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JoSeseSeko

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"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Cette phrase résume une recherche de vérité, de développer de l'information sur une variété de sujets, notamment l'économie, la politique et l'histoire. Et ce, dans plusieurs pays du monde.


Verstappen et les autres

Publié par JoSeseSeko sur 31 Juillet 2023, 17:10pm

Catégories : #Sport, #Formule 1, #Verstappen, #Red Bull, #Perez, #Alpine

Photo: Flickr/Sly Fox

Photo: Flickr/Sly Fox

La domination de l'écurie Red Bull d'une part, et du pilote Max Verstappen d'autre part, ne laisse pas de place pour le suspense au niveau des titres. Et pourtant, les écarts entre les autres écuries du paddock sont resserrés, mais certains comme chez Alpine n'en tirent pas profit.

"Et à la fin, c'est Verstappen qui gagne!" On se plaignait de la domination outrancière de Mercedes et de Lewis Hamilton, mais avec la nouvelle réglementation en place depuis 2022, faisant la part belle à l'ingéniosité en matière d'aérodynamique, Red Bull(-Honda) écrase littéralement la concurrence en cette première partie de saison 2023. 12 victoires en autant de Grand prix disputés jusque-là, dont 10 rien que pour le Néerlandais Max Verstappen, dont celle du GP de Belgique, dimanche 30 juillet, avant la pause estivale, devant son coéquipier mexicain Sergio Pérez.

Au-dessus du lot

Verstappen, double champion du monde en titre (2021, 2022), est on ne peut mieux parti pour aller chercher un troisième titre d'affilée. Il semble inimaginable, à l'heure actuelle, de voir un autre pilote être capable de rivaliser avec le pilote néerlandais. Y compris Pérez. Le pilote mexicain semblait bien lancé en début de saison, avec deux victoires sur les quatre premiers Grand prix de la saison et une montée en niveau pour rivaliser avec Verstappen. Mais depuis le GP de Miami, début mai, c'est une reculade en continu en raison notamment d'erreurs en séances de qualification qui plombent son horizon au moment du GP proprement dit. Et quelque part, un sentiment d'impuissance s'est installé chez lui, d'autant plus qu'il est de notoriété publique que Verstappen a les faveurs de la direction de l'écurie Red Bull. Pérez devra muscler son jeu et s'inspirer de Nico Rosberg quand ce dernier, en 2016, s'efforça mentalement à pouvoir battre Hamilton et à y arriver avec difficulté, au point qu'il annonça sa retraite à l'issue de cette année-là.

Et ce n'est pas chose aisée tant Verstappen ne laisse que des miettes auprès des ses adversaires. Au point que certains observateurs affirment que Verstappen, c'est de la Formule 1, et que les autres pilotes, c'est de la Formule 1.5, histoire de marquer l'écart que met Verstappen.

Qui derrière Red Bull?

Est-ce que cette domination écrasante de Red Bull(-Honda) rend la saison 2023 moins intéressante à suivre? Si on se contente de suivre par rapport à une lutte pour les titres pilotes et constructeurs, c'est vite ennuyeux. Mais si on se demande qui sera derrière l'écurie autrichienne au classement constructeurs, il y a une bonne de suspense. Si en tout début de saison, il semblait évident que ce serait Aston Martin(-Mercedes) qui aurait ce rôle, ce qui était en soi une grosse surprise par rapport à l'an dernier, mais une confirmation par rapport aux tests hivernaux d'avant-saison, l'écurie britannique connait depuis le GP du Canada une phase de recul. Plusieurs raisons à cela: la première est que l'écurie doit compter essentiellement sur Fernando Alonso pour marquer de gros points, voire être présente sur le podium. Le Canadien Lance Stroll, dont le père Lawrence Stroll est propriétaire de l'écurie, peine à se hisser au niveau du double champion du monde espagnol, notamment quand ce dernier alignait les GP sur le podium en tout début de saison. La deuxième est peut-être une course au développement moins efficace, dans le sens où les évolutions apportées sur la voiture ces derniers temps n'ont pas permis à Aston Martin de rester davantage aux avants-postes.

Enfin, troisième raison, c'est la course au développement plus efficace chez d'autres écuries. Notamment Mercedes et... Mclaren(-Mercedes). L'écurie allemande, qui était la référence dans les années 2010, n'a pas totalement perdu dans sa capacité à améliorer une voiture pas forcément bien née et arrive toujours à optimiser ses objectifs durant un GP. Ce qui n'est pas étonnant et le duo Lewis Hamilton/George Russell reste efficace pour aller chercher quelque podium par-ci, par-là. Mais du côté de chez McLaren, c'est une grosse surprise. Un début de saison catastrophique, avec une voiture ratée. Une nouvelle version apportée à partir du GP d'Autriche qui a fait des merveilles car sur les quatre derniers GP, l'écurie britannique a pu marquer de gros points, avec notamment le britannique Lando Norris montant sur le podium en Grande-Bretagne et en Hongrie. Si McLaren est cinquième au championnat constructeurs, sa dynamique actuelle en fait la deuxième force du plateau. À voir si la deuxième partie de saison confirme ce retour aux avants-postes de l'une des écuries les plus prestigieuses du paddock.

