À l'approche de la dernière semaine de course, le cycliste slovène est bien parti pour remporter une quatrième fois le Tour, tant il a de l'avance sur son rival danois Jonas Vingegaard. Mais l'ennui ne risque pas de dominer la fin du Tour, avec la perspective de voir Kévin Vauquelin dans le top 5 du classement général final.
Le nouveau cannibale tient à faire sa moisson. Tel est l'état d'esprit quand on pense à Tadej Pogacar et à sa domination sur le Tour de France 2025. Il faut dire qu'il met à l'amende tout le monde, de la tête et des épaules, et que même une chute qui aurait pu être lourde de conséquences pour le champion du monde sur route et triple vainqueur de la Grande boucle lors de l'étape autour de Toulouse, mercredi 16 juillet, ne l'a pas gêné pour imposer son rythme. On peut dire qu'il a assommé le Tour le lendemain, dans la montée finale vers Hautacam, mettant notamment Jonas Vingegaard à 2'10" derrière. Et à la veille de la dernière semaine de Tour, le Slovène possède 4'13" d'avance sur le Danois et 7'53" sur l'Allemand Florian Lipowitz. Ce dernier découvre le Tour de France et profite de l'abandon du Belge Remco Evenepoel, malade, lors de l'étape Pau/Luchon-Superbagnères, pour se hisser sur le podium.
Plié d'avance?
Vu l'écart entre les deux principaux favoris à la victoire finale, il y a de quoi se dire que ce duel est déjà plié et qu'il va s'agir, pour Pogacar, de gérer les étapes dans les Alpes pour rester maillot jaune sur les Champs-Élysées. Mais les plus optimistes tiendront à souligner que c'est dans les Alpes que Pogacar serait moins à l'aise que Vingegaard en raison de l'altitude et qu'il n'est pas à l'abri d'y connaître une défaillance, comme lors du Tour 2023 où il ne put pas suivre Vingegaard sur le col de la Loze.
Et comme ce col est au programme cette année, Pogacar voudra prendre une revanche comme à Hautacam par rapport à l'édition 2022 où il fut dominé par Vingegaard. Toujours est-il que ces moments délicats pour le coureur slovène sont arrivés en troisième semaine. Ce qui peut donner une lueur d'espoir pour les observateurs souhaitant du suspense. Néanmoins, l'an dernier, Pogacar avait enchaîné les victoires d'étape dans la dernière semaine pour consolider définitivement sa victoire finale. À voir si Vingegaard se sentira mieux sur la dernière semaine, renversant une dynamique qui lui est pour le moins défavorable pour le moment. Et le fait que lors des autres étapes pyrénéennes (contre-la-montre Loudenvielle/Peyragudes et Pau/Luchon-Superbagnères), il perdit respectivement 36" et 4" - sans compter les bonifications -, peut inciter certains esprits à croire que la lutte pour la victoire finale ne serait pas finie.
Vauquelin, lueur tricolore
Mais pour ceux estimant que c'est plié au sommet du classement général, la lutte pour la dernière place du podium a de quoi saliver. De Lipowitz (troisième) à Primoz Roglic (sixième), il y a 2'41" d'écart. Cette lutte pourrait animer grandement la dernière semaine du Tour. Et ce, d'autant plus qu'il y a un Français qui s'y mêle. En l'occurrence, Kévin Vauquelin, actuellement cinquième, à 2'28" de Lipowitz. Une belle surprise, tant le coureur tricolore, plutôt décrit comme un puncheur, tend à muer en coureur complet, capable de bien rouler en contre-la-montre - cinquième du contre-la-montre autour de Caen; onzième du contre-la-montre Loudenvielle/Peyragudes - et de suivre les meilleurs en montagne. Vauquelin, qui cherchait, en début de Tour, à se tester pour voir jusqu'où peut-il aller et quelles limites peut-il repousser, semble prendre goût à figurer dans la lutte pour le classement général, et la perspective d'un podium pour sa deuxième grande boucle, alors que les observateurs du vélo s'attendaient à ce qu'il cherche des étapes, dans son style puncheur, proche de celui de Julian Alaphilippe.
Et puis, comme je l'ai écrit peu avant le début du Tour, il ne fallait pas s'attendre à grand-chose côté français. Par conséquent, voir Vauquelin dans la place où il est offre une éclaircie pour un cyclisme tricolore à la peine sur ce Tour car aucune victoire d'étape française n'a été répertoriée jusqu'à présent. À voir si Lenny Martinez, porteur du maillot à pois du classement de la montagne, peut aller chercher une étape - si Pogacar le permet! -, pour rendre l'horizon plus dégagé.
/image%2F0159913%2F20250721%2Fob_c029bf_6d79b.jpeg)