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JoSeseSeko

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"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Cette phrase résume une recherche de vérité, de développer de l'information sur une variété de sujets, notamment l'économie, la politique et l'histoire. Et ce, dans plusieurs pays du monde.


Une crise immobilière transformée en crise économique mondiale à l'horizon?

Publié par JoSeseSeko sur 19 Août 2023, 18:23pm

Catégories : #Économie, #Capitalisme, #Asie, #Chine, #Amériques, #États-Unis

Photo: Flickr/ClemetNic

Photo: Flickr/ClemetNic

Les nouvelles difficultés du groupe immobilier chinois Evergrande, se plaçant dans une procédure de faillite sur le marché immobilier états-unien, couplée d'une politique monétaire restrictive dans l'idée de lutter contre l'inflation, fournissent un cocktail source d'une crise analogue à celle de 2007-2008. Et la perspective d'une nouvelle période de récession de l'économie mondiale n'est pas à exclure.

"Quand la Chine tousse, le reste du monde s'enrhume". Il serait bon d'utiliser cette phrase tant l'ex-empire du Milieu a pris du poids dans l'économie mondiale ces dernières décennies et qu'il incarne, aux yeux de certains, une alternative face à la domination des États-Unis et de leur monnaie, le dollar. Mais n'est-on pas à l'aube d'une crise globale en provenance de Chine et qui affectera ensuite les États-Unis puis les pays européens, par effet d'interdépendance au nom de la mondialisation? La question peut se poser en raison des difficultés du groupe immobilier chinois Evergrande depuis 2021, lorsque le géant de l'immobilier annonçait 300 milliards de dollars d'endettement et qu'il comptait opérer des plans de restructuration pour éviter la faillite. Celle-ci semble néanmoins inéluctable car Evergrande a annoncé, le 17 août, son placement aux États-Unis sous procédure de faillite, en raison de 113 milliards de dollars de pertes nettes sur les années 2021 et 2022 (cf lien n°1).

Bascule structurelle

Cette faillite en cours d'Evergrande sert d'illustration à une situation économique plus délicate pour la deuxième puissance mondiale. La période de croissance forte de ces dernières décennies semble se terminer, avec pour symboles une chute vertigineuse des exportations ces derniers mois (-14,5% en juillet) et un taux de chômage des jeunes atteignant de nouveaux records (21,3% en juin) (cf lien n°2). Dès lors, il n'est pas étonnant que le yuan se déprécie par rapport au dollar pour que l'économie chinoise reste "compétitive" et que le Parti communiste chinois (PCC), qui n'a de communiste que le nom, sauve les apparences, demandant à la Banque populaire de Chine (BPC) de baisser son principal taux directeur (cf lien n°3). Même si son adoption progressive des principes capitalistes sur l'initiative privée, un soutien public auprès du secteur privé, ou bien un interventionnisme en mode capitalisme d'État, peinent de plus en plus à masquer une fragilisation se propageant sur l'ensemble de l'économie.

Mais dans un pays où la transition démographique est telle que le dépeuplement, lié à la longévité de la politique de l'enfant unique (1979-2015), elle-même jouant un rôle dans le vieillissement de la population chinoise, tend maintenant à jouer des tours sur l'ensemble de la société chinoise et que le PCC se doit d'opérer une bascule structurelle pour développer une demande intérieure après avoir plus ou moins joué le jeu de la mondialisation ces dernières décennies en exportant massivement et en attirant en nombre conséquent des investissements directs étrangers. Enfin, la crise du Coronavirus, à partir de 2020, a fait soulever, notamment en Europe, la question de la dépendance à l'égard de la Chine et que les autorités chinoises devront anticiper certaines délocalisations d'usines possédées par des firmes européennes ou états-uniennes et en parallèle renforcer les firmes chinoises à l'avenir.

Crise générale en marche?

Au-delà du cas d'Evergrande et des autres groupes immobiliers chinois menaçant de faire éclater une bulle immobilière, les pays occidentaux peuvent craindre une crise immobilière mutant en crise économique globale. Pourquoi? En raison de la spirale inflationniste, consécutive à la crise du Coronavirus et des pénuries qu'elle a provoquées, notamment sur les matières premières (bois, minerais, alimentaire, etc.), puis à la guerre russo-ukrainienne en cours (céréales, blé, pétrole, gaz, etc.), les principales banques centrales ont relevé leur taux d'intérêt directeur pour freiner l'inflation. Ce qui fait que la BPC, baissant son principal taux directeur comme rappelé ci-haut, agit à contre-courant des autres principales banques centrales - Réserve fédérale états-unienne, Banque centrale européenne, Banque du Japon, Banque d'Angleterre - (cf lien n°4). Or, en relevant régulièrement leur taux directeur depuis deux ans, ces banques centrales font renchérir le coût de l'immobilier, notamment aux États-Unis, où le taux des prêts immobiliers est à son plus haut depuis 2002 (cf lien n°5). Ce qui rend de plus en plus difficile l'accès à un logement.

Et dans ce cas de figure, il est tentant de faciliter artificiellement l'accès à l'acquisition d'un logement via des montages financiers sur des prêts immobiliers de qualité inférieure. Ce qui fut appelé les crédits subprime dans les années 2000, aggravant la bulle de ce secteur à cette époque dans un contexte de politique monétaire d'abord accommodante (taux d'intérêts bas) puis fortement restrictive (taux d'intérêts hauts) peu avant l'éclatement en 2007 de la crise des subprimes, généralisée sur l'ensemble de l'économie mondiale un an plus tard avec la faillite de la banque Lehman Brothers. Et 15-16 ans plus tard, on tend à revoir ce genre de mécanismes, dont on connait les effets dévastateurs pour les dominés, avec des différences notables. La première, c'est que l'inflation est manifeste, là où elle était quasi inexistante en 2007-2008. La deuxième, c'est que les banques centrales, appelées massivement à la rescousse à l'époque, ont vu leur bilan grimper en flèche et semblent moins en mesure de pouvoir pallier une éventuelle crise analogue à l'avenir. Une troisième différence est que les dominés, les exploités, ont été tellement exposés à cette crise-là qu'ils ont politiquement fait le choix soit de s'abstenir, soit de voter vers l'extrême-droite. Une tendance qui pourrait en être renforcée à l'avenir, à moins que la gauche (ou l'extrême-gauche) reconstruise un horizon des possibles tout en tirant des leçons de ses atermoiements durant la décennie 2010.

Mais ceci est une autre histoire...

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