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JoSeseSeko

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"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Cette phrase résume une recherche de vérité, de développer de l'information sur une variété de sujets, notamment l'économie, la politique et l'histoire. Et ce, dans plusieurs pays du monde.


Une indépendance fictive en continu en RDC

Publié par JoSeseSeko sur 30 Juin 2025, 08:32am

Catégories : #Économie, #Politique, #Afrique, #Congo-Zaïre, #Rwanda, #Amériques, #États-Unis, #Capitalisme, #Impérialisme, #Histoire

Photo: Flickr/U.S Department of State

Photo: Flickr/U.S Department of State

65 ans après l'indépendance "cha cha", la République démocratique du Congo est toujours une cible de choix pour l'impérialisme, via son pion qu'est le Rwanda depuis environ 30 ans. Et l'accord de paix signé le 27 juin dernier à Washington a tout pour être précaire et ne pas profiter, in fine, à une population congolaise martyrisée régulièrement de l'extérieur jusqu'en son sein.

"Le Congo n'est pas à vendre". Une phrase régulièrement entendue de la part des (rares) manifestants de la diaspora congolaise (ou congo-zaïroise) vivant en France ces derniers mois, notamment en début d'année après que le mouvement M23, soutenu par le Rwanda, ait pris les villes de Goma et de Bukavu, capitales respectives des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Ces manifestants doivent en avoir pour leur frais depuis la signature de l'accord de paix signé le 27 juin 2025 entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, via les ministres des Affaires étrangères respectifs - Thérèse Kayikwamba Wagner et Olivier Nduhungirehe - (cf lien n°1). Le tout, sous le patronage des États-Unis de Donald Trump, qui reproduit plus profondément sa politique d'accès aux minerais - qu'il compte faire également appliquer auprès de l'Ukraine face à la Russie - en échange de la paix.

Nouveau bradage des ressources?

Signe qui ne trompe pas, le locataire de la Maison-Blanche agite cet accord de paix pour se faire voir au niveau intérieur et en profite pour indiquer qu'il a obtenu "beaucoup de droits sur les minerais du Congo", sachant qu'ils sont essentiels pour le secteur du numérique, dominé par les firmes étasuniennes comme Meta, Google, Apple, Tesla, Microsoft, etc (cf lien n°2). De quoi se demander s'il s'agit d'un énième bradage des ressources congo-zaïroises au profit de pays extérieurs, notamment extra-africains. Face à cette crainte, la ministre des Affaires étrangères assure que cela n'est pas le cas car l'accord se concentre sur les dispositions concernant le démantèlement des groupes armés et leur réintégration à la vie civile (cf lien n°3).

Et pourtant, il y a de quoi en douter. Ne serait-ce que depuis l'indépendance "cha cha", acquise il y a 65 ans tout juste, la question du contrôle public, national, citoyen, des ressources minières, a toujours été le nerf central dans la vie politique et économique congo-zaïroise et qu'elle lui a toujours échappé. D'abord, avec le contexte de la guerre froide, où les États-Unis étaient horrifiés à l'idée que les ressources congolaises puissent être gérées par le gouvernement de Patrice Lumumba comme pouvait l'entendre ce dernier, à savoir d'égal à égal avec les autres pays, y compris avec l'Union des républiques socialistes soviétiques. D'où un rôle actif, aux côtés de la Belgique, l'ancienne puissance coloniale, dans la rébellion des provinces du Katanga et du Kasaï dès l'été 1960, dans la destitution du gouvernement Lumumba en septembre 1960, la mort de ce dernier le 17 janvier 1961, et le soutien pour plus de 30 ans auprès de Joseph Mobutu, le "Judas" de Lumumba. Mais ils le lâchèrent après le génocide des tutsis au Rwanda en 1994, pour soutenir Paul Kagame, faisant de l'Afrique des Grands lacs une mare de sang - 6 à 10 millions de morts depuis 1996 -, la capitale mondiale du viol des femmes, une terre de pillage profitant aux GAFAM. Et pourtant, il y eut des accords en pagaille entre les deux pays ces dernières années qui n'ont pas empêché la poursuite de cette guerre larvée, où le Rwanda masque son agression militaire via l'utilisation de "rebelles" congolais, dont le M23 est la dernière illustration.

Accord boiteux

À partir de là, on ne peut qu'être dubitatif sur la durabilité de l'accord signé à Washington. D'ailleurs, selon les fuites du document discutées dans la presse, il est essentiellement question du démantèlement des Forces de libération démocratique du Rwanda (FDLR), un groupe armé supposé en lien avec le gouvernement congolais, et surtout issu des milices génocidaires hutues du printemps 1994. Que cela choit à la charge de la RDC de mener à bien cela et d'extrader vers le Rwanda, qui doit assurer une réintégration à la vie civile. Or, plusieurs enquêtes soulignent un poids marginal des FDLR ces dernières années. En parallèle, la question du M23 est marginalisée, avec peu d'exigences envers le Rwanda concernant le fait de démanteler ce groupe armé et que la RDC doit également assurer l'intégration des anciens rebelles à la vie civile ou dans l'armée congolaise. Autrement dit, presque un blanc-seing qui crispe la population, estimant que l'impunité demeure la règle et la justice l'exception. 

Et ce, alors que c'est le M23 qui se montre le plus vindicatif et que le Rwanda nie son soutien. Pourtant, la question du démantèlement du M23 est centrale dans cette guerre larvée (cf lien n°4). D'ailleurs, ce dernier continue à mener sa politique expansionniste dans le Nord-Kivu, soulignant l'aspect boiteux de l'accord du 27 juin (cf lien n°5). En réalité, la RDC s'est fait tordre le bras par le Rwanda qui a le soutien des États-Unis dans sa manche et avoir accepté un accord sur le sol yankee est signe de faiblesse dans le rapport de force opéré entre les deux pays.

Toujours est-il qu'il ne faut pas s'attendre à une paix durable dans l'Est du Congo-Zaïre, ni à une indépendance réelle du pays le plus peuplé de la francophonie, martyrisé par le capitalisme.

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