En annonçant une quinzaine de commandes de TGV pour les quatre prochaines années, l'État affirme vouloir maintenir la production à Belfort et une certaine stabilité territoriale. D'autant plus qu'Alstom compte investir dans l'usine d'ici 2020.
L'effervescence a été perceptible à Belfort, ce mardi 4 octobre, pour une réunion entre la direction d'Alstom, le secrétaire d'État à l'Industrie, Christophe Sirugue, des élus locaux et des syndicalistes de l'usine de Belfort, menacée de réduction de la production, voire de fermeture, depuis un mois. Avec 480 emplois en jeu, difficile d'être indifférent. Toujours est-il que l'inquiétude semble se dissiper avec l'annonce gouvernementale d'une commande de 15 rames de TGV qui seront produites à Belfort, à destination de lignes Intercités de la SNCF, ainsi que six TGV pour l'axe Paris-Lyon-Turin. Sachant qu'à partir de 2021, une nouvelle génération de TGV devrait voir le jour.
Sauver la face
Le maintien de la production de trains Alstom à Belfort est une occasion en or pour le gouvernement d'effacer le souvenir des hauts-fourneaux Arcelor-Mittal de Florange ayant dû fermer en 2013, malgré une tentative de nationalisation du site qui fit polémique au sein du gouvernement sur la fin de l'année 2012. En outre, comme les élections présidentielles et législatives se rapprochent (avril-mai-juin 2017), beaucoup d'observateurs, de journalistes, estiment qu'il s'agit d'une manœuvre politique pour un gouvernement discrédité à plusieurs reprises électoralement - notamment lors des élections régionales de décembre 2015 -, de pouvoir redorer son blason.
Une pertinence limitée
Vu sous cet angle électoraliste, c'est plutôt pertinent pour le Parti socialiste (PS), au pouvoir, de montrer qu'il peut agir pour l'emploi territorial, avec les spécificités liées au savoir-faire local, à l'historique d'un lieu de production industrielle, etc. Néanmoins, est-ce suffisant pour mesurer la pertinence d'un tel plan de sauvegarde de l'emploi? Selon plusieurs médias, la facture serait aux alentours de 500 millions d'euros sur quatre à cinq ans, dont il faut prendre en compte une quarantaine de la part d'Alstom, qui compte investir sur le site pour permettre la production de nouvelles locomotives. Ce qui ferait plus d'un million d'euros par emploi sauvegardé.
Et ceci a le don d'irriter bien des personnes sur les réseaux sociaux. En particulier à droite, où la question de l'interventionnisme en économie est mal vue - quoique l'hypocrisie de ce camp politique est assez singulière sur ce point -:
La meilleure blague du jour : 500 millions d'euros pour acheter des TGV qui rouleront à vitesse réduite... Ça fait cher le km/h ! #Alstom
— Jeremy Mast (@JmyMast) 4 octobre 2016
Le socialisme :
— Julien Le Clézio (@julienboulot) 4 octobre 2016
- CICE: 250 000 € par emploi sauvé
- #alstom : 1 000 000€ par emploi sauvé
Et pourtant, pour aller au-delà de ce dernier tweet, qui est un exemple parmi d'autres, la droite applaudissait quand même le Crédit impôt compétitivité-emploi (CICE), ainsi que le pacte de responsabilité, symboles du coming-out social-libéral de janvier 2014, dont l'efficacité n'est nullement palpable selon un rapport de France stratégie paru il y a quelques jours.
Au final, c'est un serpent qui se mord la queue, comme c'est souvent le cas, et ce n'est pas avec des recettes dominantes (libérales) que tout va s'arranger. Il faut dire que la pensée économique orthodoxe qui affirme la nécessité de la concurrence, évite de se l'appliquer dans son domaine face à l'hétérodoxie. Et dire qu'Alstom a décroché la production de nouveaux trains pour la côte Est des États-Unis et que ça devra être produit outre-Atlantique...
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Alstom Belfort : un sauvetage pour le moins bizarroïde
Pour alimenter le site de Belfort, l'Etat a commandé 15 rames TGV pour les positionner sur des lignes Intercités et six autres pour la ligne Paris-Milan-Turin. Alstom va investir 40 millions d'euros
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L'Etat confirme la commande de 15 TGV à Alstom pour maintenir l'activité de l'usine de Belfort
Lire aussi : Alstom : un sauvetage baroque et coûteux L'Etat achètera 15 TGV destinés aux lignes Intercités Bordeaux- Marseille et Montpellier- Perpignan. L'Etat a également débloqué l'achat...
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Pourquoi l'achat de TGV par l'État est-il tant critiqué ?
"Une opération de rafistolage" ? Les mots du président du Sénat Gérard Larcher, au micro de RTL, sont forts pour dénoncer le plan imaginé par l'État afin de sauver le site d'Alstom. Comme l'...
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Après les TGV d'Alstom, l'État va-t-il acheter du lait, des Airbus ou faire bâtir 300 tours Eiffel?
Qu'à cela ne tienne. Il faut ce qu'il faut. On n'a rien sans rien. Pour sauver 400 emplois à Alstom-Belfort à huit mois de l'élection présidentielle, le gouvernement a décidé que l'État ach...
http://www.slate.fr/story/124634/presidentielle-etat-vache-lait
