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JoSeseSeko

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"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Cette phrase résume une recherche de vérité, de développer de l'information sur une variété de sujets, notamment l'économie, la politique et l'histoire. Et ce, dans plusieurs pays du monde.


Un OM toujours en chantier

Publié par JoSeseSeko sur 20 Mai 2024, 16:26pm

Catégories : #Sport, #Football, #Ligue 1, #OM, #Longoria, #McCourt, #Gasset, #Économie, #Transferts

Photo: Flickr/Stéphane Menant

Photo: Flickr/Stéphane Menant

À l'issue d'une saison ratée et d'aucune participation européenne la saison prochaine, le club phocéen devra mener une politique d'austérité et réfléchir à soit recruter malin, soit promouvoir des minots de son centre de formation. Le tout en devant vite avoir un entraîneur suffisamment solide mentalement pour accepter un tel poste.

"La torture est terminée", peuvent se dire les supporters marseillais à l'issue de la saison 2023-2024 de Ligue 1, où l'Olympique de Marseille (OM) finit huitième, loin du podium, avec un Paris Saint-Germain champion de France pour la 12e fois de son histoire, l'AS Monaco et... le Stade brestois, la surprise de la saison, directement qualifié en Ligue des champions. Plus humiliant encore, c'est que l'OM ne disputera pas de compétition européenne la saison prochaine, contrairement à l'Olympique lyonnais (OL), alors qu'à mi-saison, l'OL était dernier du classement. C'est dire!

Fragilité physique et mentale

Ce qui frappe, quand on commence à regarder dans le rétroviseur, c'est la fragilité physique et mentale au sein de l'effectif marseillais tout au long de la saison écoulée, en dépit d'un parcours européen pour le moins ébouriffant - demi-finale de Ligue Europa -. Fragilité physique en premier lieu car en conséquence d'une préparation estivale ratée dans les grandes largeurs, les matchs olympiens donnent l'image de joueurs capables de jouer 60-70 minutes, mais de ne plus tenir sur les 20 dernières minutes. En outre, une litanie de blessures, notamment des blessures de plusieurs mois, est à relever. Entre le capitaine Valentin Rongier, blessé depuis novembre; Bilal Nadir blessé depuis janvier; Amir Murillo blessé de janvier à avril par exemple; les multiples blessures de Geoffrey Kondogbia; de Samuel Gigot; de Jonathan Clauss; etc. Le personnel médical a de quoi être remis en question dans la perspective de la préparation de la saison prochaine.

Et comme les emmerdes, "ça vole en escadrille", la fragilité mentale en ajoute une couche. Et pour cause. Certains joueurs réputés caractériels - Mattéo Guendouzi; Cenzig Ünder; Dimitri Payet; Alexis Sánchez -, qui ont quitté le club lors de la période des transferts l'été dernier, sont grandement regrettés des supporters. Et les recrues de cette saison - Ismaïla Sarr, Iliman Ndiaye, Kondogbia, Murillo, Bamo Meïté, Pierre-Emerick Aubameyang, Joaquin Correa (prêt), Jean Onana (prêt), Ulysse Garcia, Quentin Merlin, Faris Moumbagna - ont majoritairement déçu, à l'exception d'Aubameyang, meilleur buteur du club cette saison - 17 buts en championnat; 10 en Ligue Europa, entre autres -, après un début de saison raté; Murillo qui a montré qu'il était une bonne surprise tant le défenseur/piston panaméen suscitait des doutes lors de son arrivée; ou encore Meïté qui a montré de bonnes choses en tant que défenseur.

Ce qui fait que si on divise entre les matchs à domicile et les matchs à l'extérieur, il y a un gouffre. Les deux saisons précédentes, où l'OM termina sur le podium, le club engrangeait plus de points à l'extérieur qu'à domicile, comme si le Vélodrome était un poids pour les joueurs. Cette saison, c'est plus que l'inverse qui s'est produit, car l'OM est la deuxième meilleure équipe de L1 à domicile, avec 10 victoires, 6 nuls et 1 défaite (contre le PSG, d'ailleurs!), signe que le Vélodrome a eu un effet boost sur les joueurs. Par contre, l'OM est la quinzième équipe de L1 hors de ses bases, avec seulement 3 victoires pour 5 nuls et 9 défaites. C'est d'ailleurs son pire bilan à l'extérieur depuis 2002! En somme, l'OM est à sa place!

Nouveau coach, nouveau départ

À l'issue d'une saison marquée par l'instabilité sur le banc olympien - d'abord Marcelino, ensuite Gennaro Gattuso et enfin Jean-Louis Gasset, nonobstant l'intérim de Pancho Abardonado - et d'une absence de qualification pour une compétition européenne l'an prochain, un grand ménage est attendu. Ne serait-ce que d'avoir un nouvel entraineur car Gasset, en mode pompier de service, prend sa retraite, en ayant fait ce qu'il a pu tant l'effectif était fragile. Mais qui osera poser ses valises sur le banc phocéen pour une saison sans participation européenne? Car les noms de Paulo Fonseca ou de Sergio Conceição ont beau être évoqués, il y a de quoi douter de la capacité de Pablo Longoria, président du club, de les convaincre. Et puis, au-delà d'un nom, c'est un profil d'entraîneur qui doit arriver au club. Perso, j'ai déjà une idée sur le profil-type, se déclinant comme suit:

  1. Un entraîneur n'hésitant pas à promouvoir des minots du centre de formation au sein de l'effectif, afin de les pousser à se transcender pour se faire une place dans l'équipe première et pourquoi pas, pour les meilleurs d'entre eux, devenir progressivement des titulaires.
  2. Un entraîneur qui a un plan de jeu offensif, raccord avec la devise "droit au but", à l'instar de ce purent faire Marcelo Bielsa ou Igor Tudor, tout en se devant d'être plus efficace que ces deux entraîneurs-là.
  3. Un entraîneur qui a un palmarès en tant qu'ancien joueur et/ou entraîneur, histoire de transmettre une culture de la gagne qui manque au club.
  4. Un entraîneur qui a été un ancien joueur de l'OM, avec une connaissance des exigences des supporters olympiens. Et pourquoi pas avoir obtenu des titres avec le club phocéen.

