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Keynes, le sauveur du libéralisme

Publié le par JoSeseSeko

Keynes, le sauveur du libéralisme

Avec la crise actuelle du mode de production capitaliste, un nom revient sur le devant de la scène. Celui de l'économiste Britannique John Maynard Keynes. Et même si les administrations publiques connaissent des difficultés à propos de leur dette, il devient la nouvelle roue de secours du "mainstream" néo-libéral.

Un libéral affiché

Cette utilisation de l'image de Keynes est d'autant plus facile que l'économiste lui-même n'était pas un gauchiste en puissance, contrairement à une légende alimentée par des critiques très libérales (les monétaristes de Milton Friedman et Gary Becker), et reprise par les cours de Sciences économiques et sociales. Au contraire, durant toute sa vie, Keynes vota pour le Parti libéral, en plein accord avec leurs idées, et demeurait un anti-marxiste notoire.

Son coup de maître fut la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, publiée en 1936. Cela lui permit, durant la Grande Dépression qui suivit le krach de 1929, de défendre l'existence de l'État par rapport à la vision libérale dominante, de se poser en avocat d'un interventionnisme accru de la puissance publique directement dans l'économie, avec des nationalisations ou des grands programmes de construction par exemple. Ainsi, John Maynard Keynes devint la référence intellectuelle des sociaux-libéraux qui étaient imbriqués dans des partis socialistes ou sociaux-démocrates, et qui n'étaient nullement chauds pour un renversement de l'État, contrairement aux tenants d'une pensée socialiste (au sens marxiste du terme) ou anarchiste encore présente à l'époque.

l'État-providence, rempart contre le socialisme

L'influence de Keynes au sein des partis cités tantôt est telle que le régime d'État-providence lui doit beaucoup. En effet, l'État-providence signifie que la puissance publique serve l'intérêt général, notamment en s'occupant des plus défavorisés sur les questions de chômage, de santé, de niveau de vie.

Ainsi, les travailleurs peuvent vivre de manière décente, sans avoir envie de lutter contre les capitalistes, qui y trouvent leur compte car les turbulences des ouvriers sont tempérées pour le moment, l'ordre est ainsi maintenu, et malgré que l'État-providence soit au fond une concession qu'ils accordent aux sociaux-libéraux ou sociaux-démocrates. Et ainsi, le keynésianisme, principal revendicateur de la pensée de Keynes, fut le courant dominant de l'Après-guerre, jusqu'aux chocs pétroliers des années 1970.

Une radicalisation tardive

Néanmoins, sur la fin de sa vie, Keynes laissa des écrits plus radicaux, avec notamment la question de l'endogénéité de la monnaie, qui inspira par la suite l'un des courants qui se revendiquent de lui, le post-keynésianisme. Ce courant a la particularité d'avoir tenté de rapprocher les approches de John Maynard Keynes et de Karl Marx, avec la problématique de redistribution des revenus liée à la lutte des classes. Parmi les économistes de ce courant, on peut citer Michal Kalecki, Joan Robinson, Nicholas Kaldor ou encore Hyman Minsky qui ont fait en sorte qu'il y ait complémentarité entre Keynes et Marx.

Mais il est bien difficile de faire rentrer Keynes dans une logique subversive car il fut un conformiste reconnu durant sa vie.

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