Risque de s'endormir dans les grandes profondeurs à l'OM?

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP

Photo: AFP

Igor Tudor, entraîneur du club marseillais depuis un mois, suite au départ de Jorge Sampaoli, suscite la crainte pour les supporters, estimant que le fond de jeu proposé peine à être efficace, laissant présager une saison catastrophique, notamment avec le parcours en Ligue des champions.

La saison 2022-2023 de Ligue 1 va se lancer durant ce premier weekend du mois d'août. Si on ne s'attend pas à un bouleversement dans la lutte pour le titre, le Paris Saint-Germain restant mieux armé que les autres, l'intérêt est surtout sur les deux autres marches du podium, donnant accès directement (ou indirectement en cas de troisième place) à la Ligue des champions. En cela, entre l'Olympique lyonnais, l'Association sportive de Monaco, le Lille olympique sporting club, le Stade rennais et l'Olympique de Marseille, c'est un fort enjeu sportif et financier que d'arriver sur le podium à l'issue de la saison.

Dans l'œil du cyclone

"Heureusement qu'on s'est directement qualifié pour la Ligue des champions", doivent se dire plusieurs supporters olympiens à l'approche de la nouvelle saison. Cette réflexion est liée à la crainte d'une absence de fond de jeu de la part d'Igor Tudor, nouvel entraîneur de l'OM, remplaçant début juillet Jorge Sampaoli, qui a quitté le banc marseillais notamment en raison de la politique de recrutement menée par la direction du club en cette période estivale de transferts, avec des échecs en la matière comme le non-recrutement du milieu de terrain belge Axel Witsel par exemple. Et vu le bilan des matchs de préparation - 1 victoire, 3 défaites, 1 nul -, il n'y a pas de quoi s'enthousiasmer. Et si on ajoute des tensions au sein de l'effectif par rapport aux méthodes d'entraînement du coach croate - Gerson, Cengiz Ünder, Dimitri Payet, Mattéo Guendouzi, etc. -, des joueurs non utilisés en match - Bamba Dieng -, un entraîneur adjoint - en l'occurrence Mauro Camoranesi - qui quitte son poste une semaine après son arrivée, un changement radical de plan de jeu, désormais basé sur le pressing à haute intensité, il en ressort une atmosphère lourde et très méfiante à l'égard de Tudor, au point que Payet ait demandé à voir le président Pablo Longoria pour faire part du ressentir des joueurs.

D'ailleurs, Tudor a été choisi par Longoria pour remplacer le plus vite possible Sampaoli. Un choix qui met le président, avec l'entraîneur, dans l'œil du cyclone et certains supporters estiment qu'il a perdu de la crédibilité dans cette histoire. Alors, il est forcément au soutien du coach dans cette zone de turbulences, rappelant qu'il faut s'inscrire dans la durée et non pas voir à court terme seulement. Néanmoins, avec les matchs de Ligue des champions en septembre, la crainte demeure. Et ce d'autant plus que les deux dernières fois que l'OM y a participé, les résultats étaient catastrophiques. Ce que les supporter n'ont pas oublié et ne veulent pas revivre une fois de plus.

Serrer la vis

Comment être arrivé à cette situation tendue au sein du club? Pour certains, c'est du côté de Frank McCourt qu'il faut regarder. La qualification directe en Ligue des champions, à l'issue de la toute fin de la saison dernière, n'a pas poussé le propriétaire étasunien à sortir le chéquier. Au contraire, pour lui, il est désormais question de serrer la vis, d'opérer un virage austéritaire pour commencer à espérer obtenir un début de retour sur investissement. Ce qui conduit Longoria à faire preuve d'ingéniosité pour convaincre des joueurs de venir à l'OM. Jusqu'à présent, le recrutement effectué - Isaak Youré, Samuel Gigot, Chancel Mbemba, Jonathan Clauss, Luis Suárez, plus les prêts de Rubén Blanco et Nuno Tavares - n'est pas foncièrement raté et que d'autres recrues pourraient arriver - Jordan Veretout, Alexis Sánchez -. Néanmoins, il est question de vendre et force est de constater que l'OM ne sait plus bien vendre depuis l'époque de Pape Diouf, ou bien au moment de la cure d'austérité de la part de Vincent Labrune en 2015-2016. Steve Mandanda a été libéré de ses deux dernières de contrat. Luan Peres est transféré au Fenerbahce pour environ cinq millions d'euros, soit à peine plus que lors de son arrivée à l'OM, un an auparavant.

En agissant de la sorte, l'affairiste yankee se comporte comme les États européens après la crise de 2008-2009, où après une phase initiale de plan de relance, ils ont vite fermé les vannes dès que la situation tendait à s'améliorer, brisant finalement la dynamique favorable qui se présentait et aggravant un déficit qu'ils pensaient éviter par une politique d'austérité. À croire que McCourt s'est bien européanisé, lui qui a pourtant bien vu comment l'État fédéral étasunien a grandement appuyé la relance économique pour, à moyen terme, réduire un peu la voilure en s'assurant de la solidité de la relance opérée initialement. Et là, ce que vit l'OM actuellement correspond à ce cas de figure car la qualification directe en Ligue des champions a permis de réduire le déficit du club - de 76 millions d'euros à 38 millions d'euros selon l'Équipe pour la saison dernière -, mais entrer dans une logique austéritaire alors que le club n'est pas totalement bien structuré - pensez centre de formation -, c'est fort probablement encore retarder la possibilité, pour McCourt, d'espérer s'y retrouver à bon compte.

C'est dire si se qualifier pour la Ligue des champions une deuxième année de suite fera beaucoup de bien au club.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article