Le Fonds fait miroiter l'idée d'un changement dans son état d'esprit

Publié le par JoSeseSeko

Le Fonds fait miroiter l'idée d'un changement dans son état d'esprit
Le Fonds fait miroiter l'idée d'un changement dans son état d'esprit

Le Fonds monétaire international, par l'intermédiaire de sa directrice générale, Christine Lagarde, ancienne ministre de l'économie et des finances de 2007 à 2011, a déclaré mercredi 9 octobre que l'impôt devrait être réévalué du côté des états lourdement endettés, notamment l'impôt progressif sur les tranches supérieures (impôt sur le revenu par exemple).

Est-ce un changement d'idéologie dans l'institution chantre du néolibéralisme depuis les années 80, avec l'institutionnalisation du Programme d'ajustement structurel qu'elle a impulsé à de nombreux pays, quel que soit le contexte? Il ne faut pas se leurrer! Le FMI tient toujours à ce que les comptes publics soient redressés à tout prix, y compris celui de l'austérité, de la flexibilisation du marché du travail comme si c'était la solution miracle face au mur du chômage, commun dans le monde entier, et que l'État soit de moins en moins présent dans l'activité économique, demeurant encore une nuisance à l'efficacité optimale de la production à ses yeux.

Puis est-ce que les états oseraient faire une réforme fiscale qui remettrait l'impôt progressif au centre des recettes, et une redistribution ainsi garantie? Ce serait grandiose car ça voudrait signaler que la classe dominante perdrait du terrain et qu'une brèche serait ouverte! Mais il est clair à présent que l'impôt progressif (arme prolétaire par excellence dans la lutte des classes) compte bien rester marginalisé, par peur de fuite fiscale, et même une baisse d'impôts pour la classe dominante afin d'avoir moins de comptes à rendre!

Or la crise actuelle, et les réponses classiques mises en échec de manière empirique (cf l'article sur Rogoff et Reinhart), incitent le FMI à revoir sa copie, en reprenant à son compte certaines propositions que tiendraient des économistes plus "radicaux", notamment sur la réduction de la dette publique et des inégalités. Mais bon, tant qu'il n'y aura pas d'économistes "radicaux", "atterrés", néo-keynésiens, post-keynésiens, voire même marxistes dirigeant l'institution, le FMI reprendra son discours néolibéral une fois que la tempête sera passée. Problème, c'est qu'elle risque de durer, notamment en Grèce, en Espagne, au Portugal ou en Italie dans la mesure où on peut penser que les politiques d'austérité imposées par le FMI (et fortement exigées par l'Allemagne soit dit en passant) conduisent à une décennie perdue pour ces pays cités.

Moralité: la forme peut changer et tant qu'elle demeure importante aux yeux du plus grand nombre, le fond n'a pas besoin de changer, même s'il gangrène l'activité. Ou plus directement: "Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont!"

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