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Une baisse du prix du pétrole est-elle si bienvenue que ça?

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP/Pius Utomi Ekpei

Photo: AFP/Pius Utomi Ekpei

Voilà une surprise économique pour le moins inattendue. Pour la première fois depuis septembre 2010, le prix du pétrole est passé en-dessous de la barre des 80 dollars le baril, vendredi 14 novembre, à la bourse de Londres. Une chute d'autant plus spectaculaire que le cours de pétrole était encore à hauteur de 115$ le baril en juin dernier. 35 dollars de moins en 5 mois, c'est une sacrée nouvelle.

Une économie mondiale revigorée?

Ces derniers jours, le Fonds monétaire international a commenté cette récente évolution du prix du pétrole de la manière suivante: "Même s'il est encore trop tôt pour identifier les facteurs à l'œuvre sur l'offre et la demande, la récente chute significative des prix du pétrole pourrait, toutes choses égales par ailleurs, doper la croissance mondiale si elle se prolonge". Pour expliquer cette baisse, il faudrait regarder du côté de la demande. Et notamment de la demande chinoise, qui s'effrite par rapport aux années précédentes, et les évolutions technologiques dans le secteur automobile assènent un coup sur le prix.

En tout cas, les pays demandeurs de pétrole, notamment les occidentaux, ne sont pas malheureux. Au contraire, leur croissance économique en sortirait renforcée. Surtout dans l'Union européenne, une région aux prises avec une croissance atone. Pour elle, cette baisse du prix est quasiment une bénédiction, qui réduit leur déficit commercial. Par contre, les pays producteurs de pétrole, réunis pour nombre d'entre eux au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, risquent de faire la moue, avec une menace de récession économique par cette évolution du prix du pétrole qui leur est défavorable. Notamment au Venezuela et en Russie, pays en proie à des difficultés internes ou diplomatiques avec d'autres puissances économiques. Pour le Venezuela, la manne pétrolière a servi, depuis les mandats d'Hugo Chávez à financer des programmes sociaux, permettant de réduire les inégalités dans ce pays, peut-être au prix d'un manque de diversité de l'activité économique.

Effet boomerang à craindre

Ce qui est tout de même curieux, pour ne pas dire dangereux, c'est que cette baisse du prix va pousser les gens à consommer davantage de pétrole, alors que cette ressource énergétique n'affiche plus tellement de réserves sur la Terre. Or, une consommation accrue de cette énergie fossile va automatiquement augmenter les émissions de gaz à effet de serre (dont le dioxyde de carbone), et réchauffer encore plus la température terrestre par conséquent.

Quelque part, cette baisse du prix du pétrole n'est pas une si bonne nouvelle, à long terme, car cela provoquerait une fuite en avant, avec un effet boomerang qui serait désagréable économiquement et géographiquement. Dans ce cas, on retarderait le changement de modèle économique avec les énergies renouvelables (éolien, électrique, solaire, etc.). Bref, on s'enfermerait encore dans une logique court-termiste qui ne doit plus avoir raison à tous les coups. Par ailleurs, dans les pays où l'inflation est déjà faible, voire même en phase de déflation, une baisse du prix du pétrole entretient une spirale déflationniste, jouant au bout du compte sur l'endettement réel, qui grimpe (théorie de la déflation par la dette d'Irving Fisher).

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