Tendance à la vaccination obligatoire générale

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Capture d'écran

Photo: Capture d'écran

L'allocution d'Emmanuel Macron met en place un tour de vis en matière de vaccination pour mieux inciter les citoyen(ne)s à se faire vacciner à tout prix, tout en se vantant de résultats économiques qui restent malgré tout précaires.

"Le travail et le mérite". Deux termes sur lesquels Emmanuel Macron a insisté durant son allocution de ce lundi 12 juillet, dans la perspective de la sortie de la crise sanitaire. Et il y a de quoi discuter du sens qu'il en donne et de la pratique faite depuis son élection en mai 2017. Mais d'abord, pourquoi cette prise de parole? C'est en raison d'une recrudescence des cas de Coronavirus en France, à travers le variant Delta, qui est devenu majoritaire dans les nouveaux cas recensés dans l'Hexagone depuis peu et que sa trajectoire tend à être exponentielle, remettant en question les restrictions levées peu avant les grandes vacances.

Vaccination obligatoire en marche?

Un des axes annoncés est la vaccination obligatoire des personnes travaillant dans des secteurs en contact avec des personnes fragiles ou âgées, plus à risque d'être atteintes du Coronavirus, dont le taux de létalité au niveau mondial est d'environ 2,2%, en prenant les données sur les cas et les morts recensées par l'université John Hopkins. Ce qui concerne principalement le personnel hospitalier, des auxiliaires de vie, des personnes travaillant dans des Ehpad ou des pompiers, par exemple. Une mesure qui était devenue de plus en plus prévisible depuis plusieurs semaines car nombre de professionnels de santé l'appelaient. Et si au-delà du 15 septembre, certains ne se sont pas faits vacciner, des sanctions seront à prévoir et à dessiner dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire qui sera proposé par le gouvernement dans les prochains jours. D'ailleurs, les outre-mer prennent cher vu qu'en Réunion ou en Martinique, le couvre-feu sera réinstauré dès le 13 juillet, sans savoir à quelle heure ni pour quelle durée.

Mais ce qui donne à penser qu'il y a une injonction à se faire vacciner par tous les citoyen(ne)s, c'est l'extension du pass sanitaire, dès l'âge de 12 ans (cf lien n°1). À partir du 21 juillet, toute personne voulant aller dans un lieu culturel de plus de 50 places devra se munir d'un pass sanitaire. Ensuite, en août, les bars, restaurants, centres commerciaux, hôpitaux, maisons de retraite, longs trajets en train, en avion, en car, etc, seront soumis à la même enseigne. Bref, le pass sanitaire est bel et bien un passeport intérieur. Ne pas en avoir, c'est être limité dans la circulation, l'accès à des activités sociales, culturelles. C'est de l'apartheid sanitaire, ni plus ni moins! Et vu que le site Doctolib s'est retrouvé saturé peu après l'allocution présidentielle, c'est dire si le gouvernement par la peur opère en France (cf lien n°2).

Travailler pour le capital

Je rappelais, au tout début de ce billet, que Macron mettait en avant le travail et le mérite. Il en a profité pour vanter la perspective de taux de croissance de 6% du Produit intérieur brut pour 2021. En même temps, la récession a été de 8% en 2020. Donc, on peut à peine parler de reprise! Et puis, si d'aventure, la croissance est bien là, permettant un niveau de PIB supérieur à celui d'avant la crise sanitaire, son effet sur le chômage restera persistant tant le taux de chômage, actuellement de 8,1% selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), reste largement supérieur à ce qu'il était observé avant la crise et il est fort probable qu'il reste ainsi, provoquant ce que les économistes appellent un effet d'hystérèse, c'est-à-dire qu'en dépit d'une création de richesse relancée, le taux de chômage ne va pas s'abaisser à son niveau pré-crise. Par ailleurs, le mac de l'Élysée s'est targué de la création d'emplois ces derniers mois, notamment dans l'industrie, citant la réforme de l'imposition sur la production comme effet positif sur l'emploi. Or, rien de tel ne semble l'affirmer dans les données, surtout que l'emploi a été massivement détruit en 2020, notamment dans l'industrie, et qu'on est bien loin du niveau d'emploi industriel d'avant-crise par exemple, d'après les données de l'Insee (cf lien n°3).

Mais alors pourquoi parler du travail? C'est pour indiquer qu'il faudrait travailler plus longtemps. D'où la relance de la réforme des retraites, dont un des volets a été passé par l'article 49.3 de la Constitution après un conseil des ministres exceptionnel sur... le Coronavirus. Et si on rappelle que Macron a réduit la fiscalité sur le capital, avec le démantèlement de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), il est bon de conclure que Macron mène une politique de classe obligeant les ouvriers à travailler davantage pour le capital, de moins en moins fiscalisé et de plus en plus parasite. Il n'y a qu'à voir comment les prolétaires au SMIC peinent à voir une augmentation sensible de leur revenu sur l'année écoulée, bien au contraire, tandis que les bourgeois, possédant le capital - coucou Bernard Arnault - se sont enrichis de 30% en 2020, pour les 500 familles les plus riches de France. Ça montre à qui profite la crise, conséquence des politiques menées par les gouvernements successifs sur les quatre dernières décennies.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article