Le Japon en récession: un coup dur pour Shinzo Abe

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP/KAZUHIRO NOGI

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Il n'y a pas que l'Union européenne qui affiche une santé économique inquiétante, dont la locomotive allemande s'essouffle, à force d'imposer sa vision des choses à ses partenaires. Le Japon entre officiellement en récession. Après une chute du Produit intérieur brut (PIB) de 7,3% au deuxième trimestre, la richesse globale de l'Empire du Soleil levant s'est encore contractée de 1,6% au troisième trimestre. Et des économistes ne l'avaient pas senti venir, prévoyant une croissance pour ce troisième trimestre.

Une TVA trop pénalisante

Cette nouvelle est un coup dur pour le Premier ministre conservateur, Shinzo Abe, et son gouvernement, qui se trouve fragilisé. La première explication trouvée par le gouvernement nippon est l'effet déstabilisant de la TVA. Le taux est passé de 5 à 8% en avril dernier, ce qui a produit deux effets. Un renchérissement des produits de consommation, et donc une montée de l'inflation, dans un pays où depuis plus de 20 ans, la déflation menace à tout bout de champ. Néanmoins, cela ne compense l'effet de frein à la consommation des ménages que crée cette nouvelle TVA. Difficile à digérer. Première conséquence, le Premier ministre devrait annoncer, mardi 18 novembre, un report à l'horizon 2017 d'une nouvelle hausse de la TVA, avec un taux à 10% cette fois-ci.

Mais ce n'est pas la seule cause du ralentissement notable de la troisième économie mondiale. Le déficit commercial s'est aggravé, avec des importations devenues plus chères, en raison de la TVA, mais les firmes nippones n'affichent pas également une forte montée de leurs exportations.

Remise en cause des "Abenomics"

Le temps de la remise en cause des "Abenomics" semble être arrivé. Après un début efficace (notamment une inflation supérieure à 2%, un rêve pour le Japon depuis les années 90), la politique de relance budgétaire, doublée d'une volonté de faire tourner la planche à billets, souhaitée par le gouvernement, semble s'essouffler puisque le yen connait un nouvel affaiblissement face au dollar, et que la dette publique nippone, qui est la plus importante au monde, va de nouveau s'envoler malgré les recettes issues de la TVA.

Des élections plus tôt que prévu?

Même si cela n'est pas évoqué par Shinzo Abe, l'hypothèse d'élections anticipées vers décembre 2014, soit deux ans avant la fin de la législature. En principe, les observateurs pensent que la majorité devrait être renforcée, vu que l'opposition de centre-gauche (Parti démocrate du Japon; Parti social-démocrate), ou de gauche (le Parti communiste japonais est le parti communiste qui affiche le plus grand nombre de militants parmi les pays de la Triade) semble désorganisée.

Mais vu les contre-performances économiques récentes et les prises de position nationalistes, militaristes du Premier ministre, l'opposition pourrait être bien plus capable de mener la vie dure, et de remporter des sièges au parti Parti libéral-démocrate, au pouvoir.

Publié dans Économie, Asie, Japon, Abe, Conservatisme

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