Retour au sommet pour l'Italie

Publié le par JoSeseSeko

Retour au sommet pour l'Italie

Au bout de la séance de tirs au but, la Nazionale a fini par battre les Trois lions et gagner son deuxième championnat d'Europe des nations de son histoire. Un retour au sommet mérité pour une équipe plus emballante dans le jeu.

"It's coming to Rome!" Ces mots du défenseur italien Leonardo Bonucci, buteur durant la finale Italie-Angleterre, qui s'est déroulée dimanche 11 juillet au stade de Wembley, à Londres, après la séance de tirs au but dont ses coéquipiers en sont sortis vainqueurs, grâce notamment au gardien Gianluigi Donnarumma, qui a stoppé deux tirs anglais sur les trois échecs des Trois lions. Une finale où la Nazionale fut cueillie à froid dès la deuxième minute par l'arrière gauche Luke Shaw, avant de réagir au fil du match, et notamment avec l'égalisation de Bonucci, illustrant une plus grande emprise italienne sur le match. Ce qui permet de dire sans scandale que l'Italie mérite globalement ce titre européen, le premier depuis 1968, effaçant ainsi les finales perdues en 2000 (contre la France et le but en or de David Trezeguet) et en 2012 (humiliation contre l'Espagne).

Mauvais perdant

Avant de parler du vainqueur, quelques mots sur le vaincu. L'Angleterre a eu un parcours extrêmement favorable, ne serait-ce qu'en jouant tous ses matchs, excepté le quart de finale contre l'Ukraine, à domicile. Ce qui, dans le cadre de ce championnat d'Europe prévu initialement en 2020 - décalé par le Coronavirus toujours présent -, où plusieurs pays se retrouvèrent à organiser des matchs (Angleterre, Espagne, Italie, Allemagne, Hongrie, Roumanie, Russie, Azerbaïdjan), est extrêmement favorable. Puis avec la demi-finale gagnée contre le Danemark au bout de la prolongation avec un soupçon de générosité de la part de l'arbitrage lors de ce match-là, tout semblait parti pour que Gareth Southgate soit le premier sélectionneur des Trois lions à soulever un trophée depuis Alf Ramsey, entraîneur victorieux de la Coupe du monde 1966 organisée en... Angleterre.

Mais non, le pays fondateur du foot reste vierge de trophée européen et ses supporters frustrés se défoulent sur les symboles de l'échec en finale, à savoir les joueurs Marcus Rashford, Jadon Sancho et Bukayo Saka, à travers des messages négrophobes sur les réseaux sociaux (cf lien). Car il faut indiquer que ces joueurs-là sont afro-descendants. Ce qui permet de rappeler que le supporterisme en Angleterre est le hooliganisme, rimant volontiers avec racisme. D'autant plus que Southgate a envoyé Rashford et Sancho sur le terrain dans les dernières minutes de la prolongation alors qu'il aurait pu les faire jouer plus tôt et forcer la décision dans son sens, et donc il devrait davantage porter la responsabilité de l'échec anglais. En tout cas, c'est une piqûre de rappel qui est utile par rapport à l'équipe de France au sujet de certains messages négrophobes à l'encontre de Kylian Mbappé après son échec aux tirs au but contre la Suisse, en huitièmes de finale, le 28 juin dernier.

Un jeu de possession

Passons maintenant à l'Italie, le vainqueur. Autant, je ne suis guère pro-italien en foot, mais le jeu proposé par la Nazionale durant cet euro 2020 est aux antipodes du cliché du catenaccio traditionnel italien, se contentant d'un mur défensif et de procéder à quelques contres. Le sélectionneur Roberto Mancini a tenu à appliquer un jeu tourné vers l'offensive, un jeu de possession pour faire courir les adversaires et en cas de perte de balle, de mettre une pression immédiate pour récupérer très haut et menacer l'équipe adverse. Pour cela, il a pu compter sur un trident Jorginho-Marco Verratti-Nicolò Barella grandement efficace au milieu de terrain pour exécuter ce plan de jeu. D'ailleurs, depuis que Mancini est sélectionneur, en 2018, l'Italie n'a connu que deux défaites et est sur une série de 34 matchs sans défaite. Signe que sa méthode marche et permet un retour au premier plan de la Nazionale, après la non-qualification à la Coupe du monde 2018 en Russie. Une première depuis 1958.

Et quelque part, c'est une des principales leçons qu'offre cet Euro 2020. Celui qui tient le ballon s'ouvre en grand le chemin vers le succès, alors que la Coupe du monde 2018 avait favorisé les équipes qui laissaient le ballon aux adversaires et procédaient par contres, en comptant sur la vitesse, la capacité de percussion de leurs éléments offensifs. D'où le succès des Tricolores de Didier Deschamps cette année-là.

À voir si en 2022, cette philosophie de la possession sera triomphante. En tout cas, pour Deschamps, il ne serait pas idiot de s'y pencher car il a des joueurs capables d'appliquer ce style de jeu.

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