Le bout du tunnel pour l'application du Brexit?

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flick/Marco Vech

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Avec l'accord de l'Union européenne, le Royaume-Uni a obtenu un délai supplémentaire pour retarder la mise en application du Brexit au 31 janvier 2020. L'occasion pour Boris Johnson de convoquer des élections anticipées, histoire de régler définitivement ce sujet qui tétanise la vie politique outre-Manche depuis plus de trois ans.

Le 31 octobre 2019 aurait dû être le jour de l'application de la sortie du Royaume-Uni (R-U) de l'Union européenne (UE), suite au référendum du 23 juin 2019 et à l'accord de sortie trouvé le 17 octobre 2019, après plusieurs phases de négociations et de délais pour faire appliquer le Brexit. Mais ça n'a pas eu être encore le cas, en raison de l'opposition au sein du Parlement britannique, notamment de la part du Parti travailliste de Jeremy Corbyn, appelant à un délai supplémentaire et refusant de jouer le jeu du Premier ministre conservateur Boris Johnson. Ce dernier voulant des élections anticipées peu avant la fin octobre.

Élections indécises?

Cette fois-ci, tout semble bien parti pour entériner enfin le Brexit. Dans un premier temps, Bruxelles a donné son feu vert pour un nouveau report de l'application de la sortie du R-U de l'UE, désormais fixée au 31 janvier 2020. Dans un deuxième temps, l'opposition travailliste, s'appuyant sur la décision européenne, accepte de s'ajouter aux voix des députés conservateurs souhaitant l'organisation d'élections législatives anticipées, fixées pour le 12 décembre (cf lien). Maintenant, d'ici le jour du vote, la campagne électorale qui s'annonce promet d'être tendue, tant certain(e)s politicien(ne)s en font un second référendum, à leurs yeux, confirmant ou infirmant celui de 2016.

Même s'il est trop tôt pour dire qu'elle en sera l'issue, l'indécision pourrait être de rigueur. En effet, les Tories de Johnson ont perdu leur majorité à la Chambre des Communes, à force de voir le Premier ministre aller dans la stratégie du hard Brexit, poussant des députés conservateurs à quitter le parti pour rejoindre l'opposition. Mais surtout, le Parti conservateur est talonné sur sa droite par le Brexit party, qui prend la suite du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (United Kingdom independance party, UKIP), étant donné que le leader du Brexit party, Nigel Farage, était celui du UKIP jusqu'en 2016. Quant aux travaillistes de Corbyn, leur programme qui se veut anti-austéritaire et en phase avec un retour à des idées socialistes risque de ne guère convaincre tant ils ont paru retarder l'application du Brexit et que les électeurs prolétaires, qui forment la base électorale du parti, seraient bien tentés de les sanctionner là-dessus.

En fait, ces élections promettent de montrer un royaume désuni dans les grandes largeurs, confirmant ainsi ce qui pût être observé, jusque dans la caricature, lors du référendum en 2016. À savoir des jeunes moins favorables au Brexit que les vieux; des prolétaires brexiters contre des bourgeois remainers; puis une division entre Angleterre et Pays de Galles, pro-Brexit, face à l'Écosse et l'Irlande du Nord, pro-remain. D'ailleurs, un sondage de l'institut YouGov montre combien les intentions de vote fluctuent fortement en fonction de la classe d'âge (cf graphique), où au niveau des électeurs de moins de 40 ans, le Labour est considéré comme le parti le plus convainquant; et qu'au-delà de 40 ans, ce sont les Tories qui attirent le plus d'intentions de vote, voire même de manière absolue chez les plus de 70 ans.

Il est clair que l'abstention sera à scruter de près car un camp ou l'autre aurait beaucoup à perdre. Et tout particulièrement dans le camp travailliste, tant il est commun de penser, avec une certaine raison, que les électeurs les plus jeunes s'abstiennent davantage que les électeurs les plus âgés. Et encore, même avec cette lecture, rien ne dit qu'il y aura une majorité à l'issue de ces élections.

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