Le Coronavirus ne prend pas de vacances

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/Tim Brown

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Le début de l'été dans l'hémisphère Nord devrait, aux yeux de certains, faire ralentir la progression du Coronavirus pendant que l'hémisphère Sud y serait pleinement touché par la pandémie. Mais il se peut que ça ne soit guère le cas, renforçant la récession globale avec la crainte d'une deuxième vague.

Un été sous Coronavirus à l'horizon! C'est ce qui semble nous être promis dans l'hémisphère Nord, tandis que l'hémisphère Sud passe en mode hiver austral, ce qui va rendre la pandémie bien active dans cette partie du globe. Toujours est-il que selon les données recensées par l'université John Hopkins, le nombre de nouveaux cas de Coronavirus dans le monde dépasse quasi tout le temps la barre des 100.000 nouveaux cas depuis fin mai, signe que la capacité de contagion de la Covid-19 n'est pas stoppée tant qu'un traitement, voire un vaccin, n'est pas pleinement efficace contre cette pandémie. Ce qui fait que 8.963.439 personnes ont contracté le virus dans le monde et que 468.485 d'entre elles en sont mortes, à l'heure actuelle. Soit un taux de létalité d'environ 5,2%.

États-Unis et Brésil enlisés

Les deux pays actuellement les plus touchés sont les États-Unis et le Brésil, avec 2.280.969 cas recensés et 119.977 décès du côté de Washington, puis 1.083.341 cas recensés et 50.591 trépas du côté de Brasilia. Ce qui, du moins, ne manque pas de piquant, tant Donald Trump que Jair Bolsonaro, les présidents de ces deux puissances du continent américain, ne supportent pas l'idée d'imposer un confinement généralisé, voulant à tout prix sauver les apparences d'économies enlisées dans une crise profonde, rajoutant ainsi un élément à leur panoplie capitaliste, raciste - notamment négrophobe -, puis climato-sceptique. On pourrait dire que le Coronavirus illustre la structure inégalitaire du capitalisme (prolétaires en première ligne et fortement exposés), avec l'imbrication d'une dimension pigmentaire (prolétaires non-blancs au casse-pipe), puis un lien avec le réchauffement climatique (déforestation vecteur de nouveaux virus transmissibles vers l'espèce humaine).

Cependant, la dynamique que prend le Brésil tend à être pire que celle des États-Unis vu que la majeure partie de la population brésilienne, et donc la majeure partie de l'économie du pays, est située au Sud, désormais en mode hiver austral. De quoi craindre une hécatombe vu que Bolsonaro tient à un déconfinement général vu que l'économie brésilienne est partie pour connaître une récession record (cf lien n°1). Mais ce déconfinement pourrait réveiller bien des colères au niveau des exploités et à l'instar des États-Unis, les violences policières à caractère raciste (institutionnel) seraient sanctionnées par des révoltes dans un pays où la police est la plus violente au monde (cf lien n°2). D'ailleurs, une violence policière institutionnelle bien antérieure à la présidence de Bolsonaro, tout comme pour celle de Trump aux États-Unis.

Crainte d'une deuxième vague

En-dehors de ces deux pays, actuels épicentres de la pandémie, les pays européens, qui formaient le grand épicentre au début du printemps, ont commencé à envisager une relance après s'être confinés pendant deux à trois mois. Notamment en France, où l'impact économique a été des plus sévères dans le "vieux continent" et une mortalité moindre qu'en Italie ou au Royaume-Uni. D'où l'appel à la reprise de l'activité économique de la part d'Emmanuel Macron, le 14 juin dernier. Mais la crainte d'une deuxième vague en Europe se fait de plus en plus tangible. En France, si le Coronavirus circule moins en moyenne sur l'ensemble du pays, avec un taux de transmission R0 inférieur à 1, l'affinage des données par région donne une toute autre lecture. Ainsi, les régions Normandie, Occitanie, puis Auvergne-Rhône-Alpes affichent un R0 supérieur à 1, signe que la transmission du virus a repris un peu du poil de la bête avec le déconfinement (cf lien n°3). Ce qui n'est guère rassurant à l'approche des grandes vacances. En Allemagne, pays qui a affiché un nombre bien moindre de cas et de décès dus au Coronavirus qu'en France, en Espagne ou en Italie, le taux de transmission R0 a bondi à 2,88 ces derniers jours et que certains Länder envisagent de nouveau un confinement de leur territoire, s'inquiétant de la dynamique observée (cf liens n°4, n°5).

Autre source de crainte d'une deuxième vague, c'est que la Chine, point de départ de la pandémie, fin décembre 2019, semble l'expérimenter. Depuis quelques jours, de nouveaux cas ont été recensés à Beijing et les autorités chinoises ont relancé certaines mesures de confinement sur certains quartiers de la capitale, espérant éviter à devoir appliquer un confinement général de la ville, comme ce fut le cas à Wuhan, premier épicentre du virus (cf lien n°6).

En tout cas, cela ne va pas faire baisser la pression au niveau de la recherche d'un traitement contre la Covid-19, en attendant celle d'un vaccin. Mais ça, c'est une autre histoire...

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