Une restriction des libertés en marche

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/Ennoti

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La publication d'un projet de loi porté par le Premier ministre Jean Castex, lundi 21 décembre, à l'issue du conseil des ministres, vise à conditionner les possibilités de déplacement des citoyen(ne)s en fonction de leur capacité à fournir des documents attestant des résultats de tests de dépistage négatif ou de prise d'un vaccin contre le Coronavirus.

La tendance autoritariste que j'évoquais dans un récent billet, en raison du renforcement du contrôle des chômeurs en obtenant des relevés bancaires et téléphoniques, ne semble pas prête de s'arrêter en France. Lundi 21 décembre, à l'issue du conseil des ministres, le Premier ministre Jean Castex a présenté un projet de loi visant à renforcer le dispositif d'État d'urgence sanitaire, dans lequel nous sommes depuis mars (cf lien). Et dans ce projet de loi, il est question notamment de limiter, voire interdire, la circulation de personnes pour utiliser les transports, aller sur la voie publique, etc. en promulguant des décrets. Ce qui fait que le Parlement, en cas de vote du projet de loi, n'aura plus son mot à dire et que le pouvoir exécutif peut agir à sa guise dans ce contexte de crise sanitaire liée au Coronavirus, qui a été contracté par 2.535.716 personnes dans l'Hexagone, dont 61.019 d'entre elles en sont mortes, selon les données de l'université John Hopkins.

Bantoustan made in France

Quelque part, le pouvoir profite du contexte sanitaire anxiogène pour rogner encore plus sur les libertés individuelles et collectives, ainsi que sur des droits sociaux. Souvenons-nous qu'au moment même où la pandémie commençait à frapper fort dans l'Hexagone, fin février, le pouvoir utilisa l'article 49-3 de la Constitution pour faire passer le dépeçage des retraites. Et lors du confinement saison 2, on nous a jeté pêle-mêle la proposition de loi sécurité globale, véritable menace intérieure sur la liberté de la presse, crachant ainsi sur la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789; et une série de décrets promulgués le 5 décembre, visant à ficher des citoyen(ne)s selon leurs opinions politiques, convictions religieuses, philosophiques ou appartenance syndicale, dignes de la loi des suspects de 1793. Et avec ce projet de loi, il est ouvertement question de "limiter ou interdire les rassemblements sur la voie publique ou dans un lieu ouvert au public ainsi que les réunions de toute nature". En clair, le droit de manifester sera limité ou interdit si ce projet de loi passe.

Enfin, dans ce projet de loi, la condition de déplacement dépendra de la capacité à fournir "des résultats d’un test de dépistage établissant que la personne n’est pas affectée ou contaminée, au suivi d’un traitement préventif, y compris à l’administration d’un vaccin, ou d’un traitement curatif". Donc, il faut avoir des documents qui feront office de passeport intérieur pour avoir la possibilité de se déplacer sur le territoire français. Ça ne vous fait pas penser à quelque chose, chers lecteurs et chères lectrices? Pour ma part, ça me fait penser à... l'Afrique du Sud d'apartheid, où les noirs sud-africains, en grande partie enclavés dans des Bantoustans ou des townships, devaient montrer un passeport intérieur auprès des policiers ou militaires blancs pour pouvoir circuler, sachant que certains lieux leur restaient interdit d'accès. En lisant cela, vous pensez que j'affabule. Alors, pensez au fait que des députés proposent un "passeport vert" pour inciter les citoyen(ne)s à se vacciner et "retrouver une vie sociale, une vie culturelle" (cf lien n°2). Ce qui signifie, de manière insidieuse, une obligation à se vacciner, alors qu'Emmanuel Macron déclarait, le 24 novembre dernier, ne pas rendre le vaccin obligatoire.

Bref, morale des politicien(ne)s au pouvoir: "Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont".

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