La domination de Tadej Pogacar depuis le début de l'année 2024 tend à rendre le coureur slovène grandissime favori pour le Tour de France 2025, partant de Lille, le 5 juillet. À moins que son rival danois, Jonas Vingegaard, soit en mesure d'inverser la dynamique, pouvant générer le suspense le plus longtemps possible.
Pogacar vs Vingegaard, épisode 5. Après la victoire du Slovène en 2021, le Danois prit le dessus en 2022 et 2023, avant une inversion en 2024, où Pogacar s'est montré insatiable, réalisant d'ailleurs le doublé Tour d'Italie-Tour de France. Une première depuis... Marco Pantani en 1998. Bref, les observateurs du cyclisme se sont habitués à ce duel à (haute) vitesse, quitte à réveiller de la part des deux coureurs le soupçon du dopage dans le peloton, tant certaines ascensions de cols dans les Pyrénées ou dans les Alpes se sont révélées plus rapides que celles faites par des coureurs des années 1990 et 2000 comme Pantani, Lance Armstrong ou Jan Ullrich, autrement dit, la génération EPO. Et au départ de ce Tour 2025 depuis Lille, avec un parcours qui sera plus classique sur la première semaine, avec des étapes de plat, bien à l'intérieur des terres ou à proximité des côtés, propices aux bordures, cela laissera les favoris bien au chaud dans le peloton avant une véritable explication dans les Pyrénées avec l'étape Auch/Hautacam le 17 juillet.
Suspense?
Toujours est-il que c'est Pogacar qui fait office de grandissime favori. Et pour cause, la majorité des courses à laquelle il a participé depuis 2024, il les a gagnées. Et le début d'année 2025 n'y déroge pas, avec les Strade Bianche, le Tour des Flandres, la Flèche Wallone, Liège-Bastogne-Liège ou encore le Critérium du Dauphiné Libéré. Sans oublier sa deuxième place à Paris-Roubaix qui a impressionné les observateurs tant cette classique ne correspond pas, a priori, à ses caractéristiques de grimpeur élancé. Pogacar se montre à l'aise sur tous les terrains. Puis il est entouré de coéquipiers solides au sein de l'équipe UAE comme le Portugais Pedro Almeida ou le Britannique Adam Yates qui sauront l'épauler dans les étapes de montagne.
En face, Vingegaard a subi la domination de Pogacar au Dauphiné Libéré et semble ne pas s'être totalement remis de la chute collective qu'il eut au Tour du Pays Basque en 2024. Néanmoins, le double vainqueur du Tour a un collectif bien huilé autour de lui au sein de la Visma, avec le Britannique Simon Yates - frère jumeau d'Adam Yates! -, le Belge Waout Van Aert ou les Étasuniens Matteo Jorgenson et Sepp Kuss. Par conséquent, au-delà du niveau individuel des deux favoris pour la victoire finale sur les Champs-Élysées, c'est la force collective qui déterminera grandement qui de Pogacar ou de Vingegaard sortira vainqueur.
On pourrait mettre un troisième larron dans cette lutte pour la victoire finale. En l'occurrence le Belge Remco Evenepoel. Après tout, il est un spécialiste des contre-la-montre et pourrait prendre du temps sur ces deux rivaux. Mais à l'instar de son Tour l'an dernier, il pourrait vite montrer ses limites dans la haute montagne, notamment dans les Alpes, et surtout le collectif Soudal Quick Step n'est pas aussi puissant que les autres équipes citées ci-haut. Ce qui montre combien le cyclisme, sport individuel s'il en est, a une dimension collective plus importante qu'il n'y paraît.
Miettes françaises?
Et au niveau français, dans tout ça? À moins d'un miracle, il ne faut pas s'attendre à ce qu'un coureur français soit porteur du maillot jaune sur les Champs-Élysées, 40 ans après la cinquième et dernière victoire de Bernard Hinault sur le Tour, dernier coureur français vainqueur du Tour de France. Au mieux, une place dans le Top 10, avec Guillaume Martin. Mais l'essentiel sera d'obtenir des victoires d'étapes. Avec des coureurs comme Kévin Vauquelin ou Lenny Martinez, on peut penser qu'ils peuvent décrocher une victoire d'étape en se glissant dans une échappée.
En tout cas, le cyclisme français entre dans une période de creux, après que la génération Thibaut Pinot/Romain Bardet/Julian Alaphilippe/Arnaud Démare/Nacer Bouhanni se soit montrée vaillante, et avec les trois premiers noms cités, porteuse de grands espoirs sur les Grands Tours, notamment lors du Tour 2019, avec Alaphilippe en jaune durant 14 jours et Pinot dans la forme de sa vie avant d'abandonner sur une blessure à la cuisse sur les derniers jours, alors qu'il était en lutte pour la victoire finale. Sans oublier les podiums de Bardet en 2016 et 2017.
Mais ce creux pourrait être temporaire, avec justement Martinez qui aspire à jouer les premiers rôles d'ici 2 ans, en plus d'un grand espoir tricolore qu'est Paul Seixas, qui n'est pas aligné sur ce Tour 2025, mais dont la huitième place au Dauphiné Libéré, à l'âge de 18 ans, donne l'idée d'une perspective bienheureuse pour l'avenir.
Et puis, un an de plus ou de moins d'attente, qu'est-ce que cela change pour un suiveur français du Tour? Pas grand-chose.
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