La dette (publique): enjeu central ou arbre qui cache la forêt?

Publié le par JoSeseSeko

La dette (publique): enjeu central ou arbre qui cache la forêt?

Voici un article rédigé le 10 août 2012, par rapport à la question de la réduction de la dette publique comme solution à la crise de la zone euro:

Depuis 2008, les pays développés voient leur dette publique (et non nationale car il faudrait ajouter les dettes privées plus celles des associations, si elles en ont) grimper, avec des déficits publics aggravés et une croissance molle, voire une récession. Le "mainstream" propose de couper dans les dépenses publiques (santé, éducation, défense, justice, culture, agriculture, finances, etc.) sans forcément faire relever l'imposition, notamment l'impôt progressif. Bref, un programme connu et pratiqué depuis 30 ans, ayant démontré ses limites et surtout, les "experts" oublient qu'un économiste du nom d'Adolph Wagner avait théorisé un principe selon lequel plus une économie se développe, plus l'État prend de l'importance et joue sur la croissance. S'ils étaient moins hypocrites, ils proposeraient tout simplement: "tuez les vieux et les handicapés!" En d'autres temps et d'autres lieux, on en faisait du calcul mental aux enfants à partir de cette phrase.

Deuxièmement, si on veut réduire la dette (ce qui semble être l'objectif), on peut mener une politique inflationniste, qui permet de réduire le poids réel de la dette, mais fait perdre de la valeur à la monnaie nationale ou commune. Dans le cadre de la zone euro, il faudrait un miracle pour que la BCE inscrive dans ses objectifs la croissance, acceptant de facto une hausse des prix, et que l'Allemagne l'accepte, elle qui garde en mémoire l'hyperinflation des années 1920, déstabilisant son économie. Puis, ça signifie hausse des salaires. Horreur pour le "mainstream" néo-classique, selon multiples raisons (ou excuses, selon votre humeur): charges sociales, prix de vente, coûts de production, compétitivité, etc. Pourtant, dans une logique keynésienne ou post-keynésienne, une hausse de salaires amène un gonflement de la demande, à laquelle l'offre (tant nationale qu'étrangère) doit réagir, servant ainsi plus ou moins l'économie.

Troisièmement, pour réduire la dette publique, il faudrait la maîtriser, soit par la Banque Centrale achetant des titres de dettes émis sur les marchés financiers par les États, ou par l'inflation évoquée plus haut, soit par des épargnants nationaux détenteurs d'obligations publiques. On nous apprend en économie qu'il faut diversifier son épargne en actions, obligations, Livret A, SICAV, assurance-vie, placement immobilier, capitalisation dans des fonds de pension, etc. D'après le numéro de mai d'Alternatives Économiques, les français ont épargné 16,8% de leur revenu en 2011 (un des plus forts taux d'épargne dans les pays développés derrière le Japon et 30% au moins de revenu épargné), avec un portefeuille financier de 4000 milliards d'euros, dont 1362 pour l'assurance-vie! Or, la dette publique en 2011 (étant de 1717,3 milliards d'euros selon l'INSEE), est détenue à 65% par des épargnants ou institutions étrangères! C'est sûr qu'à force, les agences de notation comptent dégrader la note française. Donc, citoyens français, faites comme les japonais! Reprenez ces titres de dette publique, nationalisez ou socialisez la dette pour mieux la maîtriser!!!

Pour finir, les politiciens (surtout de droite mais les sociaux-libéraux et sociaux-démocrates ne sont pas en reste) disent que la dette est inter-générationnelle! Comme je l'ai écrit plus haut, le taux d'épargne des français est de 16,8% en moyenne. Or, le 1/4 de cette épargne est concentré par les 80% les moins riches et les 20% les plus riches concentrent les 3/4 restants. Du coup, cette dette est intra-générationnelle, concernant les actifs, et cette dette est inégalitaire car les plus riches captent davantage les titres de dette publique, sachant que la charge de la dette est financée par l'impôt. Par conséquent, il s'agit d'une redistribution à l'envers!!!

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