Alpine fait couper des têtes!

La situation de McLaren(-Mercedes) serait fortement enviable chez Alpine(-Renault). L'écurie française, qui avait pour objectif de conforter la quatrième place au championnat constructeur acquise l'an dernier et de se rapprocher de Red Bull(-Honda), de Ferrari et de Mercedes, a loupé sa première partie de saison. Ce qui a conduit à l'explosion au sein de l'écurie au A fléché, avec dans un premier temps, les déclarations assassines de Laurent Rossi, PDG d'Alpine, à Miami début mai, parlant publiquement de "dilettantisme" dans l'écurie et menaçant la direction de l'écurie d'une valse de départs en l'absence de résultats probants. Le podium du Français Esteban Ocon à Monaco a fait illusion un temps, mais l'absence de rythme, des évolutions peu probantes, plus des faits de course malheureux (accrochages, y compris entre Ocon et Pierre Gasly, coéquipier et compatriote), ont conduit à une charrette digne du 10 Thermidor - jour de l'envoi à la guillotine de Maximilien Robespierre -, où la direction de Renault, maison-mère d'Alpine, a appliqué les menaces indiquées par Rossi tantôt. Mais ce dernier en fut la première victime, durant le weekend du GP de Hongrie. Et une semaine plus tard, au début du weekend du GP de Belgique, c'est l'annonce des renvois d'Otmar Sznafnauer (directeur d'écurie), d'Alan Permane (directeur sportif), plus le départ de Pat Fry (directeur technique), sachant que ce dernier rejoindra l'écurie Williams l'an prochain.

Derrière ces départs, une restructuration où le pôle châssis, basé à Enstone (Royaume-Uni), a perdu face au département moteur basé à Viry-Châtillon (France). Permane était un pilier de la branche anglaise de l'écurie depuis 1989! Et au vu de ses déclarations sur les évolutions apportées par Alpine d'une part, et des retours sur son côté arc-bouté aux vieilles habitudes d'Enstone, le renvoi semblait inévitable. Tout comme Sznafnauer, qui paie les mauvais résultats du début de saison plus le retour de bâton de l'échec à garder soit Alonso, soit Oscar Piastri. Par contre, Bruno Famin, à la tête du pôle moteur, a été promu vice-président d'Alpine, en charge de toute la division sport de la marque (F1, WEC, Rallye-raid, etc.) et assure l'intérim en tant que directeur d'équipe.

Mais du coup, qui va se lancer dans ce panier de crabes qu'est Alpine et y mettre bon ordre pour les années à venir, tant l'instabilité semble être une seconde nature chez l'écurie française? Le nom de Mattia Binotto, ancien directeur d'écurie chez Ferrari, revient avec insistance ces derniers jours. Mais si cela devait être le cas, il serait préférable qu'il prenne la tête du département moteur à Viry-Châtillon car il est ingénieur motoriste de formation est reconnu pour ses qualités-là durant ses 25 ans passée chez l'écurie au cheval cabré. Ce qui tomberait à pic car le moteur Renault, considéré comme le plus faible parmi les quatre motoristes engagés dans la période actuelle - Honda, Mercedes, Ferrari, Renault -, souffrant d'un déficit de puissance de 20 à 30 chevaux. Or, depuis l'an dernier, les moteurs sont censés être gelés en matière de puissance et que seules des évolutions en matière de fiabilité sont autorisées par la FIA jusqu'en 2026, année d'application d'une nouvelle réglementation moteur. Et Christian Horner, directeur d'écurie chez Red Bull, vient à la rescousse du moteur Renault pour appuyer l'idée d'un rééquilibrage entre les motoristes (cf lien n°1). Ce qui est pour le moins ironique tant l'écurie autrichien et le motoriste français ont terminé avec fracas en 2018 leur histoire commune commencée en 2007. En tout cas, la Fédération internationale de l'automobile semble ouverte à cette idée. Mais il faut s'attendre à ce que Red Bull reçoive un renvoi d'ascenseur de la part de Renault (Alpine) à partir de 2026 en cas de problème avec Ford, qui sera le fournisseur moteur de Red Bull à ce moment-là.

En tout cas, la crise et la séquence de guillotine chez Alpine(-Renault) ont fait de la peine chez des anciens cadres de l'écurie française, mais les ont également poussé à être fortement critiques. L'ancien pilote Alain Prost, qui fut directeur non-exécutif dans l'écurie Renault (renommée Alpine depuis 2021) dézingue Rossi, le considérant comme un "dirigeant incapable qui pense pouvoir surmonter son incompétence par son arrogance et son manque d’humanité à l’égard de ses troupes" et dont le management, à partir de 2021, "a brisé l’élan qui avait été mis en place depuis 2016 pour arriver à ces podiums et cette victoire en Hongrie" (cf lien n°2). Cyril Abiteboul, ancien directeur de l'écurie Renault, souligne pour sa part un excès de confiance qui se mange un vilain de retour de bâton, mais également une incapacité du duo de pilotes Ocon/Gasly à être fédérateur (cf lien n°3). Ce qui laisse entendre qu'il faudrait une hiérarchie claire entre les deux pilotes français.

Toujours est-il qu'il y a du pain sur la planche, à tous les étages!

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