L'OM ou un vieil homme fragilisé

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Twitter

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Le 120e anniversaire du club marseillais tombe à un moment où il affiche des difficultés à retrouver les sommets, tant la direction a accumulé les erreurs depuis sa prise de pouvoir, il y a bientôt trois ans.

Putain 120 ans! Certes, l'Olympique de Marseille (OM) n'est pas le plus vieux club français de football - c'est le Havre Athletic Club qui est le plus ancien -, mais il a vu le jour le 31 août 1899, au crépuscule du 19e siècle, développant par la suite une histoire fort riche et fort mouvementée, avec en point culminant l'ère Bernard Tapie (1986-1994), marquée par la victoire en Ligue des champions le 26 mai 1993. Et depuis cette époque dorée, l'OM court en vain pour la retrouver, excepté au début de la décennie 2010, quand de nouveaux trophées - championnat de France (2010), coupe de la Ligue (2010, 2011, 2012), trophée des champions (2010, 2011) - se sont ajoutés avec Didier Deschamps, ancien capitaine lors de la victoire de 1993, comme entraîneur de l'équipe.

Austérité à la grecque

Depuis, les difficultés sont pesantes pour le club phocéen. Et si la vente du club en 2016 par Margarita Louis-Dreyfus, veuve de Robert Louis-Dreyfus mort en 2009, laissait envisager un espoir pour nombre de supporters marseillais supportant difficilement l'austérité à la grecque menée progressivement par MLD et le président de l'époque, Vincent Labrune, l'ère Frank McCourt, déclarée il y a trois ans justement, n'a pas fait mieux, si on fait exception du parcours olympien en Ligue Europa lors de la saison 2017-2018 - finale perdue contre l'Atlético Madrid -. Et conséquence d'une saison 2018-2019 ratée, l'austérité à la grecque fait son grand retour dans la pratique de gouvernance de l'OM, faisant du "OM champions project" un "fiasco project", remettant à jour les craintes et critiques rédigées outre-Atlantique quand l'annonce du rachat de l'OM par McCourt fut officielle, tant l'affairiste états-unien a laissé un mauvais souvenir du côté de l'équipe de baseball de Los Angeles, où le domaine sportif était catastrophique et que McCourt put se faire la cerise grâce à la valeur foncière de son club d'alors.

Eyraud, le nouveau fusible

Bien sûr, l'ancien entraîneur Rudi Garcia a largement contribué à cet échec sportif et il en fut remercié par un départ. Mais un autre personnage aurait dû suivre la même trajectoire, c'est Jacques-Henri Eyraud. Le président du club, a laissé faire Garcia, dilapidant ainsi l'investissement prévu par McCourt - plus de 250 millions d'euros - en transferts onéreux de joueurs certes expérimentés (Steve Mandanda, Dimitri Payet, Kevin Strootman, Luiz Gustavo, Grégory Sertic, Patrice Evra, etc.) mais finalement peu performants dans l'ensemble, avec des émoluments qui les rendent quasi-intransférables, traduisant une politique court-termiste bien capitaliste et forcément bien foireuse à terme. Et l'absence de remise en question de la part de JHE n'incite pas à l'optimisme car tant qu'il restera au sein du club, l'OM fera rire ses adversaires mais pas du tout ses supporters. Surtout que ces derniers, notamment les groupes ultras, sont dans le viseur d'Eyraud, exerçant un certain zèle pour réprimer les groupes de supporters olympiens, parfois avant même que la Ligue de football professionnel ne le fasse. À croire qu'un anti-OM a été placé à la présidence du club phocéen!

Villas-Boas en mode pompier

Compte tenu de ce contexte austéritaire, l'OM a été peu actif sur le marché des transferts car la direction comptait en premier lieu sur des départs sonnants et trébuchants avant d'oser recruter. Peu sont partis, mais le départ de Lucas Ocampos pour Séville, par exemple, a attristé les supporters tant le milieu offensif argentin s'est attiré leur sympathie par sa grinta, son énergie sur le terrain, pardonnant sa relative inefficacité devant le but. Or, ce manque de rage de vaincre fait craindre une nouvelle saison morne pour les supporters olympiens, tandis que d'autres clubs français - Lille, Lyon - affichent une certaine progression. Par conséquent, au sein de cet effectif peu renouvelé, les deux recrues que sont l'attaquant argentin Darío Benedetto et le défenseur espagnol Alvaro González devront réussir à faire changer l'état d'esprit chez nombre de joueurs olympiens.

Mais une autre personne devra apporter également un deuxième souffle pour l'effectif, c'est André Villas-Boas. Succédant à Garcia, l'actuel entraîneur de l'OM se retrouve dans la position du pompier devant éteindre un incendie et ensuite bâtir un collectif soudé et capable de se transcender. Une mission on ne peut plus casse-gueule tant le fiasco de la saison dernière hante les esprits. Mais il peut avoir des atouts dans son manche. D'abord, les deux recrues citées ci-haut, qui semblent afficher une détermination en ce début de saison délicat de l'OM. Ensuite, les minots du centre de formation, dont Villas-Boas a ouvertement indiqué qu'il compterait sur certains d'entre eux pour cette saison. Ce qui est, selon moi, une bonne nouvelle tant les joueurs formés à l'OM ont été peu utilisés dans l'histoire du club, sauf en cas de crise, et que le centre de formation est, à mes yeux, la condition sine qua non pour que le club marseillais retrouve son standing de l'ère Tapie, qui a laissé de bons souvenirs aux supporters mais aussi (hélas) une culture du star system, bottant en touche le travail à faire du côté de la formation.

Bref, l'OM a 120 ans, mais s'apprête à vivre une "saison compliquée" (Mandanda).

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