À ce compte-là, le choix peut être restreint, me direz-vous. Ce qui fait que, personnellement, quelqu'un comme Gabriel Heinze me plairait bien ou qu'un Habib Beye a de quoi légitimement prétendre au poste. Néanmoins, après une saison ratée, ces deux jeunes entraîneurs pourraient vite se retrouver dans l'œil du cyclone si la mayonnaise ne prend pas avec l'effectif et les supporters.

Mais il est clair que Longoria, avec le directeur sportif (officieux) Mehdi Benatia, ont intérêt à avoir conclu l'arrivée du futur entraîneur olympien dans les prochains jours, afin de préparer au mieux la saison prochaine et de renouveler l'effectif.

Grand ménage en marche?

Avec la nomination d'un nouvel entraîneur, le ménage au sein de l'effectif prendra réellement forme. Il sera d'autant plus exigé que ce classement final dégradera les comptes du club et que la Direction nationale de contrôle de gestion (DNCG) avait déjà l'œil sur l'OM, appelant à un encadrement de la masse salariale, voire à une réduction de 30% de celle-ci. Bref, une cure d'austérité à la grecque! Dans un premier temps, les renvois de prêt de Correa et Onana, plus la fin de contrat de Pape Gueye, offrent un début d'amaigrissement salarial. Mais cela devra être amplifié et il est bon de distinguer certains groupes de joueurs:

  1. Ceux qui ont totalement (ou grandement) déçu, que nombre de supporters voudraient voir transférés à tout prix, tant leur niveau salarial est au-dessus des performances analysées: Sarr, Ounahi, Harit, Garcia, Gigot, Vitinha, Blanco, Kondogbia, Lirola, Amavi.
  2. Ceux qui dont les performances sont en mode montagnes russes, mais pouvant permettre une bonne indemnité de départ et ayant un niveau salarial important: Veretout, Clauss, Lopez.
  3. Ceux qui ont été généralement bons, voire très bon, justifiant leur niveau salarial, voire méritant davantage, mais ayant eu un (ou deux) trou d'air, en lien avec une blessure et dont un départ serait ennuyeux: Rongier, Mbemba, Meïté, Murillo, Balerdi - et pourtant, j'étais fort critique à son égard depuis son arrivée au club en 2020 -, Aubameyang.

Je viens quand même de citer les 3/4 de l'effectif, signe de l'ampleur du potentiel coup de balai qui pourrait s'opérer. Problème, c'est qu'en cas de départ d'un Aubameyang, du fait qu'il ait le plus gros salaire dans le club (700.000 euros/mois selon l'Équipe), son apport offensif - le fameux "grand attaquant" espéré depuis plusieurs années - est tel qu'il y aura un manque criant dans l'attaque phocéenne, à moins de trouver rapidement un successeur. Mais l'enjeu sera la promotion de minots du centre de formation car ces dernières années, et c'est la seule bonne nouvelle d'ailleurs, les minots se montrent efficaces et certains d'entre eux - Gaël Lafont, Kylian Abdallah, Raimane Daou - ont eu la possibilité de faire quelques fins de match de l'équipe première; et que d'autres - Darryl Bakola, Enzo Sternal - sont grandement espérés dans l'équipe première chez certains supporters olympiens. Et si d'aventure, ces minots gagnent la coupe Gambardella - finale samedi 25 mai contre Nancy -, cela renforcerait l'idée de faciliter leur intégration dans l'équipe première et de bétonner un contrat professionnel. Sans oublier de jeunes joueurs de la post-formation, tels Nadir ou Emran Soglo, qui pourraient avoir une chance d'emmagasiner de l'expérience et de prouver leurs talents.

Échec fatal pour Longoria?

Cette saison montre aussi les limites de la présidence Longoria. L'instabilité est chronique, mais jusqu'à l'été dernier, elle était compensée par des choix d'entraîneurs convaincants - Jorge Sampaoli, Tudor -, plus du recrutement assez malin. Les exemples d'Ünder, de Sánchez ou de Guendouzi l'attestent volontiers. Néanmoins, le choix de Marcelino l'été dernier, à la place de Tudor, démissionnaire, plus le recrutement qui s'en suivit, ont profondément lancé le train olympien dans une mauvaise direction. Et plusieurs supporters l'ont remarqué, se montrant critiques, voire demandant sa démission. Le tout, dans un contexte de rivalité interne avec le Directeur général Stéphane Tessier. Mais l'actionnaire Frank McCourt semble avoir privilégié le président au DG ces derniers temps.

Mais est-ce que Longoria est suffisamment revanchard pour faire son autocritique et repartir sur un autre pied? Est-il en mesure d'avoir un plan sportif, économique, clair, sans avoir à faire des virages à 180°? La relation avec les supporters a-t-elle atteint un point de non-retour? Des questions qui mettront du temps avant d'apporter une réponse, mais l'atmosphère de fin de cycle tend à ce que le coup de balai soit significatif pour remettre l'OM sur le devant de la scène française et européenne.

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