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L'économie allemande rentre dans le rang

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AP/Jens Meyer

Photo: AP/Jens Meyer

Décidément, l'exception allemande commence à rentrer dans le rang. L'office fédéral des statistiques a indiqué, ce mardi 7 octobre que la production industrielle a chuté de 4% en août, par rapport à juillet. Sur un an, l'industrie a produit près de 6% de moins. Signe qu'outre-Rhin, l'économie ne se porte plus au mieux.

Récession qui menace

Du coup, l'institut de statistiques estime qu'au deuxième trimestre, l'Allemagne a connu une contraction de 0,2%; après une croissance de 0,7% au premier trimestre 2014. Et la spirale récessive semble amorcée avec un contexte international qui ne convient pas aux exportateurs allemands. En effet, les exportations ont chuté de 8,4% en août, contrebalance la montée de 7,5% en juillet, qui semble exceptionnelle, avec les chutes de ventes à l'étranger de la part de Berlin en mai et en juin.

Le danger avec les exportations, c'est qu'elles résultent de la crise ukrainienne, avec les sanctions prises envers la Russie et la réponse de Moscou que fut l'embargo sur les produits alimentaires. D'autant plus que le commerce entre l'Allemagne et la Russie tend à se déséquilibrer pour la première, avec une chute des exportations et une montée des importations.

Appel à la raison

Les perspectives ne sont guère des plus optimistes pour l'Allemagne. Et par ricochet, la zone euro pourrait encore trinquer car sa première économie commence à tanguer. Mais cela semblait être évident car à force de demander aux partenaires européens de se serrer la ceinture, Berlin se tire une balle dans le pied car la croissance est atone dans l'ensemble de l'Union européenne.

En plus, la faible inflation des derniers mois pousse la Banque centrale européenne (BCE), avec son président Mario Draghi, à intervenir pour éviter une déflation, qui rendrait la zone euro dans une situation comparable à celle du Japon depuis les années 1990. Or, la chancelière Angela Merkel ne veut pas entendre parler de rachats de titres de dette publique par la BCE, ou encore de mutualisation de la dette, et elle s'appuie sur la cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe, ainsi que sur la Bundesbank pour défendre sa position orthodoxe en matière de politique économique.

Bref, ce n'est pas demain la veille que l'appel à la raison de lutte contre la déflation sera entendu par la chancelière, et vu la position dominante de son pays, elle pourrait le conduire, ainsi que l'Union européenne à sa perte.

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