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Pas de sursis pour l'Europe

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP

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L'élection de l'écologiste Alexander Van der Ballen en Autriche offre un certain répit pour l'Union européenne, qui reste précaire en raison du non au référendum en Italie. Les élections présidentielles et législatives en France, puis les élections fédérales en Allemagne, peuvent marquer un tournant dans la construction européenne, ou sa destruction à terme.

L'Europe aime jouer avec le feu, mais à force, ça risque de brûler. Le second tour de l'élection présidentielle en Autriche a été rejoué, ce dimanche 4 décembre, entre Alexander Van der Bellen, candidat des Verts (centre-gauche, gauche), et Norbert Hofer, représentant le Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ, extrême-droite). Il faut dire qu'en mai dernier, le candidat écologiste était déclaré vainqueur avec un peu plus de 30.000 voix d'avance (50,35% des suffrages) sur son adversaire du FPÖ, qui aurait pu être le premier chef d'État d'extrême-droite en Europe (occidentale) depuis 1945. Mais vu l'écart et les plaintes déposées par le camp de Hofer, ce second tour dût être refait et cette fois-ci, Van der Bellen l'emporte avec 53,3% des voix et Hofer reconnaît sa défaite. Du côté de l'Autriche, l'Union européenne (UE) peut se sentir plus tranquille, après avoir connu le premier incendie de son édification avec le Brexit voté en juin dernier en Grande-Bretagne.

Une propagation en Italie

Le même jour, un référendum sur la Constitution s'est tenu en Italie. À l'initiative du président du Conseil italien, Matteo Renzi, ce référendum demandait aux électeurs italiens s'ils voulaient une modification de la Constitution de 1947, bâtie sur le bicamérisme avec un pouvoir législatif fort face au pouvoir exécutif, afin d'effacer le traumatisme du fascisme de Benito Mussolini. Et en cas de modification approuvée, Renzi pourrait supprimer le Sénat et réduire le nombre de députés. Mais le Président du Conseil en fait une affaire personnelle car si les Italiens votent non à son projet de réforme constitutionnelle, il démissionnerait. Or, le référendum s'est transformé en vote de confiance envers Renzi et sa politique (sociale-)libérale qui est vue comme antisociale et nullement efficace économiquement, selon certains observateurs extérieurs.

Et les premiers résultats du référendum indiquent une large majorité pour le "non" (entre 54 et 60%). Par conséquent, à l'instar de David Cameron lors du Brexit, Renzi devient l'arroseur arrosé et devrait prononcer prochainement sa démission.

Maintenant, reste à savoir quel bord politique en profitera. Est-ce le non de droite et d'extrême-droite qui saura capitaliser ce vote ou bien la gauche radicale italienne, qui pourrait en profiter pour se ressouder pour la première fois depuis la disparition du Parti communiste italien (1991). En tout cas, le Parti démocrate (centre-gauche) au pouvoir ressort affaibli, d'autant plus que son aile gauche, composée d'anciens membres du PCI qui ont mis beaucoup d'eau dans leur vin (rouge), s'était positionnée pour le non.

Effet domino?

Quelque part, nous assistons à un processus de chute de l'UE à la manière d'un ensemble de dominos qui s'effondrent inexorablement. Et comme il s'agit de l'Italie, un des pays fondateurs de la communauté européenne et membre important de la zone euro, dont la dette publique est une des plus élevées de l'espace communautaire (derrière la Grèce), l'impact sera jugé bien plus sévèrement par les marchés financiers et par les "partenaires" européens, qui vont tirer la gueule de bois, à partir du 5 décembre. En particulier la France et l'Allemagne, les deux pays les plus importants de l'UE et de la zone euro, qui pourraient bien changer d'aspect l'an prochain.

La présidentielle française d'avril-mai 2017, ainsi que les législatives, s'inscrit dans une critique de l'UE, mais dans la perspective d'un Frexit de droite (ou d'extrême-droite), notamment du côté de Marine Le Pen et de son Front national (extrême-droite). Et donc, toute idée d'un Frexit de gauche serait impossible à défendre aux yeux de plusieurs observateurs, bien que des militants et des intellectuels affirment le contraire. De même qu'outre-Rhin, le parti Alternative pour l'Allemagne (AfD) entend faire une entrée en fanfare au Bundestag lors des élections fédérales de septembre 2017, ne manque pas de se montrer critique envers l'UE, alors que Berlin possède une hégémonie politique, économique, sur l'espace communautaire. Mais dire cela est vu comme germanophobe, parait-il. Mais tant pour le FN que pour AfD, ça complique la vie de la droite. En France, François Fillon, élu candidat de la droite suite à la primaire de novembre 2016, droitise son discours pour capter des électeurs FN et Angela Merkel, qui brigue un quatrième mandat de quatre ans (dans d'autres continents, ça parlerait de dictature de sa part...), a peut-être plus à craindre sur sa droite et ménager les électeurs tentés par le vote AfD, que de s'inquiéter d'un Parti social-démocrate qui perd de la crédibilité avec le temps passé dans la coalition.

Une chose est sûre, le capital salive d'avance!

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