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Un maillot jaune à prendre

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Reuters

Photo: Reuters

Alors que le peloton du Tour de France va entamer la troisième semaine de course, avec deux étapes alpestres au menu, les quatre premiers du classement général de la Grande boucle se tiennent en 29". Une occasion pour Fabio Aru, Romain Bardet et Rigoberto Urán de faire vaciller Christopher Froome, fragile leader du Tour.

Et si Chris Froome perdait le Tour cette année? La question se posait de manière très timide au départ du Tour de France, à Düsseldorf, le 1er juillet dernier, mais elle reste complètement d'actualité. En effet, le coureur britannique, tenant du titre et triple vainqueur de l'épreuve, n'affiche pas une grande forme, confirmant ainsi les observations faites lors du critérium du Dauphiné libéré, en juin dernier. Même s'il est, à l'heure actuelle, maillot jaune, il n'est pas souverain car d'habitude, au sortir des deux premières semaines de course, il mettait normalement plus de deux minutes à ses adversaires. Ce n'est pas le cas. Pis, au sortir des étapes des Pyrénées, il avait perdu le maillot jaune au profit de l'Italien Fabio Aru avant de le récupérer samedi 15 juillet, lors de l'étape Blagnac-Rodez. Il n'en demeure pas moins que Froome possède seulement 18 secondes sur Aru, 23" sur le Français Romain Bardet et 29" sur Rigoberto Urán.

Une équipe Sky salvatrice

Toujours est-il que Froome n'a pas (encore) gagné la moindre étape sur ce Tour et que s'il est en tête au classement général, c'est surtout grâce à ses équipiers de l'équipe Sky. Car en cas de pépin mécanique, comme lors des étapes Nantua-Chambéry et Laissac Séverac l'Église-Le Puy en Velay, ils se dévouent pour leur leader en lui réparant son vélo, en l'attendant pour le ramener. Signe que cette équipe est la plus redoutée dans le peloton, elle anesthésie les attaques des rivaux de Froome, en dépit du fait qu'il manque un membre de l'équipe Sky, Geraint Thomas, ayant abandonné sur chute durant l'étape menant à Chambéry, dimanche 9 juillet. Bref, si Froome gagne le Tour dimanche prochain, c'est bien grâce à son équipe que la chose peut être possible.

Une coalition des adversaires?

Les trois principaux adversaires de Froome au classement général ont tous gagné une étape sur ce Tour - Aru à La planche des Belles filles; Bardet à Peyragudes; Urán à Chambéry -. Tous les trois impressionnent par leur résistance à Froome, notamment Urán. Le grimpeur colombien, moins attendu que son compatriote Nairo Quintana, s'est rappelé aux bons souvenirs des connaisseurs du cyclisme. Et maintenant, que peuvent-ils faire? La solution la plus logique serait qu'il y ait une coalition entre ces trois coureurs-là, plus un autre concurrent, l'Irlandais Dan Martin, cinquième du classement général - à 1'12 de Froome -, pour isoler Froome et ses équipiers en le poussant dans ses limites dans les deux étapes alpestres (La Mure-Serre-Chevalier; Briançon-Col de l'Izoard), pouvant flancher comme à Peyragudes jeudi dernier, dans l'idée de gagner un maximum de temps avant le contre-la-montre à Marseille, samedi 22 juillet, où Froome a une longueur d'avance sur eux.

Mais en sont-ils capables? Aru a perdu ses deux lieutenants en montagne, l'Italien Dario Cataldo et le Danois Jacob Fuglsang sur des blessures consécutives à une chute. Les équipiers de Bardet ne sont pas totalement arrivés à faire vaciller les Sky lors des étapes menant à Chambéry ou au Puy en Velay. Puis ceux qui entourent Urán n'ont pas l'air d'avoir les jambes en montagne. Puis ces trois coureurs-là ne s'entendent pas, lançant chacun des attaques séparées puis se marquant à la culotte, favorisant de facto Froome, qui a son coéquipier espagnol Mikel Landa très bien placé au classement général - sixième à 1'17" - et capable de jouer l'épouvantail pour le trio Aru-Bardet-Urán.

Néanmoins, des appels d'alliances sont lancés, notamment côté français. Le grimpeur Warren Barguil, vainqueur d'étape à Foix le 14 juillet et maillot à pois sur cette Grande boucle, a déclaré vouloir "être de la partie dans les Alpes pour aider Bardet à gagner le Tour". Signe que le deuxième du Tour 2016 est vu comme celui qui est le plus à-même de pouvoir (enfin) succéder à Bernard Hinault, dernier vainqueur français du Tour, en 1985, et qu'il faut être à ses côtés. Y aura-t-il l'union sacrée de la part des équipes et coureurs français autour du grimpeur auvergnat? Les prochains jours le diront.

Le suspense reste entier sur le Tour.

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