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Napoléon, le caïd au service des capitalistes

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP/Vincenzo Pinto

Photo: AFP/Vincenzo Pinto

à l'heure où on remémore l'arrivée de Napoléon Bonaparte à l'île d'Elbe, il y a 200 ans jour pour jour, j'ai lu un article du Monde, revenant sur l'économie française sous la dictature de ce général.

Cet article, écrit par l'économiste Jean-Marc Daniel, un économiste orthodoxe notoire qui a pleine expression dans un journal qui se fourvoie dans le social-libéralisme, dépeint Napoleone Buonaparte (n'oubliez jamais que le corse d'Ajaccio a francisé son nom, sous les conseils de sa 1ère femme, la créole martiniquaise Joséphine de Beauharnais) sous deux angles. Celui du réformateur, avec la pseudo Banque de France, fondée en février 1800, qui ne servait que des intérêts privés; le "franc germinal" du 27 mars 1803 (7 germinal an XI); le Code Civil sacralisant la propriété, quelle qu'elle soit (puisque rétablissement de l'esclavage le 20 mai 1802 ou 1er prairial an X), en 1804; ou encore la Cour des comptes en 1807. De l'autre, le protectionniste refusant le libre-échange avec le Royaume-Uni au moment du traité d'Amiens (25 mars 1802 ou 5 germinal an X), forçant l'Europe entière à appliquer un Blocus continental contre Albion avec le décret de Berlin du 27 novembre 1806, poussant à une grave crise économique entre 1811 et 1814, donc au moment où l'Empire commença à vaciller.

Mais ce que cet économiste oublie de mentionner, et c'est capital, c'est que le caïd Buonaparte agissait au service des capitalistes français, plus certains suisses, qui souhaitaient une politique protectionniste. Par ailleurs, Napoléon, très voltairien, voulut parfaitement appliquer cette phrase de Voltaire: "une société bien organisée est celle où le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne." Pour preuves, le livret ouvrier instauré en 1803, que chaque prolétaire devait avoir sur lui, sous peine d'emprisonnement, renforçant ainsi la loi Le Chapelier de 1791, interdisant les coalitions ouvrières (et patronales, même si ces dernières conseillent le pouvoir de près); ainsi que le Concordat de 1801 signé avec le pape Pie VII, pour tenir les paysans et les ouvriers aliénés par "l'opium du peuple", et ainsi éviter une révolution sociale, et une résurrection de l'esprit de Maximilien Robespierre, de Jean-Jacques Rousseau. Néanmoins, il indique la proportion dévastatrice dans le budget de l'État qu'avait pris la guerre puisque les rentrées d'impôts dépendaient totalement de l'acquisition de nouveaux territoires, ainsi que des versements faits par les pays vaincus. Mais la fin de l'Empire est synonyme de gonflement de la dette publique, avec la perte des territoires plus l'armée qui fallait payer, à moins de faire, ce qui fut le cas, la politique du "demi-solde", pour économiser. Donc, une politique d'austérité suite à une logique guerrière monstrueuse, à tout point de vue.

Pour finir, l'auteur de cet article du Monde revient sur Jean-Baptiste Say, économiste dont la loi sur les débouchés ("l'offre crée sa propre demande"), est devenue l'alpha et l'oméga du gouvernement social-libéral aujourd'hui en France. Jean-Marc Daniel rejoint volontiers l'analyse de son aîné sur le fait que l'État est un danger pour l'industrie, mais oublie de mentionner qu'il fait partie (sans en avoir forcément profité) des "200 familles" qui géraient l'administration de la Banque de France au XIXè siècle.

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