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Exposition efficace du FN pour masquer l'abstention

Publié le par JoSeseSeko

Exposition efficace du FN pour masquer l'abstention

Si dans un cadre européen, il y a du changement dans les compositions des groupes parlementaires, sans pour autant une relégation du duo Parti populaire européen-Parti socialiste européen à la tête du Parlement européen, dans le cadre franco-français, une tornade prend place.

Le Front national (extrême-droite), dirigé par Marine Le Pen, fille du fondateur Jean-Marie Le Pen, est arrivé en tête des élections européennes du 25 mai, avec 25,4% des voix. L'Union pour un mouvement populaire (droite) et le Parti socialiste (centre-gauche; gauche) sont derrière, avec respectivement 21% et 14,5% des voix. Ce dernier, au pouvoir, reçoit une nouvelle branlée après les élections municipales de mars dernier, et ne comprend toujours pas que les électeurs sanctionnent sa politique droitière, aggravée par la personnalité de Manuel Valls, le Premier ministre, fournisseur d'une danse mortuaire. En tout cas, cette confirmation d'une montée du FN, qui est bel et bien un parti comme les autres, contrairement à ce qu'il laisse miroiter comme légende, d'autant plus que parmi les nouveaux eurodéputés FN figure Steve Briois, récent maire d'Hénin-Beaumont, et donc cumulard, comme tant d'autres dans les autres partis. Cette montée s'explique assez bien, pour diverses raisons:

  1. Le binôme UMP-PS qui gouverne la France depuis des décennies, n'offre qu'une seule politique, voltairienne, car elle favorise le petit nombre qui "fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne." Par conséquent, le chômage ne peut qu'exister de manière massive avec cette bande.
  2. Le FN s'est professionnalisé, avec des énarques à son commandement, qui leur fournissent une rhétorique telle qu'il peut attaquer des domaines comme l'économie, la défense, en plus de l'immigration, de la sécurité, thèmes historiques du parti.
  3. La promotion par les mass media, notamment des médias privés, capitalistes, a été décisive pour que le FN puisse attirer des électeurs susceptibles à être gagnés par leurs discours, notamment les prolétaires. Du pain béni pour le patronat, malgré les remontrances du Conseil supérieur de l'audiovisuel, appelant à une plus grande équité entre les partis! Et comme ça, ce temps de parole donné au FN évitera d'en donner autant aux écologistes d'Europe écologie-les verts (gauche), ou au Front de gauche (gauche radicale). D'ailleurs, les confrères bossant dans ces mass media se permettent avec délectation de faire un amalgame FDG-FN, qui brouille, aliène davantage les électeurs prolétaires et pousse ainsi à ne regarder que la seconde option. Voilà un exemple d'abus du "4e pouvoir", quand il sert les intérêts d'un parti, d'une fraction clivante de la société, aux dépens de la majorité.

EELV connait une forte reculade par rapport à 2009, où il talonnait le PS, faisant désormais 9,4% des voix. Les centristes de l'Union des démocrates indépendants et du Modem réunis, ont réalisé 10,3% des voix, ce qui est un niveau correct pour eux. Quant au Front de gauche, il reste dans une position stable par rapport à 2009, en terme de députés élus, avec une légère croissance des voix. Potentiellement, la coalition de partis à la gauche du PS et d'EELV peut rassembler davantage d'électeurs en son nom (preuve: présidentielle de 2012, avec 11,1% des voix pour Jean-Luc Mélenchon, candidat du FDG), mais les divisions au moment des municipales n'ont pas pu être totalement effacées auprès de l'électorat, ainsi que de l'exposition médiatique plus faible que la Triade PS-UMP-FN (ce dont souffre également les autres partis cités plus haut). En outre, la stratégie du FDG doit être clarifiée entre soit la soumission au PS (comme le voudrait les cadres du Parti communiste), ce qui serait la mise à mort du mouvement; soit l'autonomie "critique" du parti au pouvoir, afin de créer une dynamique alternative (ce qui agite le Parti de gauche ou Ensemble!). Et pourtant, le FDG a initié un débat sur le traité transatlantique, mais faut croire que les électeurs tiennent à se mettre du poison tant dans leur nourriture que dans leur esprit et que la coalition de gauche radicale n'a pas su être convaincante.

En tout cas, un FN en tête montre une France qui s'enferme dans ses contradictions, adepte d'un esprit réactionnaire et surtout, incapable de vouloir infléchir la politique actuelle de l'Union européenne. D'autant plus que c'est grâce à cette politique que le FN gagne en audience, alors pourquoi tuer cette poule aux œufs d'or? Mais désormais, il sera bon de voir l'assiduité, l'efficacité du parti aux yeux de tous dans les 5 prochaines années. Et ce sera bien comique.

Dernier point: l'abstention reste historiquement élevée, à défaut d'être plus forte qu'en 2009. C'est la tendance majoritaire en France, comme ailleurs dans l'UE. Preuve d'une désaffection structurelle, que la conjoncture actuelle a amplifié dans une moindre mesure. Et puis, la majorité des parlementaires est à la défense du "mainstream", et non d'une alternative. Alors, pourquoi voter quand le mur de l'argent rend un suffrage à l'origine universelle, un suffrage censitaire déguisé.

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