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Montebourg veut exister

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP

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Jeudi 10 juillet, Arnaud Montebourg, ministre de l'Économie, du Numérique et du Redressement productif, a tenu un discours de politique économique, devant des dirigeants d'entreprise, des députés ou des syndicalistes.

Le ministre a sorti une partition en ligne avec son credo qu'est le "patriotisme économique", à savoir, être capable de mettre en phase un "Capitalisme d'État", qui viendrait en ultime recours pour une entreprise domestique travaillant dans un secteur stratégique, comme Alstom, afin d'éviter qu'un "champion national" ne soit entièrement étranger à ses racines. Mais il a voulu sortir un court solo à propos du braquage à 50 milliards d'euros, qu'il estime trop axé sur la baisse des "charges sociales", des dépenses publiques. Il espère que cet effort sera mieux réparti, sur la règle des "trois tiers", voulant prendre en compte une baisse de la fiscalité des ménages. Un coup d'épée dans l'eau puisque Manuel Valls, le Premier ministre, l'avait prévu pour le budget 2015 (le tout est de savoir si cela tient la route). Ensuite, pour montrer qu'il a pris de la hauteur avec sa promotion au sein de Bercy, il pointe des pistes de réformes sur différentes professions réglementées, telles les avocats, les notaires, les huissiers de justice, les greffiers, les auto-écoles, etc.

Puis pour jouer un peu son numéro de matamore, il ne manquait plus qu'à glisser quelques piques sur la stratégie de l'Union Européenne, qui mène à une austérité dangereuse économiquement, mais aussi politiquement. Les élections européennes restent traumatisantes pour certains en France. Tout cela est de la forme, montrant qu'il est la "caution de gauche" du gouvernement social-libéral de Valls.

Au fond, même s'il parle d'abaissement de la fiscalité ou d'inflexion du plan d'économies de 50 milliards d'euros, cela ne se traduira ni par une "remise à plat" de la fiscalité prônée par l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ni par une réforme fiscale (alors qu'elle est nécessaire pour établir de nouvelles règles, plus transparentes et plus égalitaires); ni par un abandon du plan d'économies, conséquence directe de ce suicide économique qu'est le pacte de responsabilité. Puis, Arnaud Montebourg cherche à exister. Malgré le remaniement d'avril 2014, où il est renforcé avec le ministère de l'Économie, il réalise un "attelage baroque" avec Michel Sapin, ministre des Finances, qui est le véritable maître de Bercy et qui représente la France au niveau européen. Par conséquent, il subit plus qu'il n'agit!

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