Une économie dans le rouge vif!

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/Département des Yvelines

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Les résultats du premier semestre pour les grandes firmes françaises traduisent un impact fort important de la crise liée au Coronavirus, qui frappe l'ensemble de la planète et la crainte d'une deuxième vague montre que cette menace promet de continuer à peser lourdement sur l'activité économique.

Le déconfinement progressif aura au moins la vertu de limiter les dégâts du confinement consécutif à l'expansion du Coronavirus en France comme ailleurs dans le monde, notamment dans les pays développés, en début d'année 2020, provoquant une récession globale bien plus grave que celle de 2008-2009 et qui menace encore de se transformer en grande dépression, comme lors des années 1930. Il suffit de voir concrètement combien le monde industriel est touché de plein fouet par la crise.

Plus de 7 milliards d'euros de pertes

Dans l'automobile, par exemple, l'heure est à la morosité. Le constructeur Renault affiche une perte historique de 7,3 milliards d'euros au premier semestre 2020. Et l'ex-régie ne peut pas compter sur son allié japonais Nissan pour atténuer cette conjoncture catastrophique, bien au contraire. Ce qui fait mieux comprendre pourquoi l'État, premier actionnaire de Renault (15% du capital), a fourni un prêt garanti de cinq milliards d'euros. Mais il y a de quoi donner des arguments supplémentaires à la direction du groupe Renault de réduire le nombre de salariés au-delà des 15.000 postes supprimés dans le monde comme annoncé fin mai dernier, dont 4.600 en France.

Mais Renault n'est pas la seule entreprise à voir rouge dans ses comptes (cf lien n°1). Airbus affiche également une perte de 1,9 milliard d'euros au premier semestre 2020, en raison de la chute des commandes d'avions, elle-même reliée à l'effet du Covid-19 sur la dégringolade du trafic aérien en ce début d'année 2020. Le géant pétrolier Total n'est pas épargné par cette crise, avec 8,4 milliards de dollars (environ 7,1 milliards d'euros) de pertes au premier semestre, en raison notamment d'une demande de pétrole qui s'est effondrée par la chute de la circulation automobile et aérienne puis d'un plongeon du prix du baril de pétrole, notamment en avril-mai dernier. Enfin, et non des moindres, la SNCF est également dans le rouge, avec 2,4 milliards d'euros de pertes au premier semestre, car le confinement a provoqué une érosion de l'utilisation des transports ferroviaires régionaux, du TGV ou encore du fret (cf lien n°2). Ce qui peut inciter à se demander pourquoi le gouvernement compte relancer le trafic ferroviaire de marchandises, au-delà de l'intérêt écologique évident - désengorgement du trafic routier -, et de remettre en question les lignes de fret supprimées dans le cadre de la réforme de la SNCF en 2018.

Bond du chômage

Toutes ces mauvaises nouvelles ne font que renforcer l'annonce, lundi 27 juillet, d'une hausse de 23,2% du chômage au deuxième trimestre 2020 (cf lien n°3). Cependant, des signes de reprise d'activité, notamment dans la construction ou le tourisme, font que le nombre de chômeurs n'ayant pas du tout pu travailler dans le mois, diminue en juin, mais c'est pour indiquer que ces chômeurs ont, en fait, pu travailler quelques heures dans le mois et que ce nombre continue d'augmenter, selon Pôle emploi.

La perspective d'une deuxième vague de la pandémie, à partir de la rentrée de septembre ou plus tard dans l'année, ne pousse guère à embaucher pour les entreprises. Au contraire, ça incite pour ces dernières à resserrer les boulons pour ne pas mettre la clé sous la porte. Il est clair qu'avec la prévision d'une récession de 11% du Produit intérieur brut (PIB) en France, il y a de quoi s'inquiéter d'un bond supplémentaire du chômage pour la fin de l'année, actant pour de bon l'annus horribilis qu'est 2020. Et le scénario qui est bien parti pour se dessiner est celui d'une nouvelle décennie perdue car après la crise financière de 2008-2009, plusieurs régions françaises, comme ailleurs dans les pays de l'Union européenne, n'ont pas retrouvé leur niveau de richesse d'avant-crise et connaissent un taux de chômage important. Et cela peut se répéter de manière plus profonde et plus générale. Et même si le niveau du PIB revient, voire dépasse celui qu'il avait en 2019, ce serait avec un taux de chômage bien supérieur, marquant ce qui s'appelle en économie l'effet d'hystérèse du chômage, c'est-à-dire que le taux de chômage d'équilibre augmente durablement, ou est maintenu à un niveau élevé, alors que sa cause a disparu.

De quoi être fâché tout rouge!

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