À l'aube de la saison 2025-2026, le club phocéen doit assurer de nouveau une présence sur le podium du championnat tout en réduisant l'écart avec le club de la capitale, qui s'est installé au sommet du foot européen ces derniers temps. Ce qui ne peut qu'irriter les supporters olympiens mais qui ne doit pas faire dévier le cap pris par la direction du club.
De la régularité. Voilà ce qui est, a priori, attendu au sujet de l'Olympique de Marseille (OM) pour la saison 2025-2026 de Ligue 1, qui s'ouvre durant le weekend du 15 août en allant à Rennes. Un maintien sur le podium du championnat, synonyme de qualification pour la Ligue des champions, permet de confirmer sportivement et économiquement le nouvel élan pris par le club marseillais la saison dernière avec la présence de Roberto De Zerbi sur le banc phocéen et dont la réputation d'entraîneur offensif, de tacticien respecté en Europe, semble séduire bien des joueurs pour rejoindre l'OM.
Une ossature à solidifier
Le fait que l'entraîneur italien soit resté sur le banc, après une première saison aboutissant à la deuxième place de la Ligue 1, a de quoi rassurer les supporters olympiens qui estiment que la stabilité est une condition primordiale pour que le club retrouve les sommets nationaux et européens. Et cela permet également deux choses: la première, c'est de maintenir une ossature qui s'est dégagée la saison dernière au sein de l'effectif, avec comme colonne vertébrale le gardien Gerónimo Rulli, le défenseur (et capitaine) Leo Balerdi, les milieux de terrain Pierre-Émile Højbjerg, Adrien Rabiot, puis les attaquants Mason Greenwood et Amine Gouiri. Ces joueurs cités sont, a priori, des titulaires indiscutables ayant des automatismes par rapport au jeu prôné par De Zerbi, même si pour Gouiri, le retour au club de Pierre-Emerick Aubameyang souligne qu'il va y avoir de la concurrence.
Deuxièmement, il fallait solidifier l'ossature de l'effectif en question. D'où les arrivées, durant l'été, de l'ailier Timothy Weah, capable de jouer à plusieurs postes sur le côté droit, y compris en défense; de Facundo Medina, pouvant jouer en défense centrale ou en latéral gauche; d'Angel Gomes au milieu de terrain; d'Igor Paixão sur le côté gauche de l'attaque; puis de CJ Egan-Riley en défense centrale. Et ce, pour tenter de doubler les postes mais surtout de pallier le point faible de l'OM la saison dernière, à savoir une défense régulièrement aux abois, peinant à finir un match sans encaisser de but. Et avec la Ligue des champions en plus du championnat, la rotation de l'effectif sera forcément importante et De Zerbi devra y faire attention. Notamment auprès des recrues attirées par l'entraîneur italien et par l'atmosphère que génère l'OM, visible à travers la diffusion du documentaire du club retraçant la saison 2024-2025 sur la plateforme YouTube.
Un cercle vertueux?
Tout cela semble bien intéressant. Toutefois, la contrainte financière reste de mise car si Frank McCourt, propriétaire du club, intervient financièrement pour éponger le déficit ou permettre une présence active sur le marché des transferts, la contrepartie demandée auprès du président Pablo Longoria est d'alléger la masse salariale, en évitant des départs libres. Ce qui n'a pas pu être le cas concernant le défenseur Chancel Mbemba par exemple. Mais à l'inverse, celui de Luis Henrique vers l'Inter Milan pour 25 millions d'euros (hors bonus) a bien servi les finances phocéennes. Et dans une moindre mesure, les départs de Quentin Merlin et de Valentin Rongier pour Rennes (18,5 millions d'euros à eux deux) ont permis un certain allègement de la masse salariale. Même si laisser partir Rongier a un goût amer tant c'est un joueur fiable, qui s'adapte à tout type de situation. Néanmoins, il reste encore quelques joueurs appelés à partir - Pol Lirola, Derek Cornelius, Faris Moubagna, Azzedine Ounahi, Bamo Meïté, Amine Harit, voire Neal Maupay -, afin de fournir une marge de manœuvre pour pouvoir recruter un défenseur central - Joel Ordóñez? - et un autre joueur offensif - Edon Zhegrova? -. Et puis, pour certains supporters, la question d'une présence accrue de minots du centre de formation dans l'effectif et en mesure de jouer, avec l'accumulation des matchs cette saison, est un critère de choix pour savoir si l'OM s'inscrit également dans la trajectoire d'un club formateur donnant sa chance à ses joueurs formés en son sein.
Et si à l'issue de la saison, l'OM parvient à rester deuxième de Ligue 1, avec moins de 10 points d'écart derrière le PSG, tout en ayant une marge sur le reste de la L1, notamment l'AS Monaco ou l'Olympique lyonnais (OL), pourquoi pas une coupe de France enfin glanée, plus un parcours honorable en Ligue des champions - 1/8e de finale -, il y aurait de quoi dire que ce serait une bonne saison côté olympien.
Croisée des chemins
Et tout cela pourrait donner un cercle vertueux sportif et économique, à l'heure où la Ligue 1 semble être à la croisée des chemins. En effet, si la victoire du PSG en Ligue des champions a de quoi faire plaisir aux pontes du foot français, celle-ci peut masquer la fragilité économique du championnat, où la question des droits télé a tourné encore une fois au fiasco avec DAZN la saison dernière, au point que la Ligue de football professionnel ait dû, en accord avec DAZN, casser le contrat à la fin de la saison dernière, et lancer sa propre chaîne - Ligue1+ - pour diffuser la majorité des matchs à partir de cette saison. Et celle-ci doit voir un retour des supporters qui s'abonnent pour suivre les matchs. Et le succès du documentaire de la saison de l'OM cité ci-haut doit faire réfléchir les instances du foot français pour avoir un modèle économique pérenne en faisant en sorte que les supporters qui s'abonnent à leur chaîne aient du contenu exclusif lié à leur club de cœur. Ce qui permettrait, à terme, de réévaluer les droits télé et de les stabiliser, pour permettre aux clubs de vivre et de potentiellement attirer des joueurs (ou entraîneurs) en provenance d'autres championnats.
Dans le cas contraire, cela risque d'accélérer une trajectoire menant à la faillite de nombreux clubs. Et d'ailleurs, l'OL a failli voir le couperet tomber durant l'été avec une relégation administrative en Ligue 2 en première instance avant d'être annulée en appel. Un avertissement sans frais. Du moins, c'est ce qui est à espérer.
/image%2F0159913%2F20250814%2Fob_b4e686_20240825-204303.jpg)