buts et quatre passes décisives dans les coupes d'Europe -. Ce qui, pour un milieu de terrain, est très bon, voire excellent et que c'est la meilleure saison de sa (jeune) carrière pour le Brésilien de 25 ans. Pareillement pour le milieu offensif turc Ünder, avec 10 buts - dont celui de la victoire à Bordeaux, mettant fin à 44 ans d'absence de victoire de l'OM chez les Girondins - et deux passes décisives en L1 (+ trois buts et trois passes décisives dans les coupes d'Europe et en coupe de France). Ou encore Guendouzi, qui a fait une saison de marathonien, lui permettant d'ailleurs d'être sélectionné en équipe de France, tout comme Saliba, qui a impressionné les observateurs au sein de la défense centrale olympienne, qui a été plus solide qu'espéré, en raison du plan de jeu concocté par Sampaoli notamment. Mais certains joueurs suscitent des interrogations, tels Kolasinac, Lirola - méconnaissable par rapport à la saison précédente -, Konrad de la Fuente ou encore Bakambu, qui n'a pas été totalement efficace devant les filets (quatre buts, tous en L1).

Recrutement et/ou promotion?

Étant qualifié pour la Ligue des champions, l'OM peut avoir une marge de manœuvre financière moins étroite qu'il y a un an, même si la manne correspondant à la participation à la Ligue des champions (35 à 50 millions d'euros) va en bonne partie servir à réduire le déficit chronique du club. Mais l'exigeant Sampaoli voudra recruter pour ne pas faire de la figuration en Ligue des champions. Encore une fois, Longoria devra se montrer malin pour recruter et vu le travail effectué précédemment, il y a de quoi avoir confiance envers le président de l'OM, sachant qu'il y a un secteur où il faut renforcer, c'est la défense. Négocier un nouveau prêt de Saliba, avec option d'achat cette fois-ci, compter sur l'arrivée de Samuel Gigot, préparée durant l'hiver dernier, remplacer un éventuel départ de Duje Caletar-Car pour éviter de le laisser partir libre l'an prochain, trouver un concurrent à Lirola sur le côté droit, ainsi qu'à Kolasinac et Peres sur le côté gauche. Mais surtout, avoir un milieu défensif compensant le départ de Boubacar Kamara, qui a quitté libre son club formateur pour Aston Villa. De même que renforcer le banc de joueurs offensifs, pouvant suppléer et concurrencer Arkadiusz Milik, Bakambu et Bamba Dieng, comme Mohamed-Ali Cho par exemple.

Mais tout cela est dans la perspective de pouvoir recruter durant l'été car l'OM est sous la menace d'une interdiction de recrutement durant un an en raison du transfert de Pape Gueye à l'OM en 2020, alors que l'ancien havrais devait initialement rejoindre Watford mais dont il a cassé le contrat et qu'il serait question de savoir si le club phocéen était au courant (ou non) au moment de l'avoir recruté. Si jamais cette épée de Damoclès devait tomber, il faudrait prévoir la promotion de minots du centre de formation en équipe première. Ce qui ne colle pas tellement avec l'esprit de Sampaoli, qui tient à avoir une bonne quantité de joueurs expérimentés dans l'effectif, laissant ainsi peu de place pour des minots de s'aguerrir. Et le départ de Kamara est un coup dur car il a symbolisé, ces dernières années, le centre de formation de l'OM.

En tout cas, vivement la saison prochaine!

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