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Syriza aux portes du pouvoir en Grèce

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP/Louisa Gouliamaki

Photo: AFP/Louisa Gouliamaki

Le parlement grec est, depuis le 17 décembre, entrain de réfléchir sur le nom du prochain président de la République à élire. Si aucun nom ne se dégage d'ici la fin de l'année, de nouvelles législatives pourraient s'organiser dès janvier 2015.

La perspective d'élections anticipées croît de jour en jour du côté d'Athènes. Dans ce cas, elles auraient lieu en janvier 2015, avec un grand parti favori, Syriza. La coalition de gauche radicale, qui fait de la lutte contre l'austérité son cheval de bataille, menée par Alexis Tsipras, pourrait déloger l'actuelle coalition gouvernementale du Premier ministre conservateur Antonis Samaras.

Sondages favorables

Selon des récents sondages, Syriza serait crédité de 27,1% des intentions de votes, contre 23,7% pour la Nouvelle Démocratie; sachant que le Pasok (Parti socialiste), qui était le parti dominant en Grèce il y a encore 5 ans, serait crédité d'à peine 5%.

C'est dire si le parti de gauche radicale grec monte véritablement en puissance depuis le début de la crise de la dette grecque, en 2010. Syriza a terminé deuxième des élections législatives de juin 2012, juste derrière les conservateurs de Nouvelle Démocratie et a gagné les élections européennes en mai dernier. Alexis Tsipras et ses camarades montrent le discrédit des tenants grecs de la ligne austéritaire, qui ne permettent pas de réduire le chômage, de réduire les dépenses publiques, et par ricochet la dette publique, malgré un léger retour de croissance en 2014.

Mettre de l'eau dans son vin

Ce phénomène inquiète beaucoup les marchés financiers et les tenants de l'orthodoxie économique qui, comme du temps où les partis communistes représentaient près d'un quart des électeurs dans plusieurs pays occidentaux durant les 30 Glorieuses, agitent la menace du "péril rouge". Il faut dire que cela s'étend puisque Podemos, autre coalition de gauche radicale, en Espagne cette fois, pourrait terminer devant le duo composé du Parti socialiste ouvrier espagnol et du Parti populaire.

Néanmoins, dans les deux cas, si la victoire est au bout, la capacité à gouverner n'est pas garantie. En effet, pour Syriza, il faudra trouver des alliés pour être en mesure de gouverner la Grèce. Or, ça ne se bouscule pas au portillon. Par exemple, le Parti communiste grec n'a aucune intention de s'allier avec Syriza, et des partis moins à gauche que Syriza (Dimar et le Pasok), ont un électorat tellement affaibli qu'ils ne seraient pas capables de former une coalition avec Syriza s'ils le voulaient, d'autant plus que le Pasok est dans l'actuelle coalition gouvernementale. La solution la plus plausible serait que Syriza mette de l'eau dans son vin, notamment sur la question de la dette, en parlant d'une renégociation (qui peut sous-entendre restructuration) avec la Banque centrale européenne, principal acquéreur des titres de dette publique grecque. De quoi irriter l'institution monétaire et des possédants grecs, pour qui la dette publique, et ses intérêts, représente une ressource (dans la logique de la redistribution à l'envers), mais aussi provoquer des querelles internes au parti, avec un programme de relance économique à la sauce keynésienne qui n'est pas forcément aimé. D'autant plus si on doit rappeler combien Keynes était tout sauf un gauchiste.

En tout cas, la pensée alternative, qui semblait être condamnée à disparaître depuis la fin du bloc soviétique et le discrédit qui s'en est suivi, a encore des raisons d'exister de nos jours.

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