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Il y a encore d'autres murs que celui de Berlin

Publié le par JoSeseSeko

Il y a encore d'autres murs que celui de Berlin

Vu qu'il y a 25 ans, jour pour jour, le mur de Berlin qui séparait la ville en deux tombait, des commémorations se font outre-Rhin pour marquer cette étape vers la réunification de l'Allemagne, alors divisée en deux: la République fédérale allemande (RFA), liée aux États-Unis, et la République démocratique allemande (RDA), liée à l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). À propos de ce sujet, j'avais déjà écrit un article sur mon ancien blog, il y a 5 ans de cela. Je vais le reprendre et le reformuler quelque peu, même si le fond reste le même.

Ces derniers temps, on commémore la chute du mur de Berlin, qui eut lieu le 9 novembre 1989 (j'étais en route pour venir dans ce monde, fin de la parenthèse). Cet événement, le plus symbolique de la fin du XXème siècle, marque le début de la fin du bloc socialiste mené en Europe de l'Est par des partis communistes sous tutelle du PCUS (Parti Communiste de l'Union Soviétique) et à terme, la fin de la guerre froide puis de l'URSS . Avec la chute du mur qui séparait Berlin-Ouest de Berlin-Est, c'est la victoire des démocraties libérales sur les "démocraties populaires" pro-soviétiques qui s'est réalisée et un espoir de fraternité, de solidarité entre les peuples s'y développa.
 

Une "Ostalgie" présente dans les esprits
Mais voilà, comme notre monde aime caricaturer ce qu'il hait, on regarde encore les anciennes "démocraties populaires" comme des pays où il n'y a que des oppressions économiques et politiques, au nom d'une lutte des classes et d'un idéal d'égalité qui serait dépassé. Il y a du vrai bien évidemment car les témoignages sur les méthodes des polices politiques comme la Stasi allemande ou la Securitate roumaine sont parvenues jusqu'à nous au fil du temps, mais ce n'est pas totalement si noir que ça. Même le bloc socialiste, en essayant de suivre en partie des idéaux marxistes-léninistes, avait un côté social privilégié et très avancé par rapport au monde occidental.

D'ailleurs, certains allemands de l'ex-RDA, développent ces dernières années ce qui est appelé par les journalistes l'Ostalgie (nostalgie de l'Est), suite aux problèmes sociaux que connaissent les Länder de l'Est depuis la réunification, à savoir le chômage de masse, le déficit de la protection sociale, le logement, la flexibilisation puis la précarisation des emplois. Politiquement, la distanciation entre l'ex-RFA et l'ex-RDA ne se fait plus, mais économiquement et socialement, l'ex-RDA est le parent pauvre de l'Allemagne réunifié, malgré une économie qui croît jusqu'à commencer à rentrer dans le rang en ce moment. Pour preuve, d'après les données d'Eurostat, le taux de chômage des Länder issus de l'ex-RDA est largement supérieur à la moyenne allemande, voire même supérieur à la moyenne européenne, du moins avant la crise de 2008-2009 dans ce dernier cas.



D'autres murs existent
Un mur est tombé entre le monde capitaliste et le monde socialiste (et non communiste comme disent mes confrères des mass media) mais d'autres subsistent. Et ceux-là sont visibles ou invisibles. Par exemple, le mur qui longe la frontière entre les États-Unis et le Mexique, instauré sous Bush fils, voté par Obama quand il était sénateur, de façon à limiter l'immigration d'Amérique latine, au risque d'alimenter les tensions entre les communautés puis le véritable "mur de la honte", érigé par Israël envers la Palestine, qui n'empêchera pas les attentats tant qu'Israël ne sera pas remis en cause lui-même, ni n'aidant pas le Fatah à retrouver sa légitimité en Palestine, afin de signer la paix entre deux peuples frères qui pleurent le sang coulé pour rien et qui en ont marre (c'est plus facile à dire, je sais!). Puis il y a le mur de l'argent, invisible et privilégié dans notre monde d'économie de marché, hiérarchisant les catégories, glorifiant les bourgs, souvent des héritiers, et disant "Fuck!" à la base de la pyramide, à savoir les prolos, devant se satisfaire d'un salaire sans pouvoir exprimer leur créativité qui peut être utile à tous.

Bataille entre l'homme et la marchandise
Pour conclure, on en fait des montagnes sur un événement qui cache en fait les grandes blessures (inégalités) qu'ont les hommes et qui s'enfoncent jusqu'à leur racine, et "la racine de l'homme, c'est l'homme lui-même", comme le disait Marx. Mais surtout, on dit que l'économie d'un État, son PIB, montre sa richesse, le degré de perfectionnement de sa civilisation. Quelle erreur grotesque! Même si en matière économique, les pays libéraux sont meilleurs que les pays socialistes, l'inverse se produit au niveau social. Il serait temps, dans le siècle où nous sommes, de privilégier l'homme plutôt que le bien ou service dont chacun désire plus qu'il n'en a besoin, sinon on signe notre propre arrêt de mort. Or le socialisme, l'écologie de gauche répond plus aux besoins de l'homme et de son environnement que le libéralisme et l'écologie de droite.

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