Marina Silva ou celle qui pourrait expulser Dilma Rousseff de la présidence du Brésil

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Reuters

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Les élections présidentielles au Brésil auront lieu le 5 octobre prochain. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la présidente en exercice, Dilma Rousseff est loin d'être en mesure d'effectuer un deuxième mandat. Ce qui signifierait que le Parti des travailleurs (PT, centre-gauche, gauche) ne pourrait pas gouverner le Brésil pour la première fois depuis la première élection de Lula da Silva en 2002.

La première raison, et c'est ce qui justifie le titre de l'article, c'est la candidature de Marina Silva. Inconnue pour la grande masse française (normal, elle est rendue étroite d'esprit par un passéisme nationaliste croissant), elle est une politicienne expérimentée. Sénatrice de l'État fédéré d'Acre, en pleine Amazonie, ancienne ministre de l'Environnement (2003-2008), cette femme est une des rares personnalités politiques descendantes des esclaves africains embarqués de force au Brésil par les Portugais. Longtemps membre du PT, elle rejoignit les Verts brésiliens en 2009, devenant leur candidate en 2010. Elle fut troisième au premier tour, avec 20% des voix, attirant notamment les classes moyennes et les religieux car elle est évangéliste. Preuve que l'opium du peuple rôde toujours près du pouvoir, quitte à être nauséabond. Elle quitta le parti en 2011, se plaignant du carriérisme dans la direction, pour rejoindre le Parti socialiste brésilien. Elle est devenue la candidate du parti suite à l'accident d'avion fatal à l'ancien leader, Eduardo Campos, le 13 août 2014. Son credo étant l'Environnement, c'est une partisane de l'économie d'énergie, mais surtout, elle tient à la préservation de la forêt amazonienne, notamment en raison d'exploitations agricoles ou de minerais, qui réduisent l'espace naturel et menacent la biodiversité du premier "poumon vert" de la planète. Elle pourrait attirer les classes moyennes et prolétaires, ainsi que les jeunes ayant manifesté en 2013 et début 2014, avant la Coupe du monde de football.

L'autre raison est liée au mandat de Rousseff, qui tourne à la catastrophe, notamment au niveau économique. Les perspectives de croissance sont revues à la baisse, et même la récession menace le pays pour 2014. Et ce, malgré une Coupe du monde qui devait apporter des recettes mais l'équipe brésilienne, qui devait tenir le rôle du cache-misère bourgeois pour aliéner les prolétaires brésiliens réduits à être de simples supporters-consommateurs, n'a pas tenu et a piteusement fini la compétition, sans gagner la Coupe. Heureusement d'ailleurs car cela montre la supercherie du football bourgeois qui marche de moins en moins bien.

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